“La dégustation”, un grand cru pour le bonheur

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Dans une cave à vin pour écrin, deux solitudes vont apprendre à s’aimer, pour le grand plaisir des comédiens et du public. « La dégustation » est un ravissement de l’esprit qui subtilise à l’heure trente qui passe, au théâtre de la Renaissance, un temps immobile de grande intensité. L’écriture et la mise en scène d’Ivan Calbérac ainsi que le jeu complice d’Isabelle Carré et de Bernard Campan émeuvent bellement, puissamment. Le troisième personnage (Steve), joué par Mounir Amamra, est un adolescent en liberté conditionnelle pétillant de malice qui veut se racheter une conduite. Avec toute la spontanéité d’un révolté de la vie, il surgit dans la solitude d’Hortense et de Jacques tel un miracle qui va susciter la connexion entre ces deux âmes esseulées. Mais ce sont bien les blessures de ces trois protagonistes qui conduisent à ce rapprochement inespéré. Oser écouter l’autre, l’accueillir dans sa différence et lui ouvrir son cœur transforme l’être, le transcende jusqu’à l’audace de vivre pleinement.

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“Ça reste entre nous”, un cœur à cœur irrésistible !

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Voici un binôme d’une valeur sûre, pour nous, spectateurs en quête de rires et de bonne humeur. Deuxième mise en scène d’Olivier Macé sur les textes de Brigitte Massiot, « Ça reste entre nous ! », au théâtre du Gymnase Marie-Bell, est bien parti pour faire durer le plaisir au-delà de la date fatidique de fin prévue le 28 avril 2019. Pour parfaire cette comédie échevelée se greffent à cette amitié de treize ans quatre trépidants comédiens habitués du boulevard. Michèle Garcia/Pierre Douglas et Isabelle de Botton/Bruno Chapelle forment deux couples proches de la cinquantaine qui marient leurs enfants respectifs. Mais il y a comme un hic au soir du mariage. Une révélation explosive fait chavirer l’existence de chacun, mais surtout leur façon de penser la vie. Les répliques sont autant de missiles de l’humour qui font mouche à chaque tir. Pas de répit entre les dialogues, c’est la tension qui grandit à mesure que l’impossible vérité se pare d’une réalité implacable pour les deux épouses : Jacques (Pierre Douglas) fait éclater au grand jour son amour pour André (Bruno Chapelle), amoureux et amants depuis deux ans. Loin de n’être qu’un vaudeville désopilant, ce texte n’a pas oublié d’être intelligent et de parler droit au cœur. « Ça reste entre nous » interroge les sentiments et leur durée, leurs faux-semblants et les petits arrangements avec soi pour ne pas voir. Un excellent pied de nez à la bien-pensance !

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“Le songe d’une nuit d’été”, une pépite pour les chercheurs de rêves et de rires

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Il est des songes qu’on aimerait faire durer un temps infini. Ainsi la comédie fantastique de William Shakespeare (1564-1616), « Le Songe d’une nuit d’été », est-elle une pépite qui enrichit les chercheurs de rêves et de rires. Blotti dans le creux d’une histoire merveilleuse tissée d’amour fou et de vengeance, le spectateur écarquille le cœur pour accueillir cette version compactée du chef-d’œuvre du grand maître de la tragédie. Au théâtre du Ranelagh, les six comédiens endossent avec une aisance naturelle les costumes des vingt-deux personnages. Sous une direction millimétrée de Matthieu Hornuss, Patrick Blandin, Élise Noiraud (en alternance Aymeline Alix), Thomas Nucci, Lisa Spurio et Olivier Dote Doevi se démultiplient comme par magie et soutiennent avec fougue le rythme endiablé des intrigues amoureuses. Le défi est relevé haut la main. L’histoire onirique de ces deux couples à l’amour fou contrarié qui s’aiment et se haïssent à la faveur de sortilèges est très divertissante. On aimerait les suivre dans cette forêt magique où fée et lutins jouent à cache-cache avec les humains éperdus d’amour. Le songe se poursuit jusqu’à la scène finale, où tout est bien qui finit merveilleusement bien : par un spectacle dans le spectacle d’une troupe de comédiens amateurs, très mauvais, qui surjouent à en pleurer de rire. Deux heures de pur plaisir !

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“Discours d’investiture de la Présidente des États-Unis”, un plaidoyer ardent pour la survie de l’Homme

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Les politiques sont-ils des êtres adaptés à l’empathie, à l’élévation de la pensée qui dépasse l’asservissement au pouvoir, à la promotion d’une société harmonieuse ? C’est la question fondamentalement altruiste qui se meut dans cet espace de liberté d’expression intimiste qu’est le Théâtre La Croisée des chemins. Un théâtre confidentiel au nom prédestiné où se rencontrent les courants de pensée à l’ouverture infinie sur le monde. Le spectacle « Discours d’investiture de la Présidente des États-Unis », qui s’y installe jusqu’au 6 mars, est un texte engagé de Roger Lombardot. L’auteur y exhorte l’homme à se responsabiliser pour sortir de la violence et trouver la paix qui est « une nécessité biologique ». Le monde n’est-il pas un tout constitué de milliards d’êtres interdépendants ? Ce monologue magnifique et profond qui parle au cœur et remue les tripes est servi par une solennité empreinte de délicatesse de la comédienne Claudine Guittet. En donnant à voir l’intimité de cette présidente se préparant à un moment d’une gravité exaltante, la metteuse en scène Chantal Péninon parvient à créer une distorsion du temps et de l’espace qui ranime les horreurs du siècle passé pour conjurer leur répétition historique. Et ouvrir un nouveau chapitre de la conscience universelle.

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“Radio active”, au cœur de l’atome “ripollique”

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Sur la scène du théâtre du Splendid surgit un phénomène illuminé, s’apparentant à l’as des as de la chanson, rompue à l’exercice dans l’émission télévisée de Naguy « N’oubliez pas les paroles ». Elle s’appelle Magali Ripoll et ce qu’elle propose est une escapade musicale, truffée de rebondissements et de sauts dans le temps. Sorte de comédie musicale à elle toute seule, elle incarne différents personnages – tous loufoques – pour conter en chansons une vie rocambolesque, passant de Vladivostok à Harlem et de Rihanna à Jean-Jacques Goldman avec une facilité déconcertante et surtout une énergie forcenée. On dit d’elle que c’est la seule femme qui peut rencontrer Pablo Escobar, Jean-Luc Godard et Nelson Mandela en une seule vie… et réunir Booba, Michael Jackson et Dalida dans un même medley. C’est confirmé, il y a tout cela, mais plus encore. Les fans de chansons et de l’émission vivront là – en direct live – un moment de grâce en montant avec elle dans l’express de sa vie.

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“Pour le meilleur et pour le dire”, du verbe en plein cœur

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À la Manufacture des Abbesses, à Paris, la comédie psychologique et sentimentale« Pour le meilleur et pour le dire » revient pour un mois de consultation supplémentaire, du 17 janvier au 17 février 2019. Une aubaine qu’il serait inconséquent de laisser passer tant l’écriture de David Basant et Mélanie Reumaux sonne juste et émeut, du rire à la joie finale du happy end. Pour une fois qu’une histoire d’amour se termine bien, il serait bien dommage de s’en priver ! La pièce déploie son fil narratif tendu au cordeau sur le malentendu, les non-dits, la difficulté de communiquer et les lapsus signifiants. Le sujet est fort simple, mais d’une actualité impérissable. C’est l’histoire d’un couple très amoureux et en crise. Audrey approchant de la quarantaine veut un bébé, Julien repousse ce désir aux calendes grecques sans lui en avouer les raisons. La peur de perdre celle qu’il aime par cet aveu le conduit à rompre par anticipation. Un non-sens que vont s’ingénier à réparer leur entourage et surtout leur analyste… qui se trouve être la même personne. Du bel ouvrage d’écriture intelligent et enjoué qui, par les mots dits, dédramatise les maux tus.

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“Business Show”, le monde du travail au pilori du rire

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Dans « Business Show », à la Comédie Bastille, Esteban démontre par l’exemple personnel le danger d’être soi-même au travail. Si l’hypocrisie ou la retenue prudente n’a pas été acquise au berceau, c’est l’assurance de déconvenues pouvant jeter le pauvre être biologiquement sincère, « trop sensible » ou « trop susceptible », dans la gueule des pervers narcissiques. Porté par un texte acide et ironique de Gaëlle Thomas et de lui-même, Esteban rembobine pour nous un bout de carrière passée en entreprise à courir après les promotions et à s’essouffler, freiné par des vents contrariants… jusqu’au fatidique, inéluctable, prévisible burn out. Loin d’être un effet de mode, ce mal du travail serait plutôt l’effet d’une acculturation professionnelle outrancière, au point de confondre l’avoir et l’être. Peut-être aurait-on trop tendance à penser que le premier serait la clé du bonheur du second, de ce paradoxal développement personnel au travail ?

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“J’ai des doutes”, Devos selon saint Morel

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Faisant son entrée sous les orgues célestes et roulements de tonnerre, François Morel apparaît sur la scène du Théâtre du Rond-Point dans la sainte pelisse du Dieu tout-puissant. Dieu gronde et rugit : il exige la convocation de Raymond Devos pour animer le Paradis qui s’ennuie à en perdre son latin. Si l’on ne convoque pas l’inoubliable Devos, même pour un colloque ou un soliloque, à quel saint pourrait-on bien se vouer ? Fort heureusement, sur cette terre orpheline du maître inégalé des jeux de mots, la relève est là. Rompu aux arts faiseurs de bonheur (comédien, écrivain, chroniqueur, chanteur, danseur et musicien), François Morel est mû d’une telle ardeur admirative qu’il transcende le souvenir d’un être rare ayant fait de la folie sa raison d’être. Dans « J’ai des doutes », son récital de mots et de notes, le talentueux humoriste invite Devos et son œuvre. Il l’emprunte et la lui restitue sanctifiée grâce à un jeu inouï de sensibilité et de densité, à la composition musicale réjouissante du pianiste Antoine Sahler et interprétée en alternance avec Romain Lemire. Sans compter l’étrange apparition d’une marionnette muette évoquant par son silence espiègle la part de l’enfant en chacun de nous qui nous porte jusqu’à notre mort. La vie, la mort et entre les deux l’irrésistible absurdité, ainsi pensait Monsieur Devos.

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“La vie à l’envers”, pour redresser les torts

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Au théâtre de Dix-heures, Jo Brami propose un one-man-show ambitieux : revenir de l’au-delà pour rebrousser le chemin de sa vie, en toute connaissance de cause. Ainsi pourrait-on éviter les erreurs, les blessures, les facilités et jouir du temps présent avec ceux que l’on aime. Idée tentante, n’est-il pas ? L’humoriste Jo Brami relève le défi et rejoue à l’envers cette vie qui passe trop vite dans l’ignorance du lendemain certes, mais aussi du présent. L’esprit vagabondant souvent à son aise, sans retenue ni laisse. Ce soir-là, à la faveur d’un début entrecoupé d’interpellations d’un spectateur excité du bocal, Jo Brami donne sa pleine mesure d’improvisateur, gérant par l’humour et la fermeté une situation risquant de dégénérer. Une fois l’exclusion de l’élément perturbateur, le show a pu se poursuivre sans heurts ni arrêts intempestifs. Cette mésaventure – qui prête à rire après coup – aura eu l’avantage de déclencher un vent d’empathie pour cet humoriste qui n’en finissait pas de mourir pour rejoindre le Paradis, ce même Paradis où il proposera à Dieu de refaire le chemin à l’envers.

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“Gainsbourg forever”, un biopic tendre et passionné

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Les volutes bleutées d’un Havane tourbillonnent au-dessus de la scène du théâtre de Trévise, à Paris. C’est un grand monument de la chanson française qui prend peu à peu possession du lieu ; il peut bien prendre son temps, puisque son personnage le précède dans nos souvenirs toujours aussi vivaces de l’homme à la gitane. Dans le cadre du festival « Les Musical’In », Myriam Grélard présente « Gainsbourg Forever – Gueule d’amour », un spectacle dédié au populaire Gainsbarre, qu’elle a écrit et joué au Festival OFF d’Avignon en 2017 et 2018. Il fallait beaucoup de tendresse et d’admiration pour imaginer ce biopic théâtral passionné en hommage à ce cher et talentueux disparu depuis déjà 27 ans. Soutenue par une scénographie suggestive, la comédienne campe Liliane, la jumelle de Serge… qui s’appelait alors Lucien, apprend-on. Entre confidences familiales et remémoration d’une carrière aussi fulgurante que sulfureuse, Liliane la narratrice se glisse dans le corps et la voix d’autres femmes qui ont toutes aimé cette « Gueule d’amour », aussi timide et complexé que culotté et provocateur. Une combinaison détonante qui l’a rendu irrésistible avant de devenir inoubliable.

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“Dommages”, du vaudeville extatique

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L’union fait la force, dit l’adage. Dans le cas d’espèce, l’union crée la folie. Non pas la folie douce, joliment ourlée d’un zeste d’extravagance, mais ce genre de folie délirante, contagieuse… qui démultiplie l’énergie déjantée et emporte toutes les résistances sur son passage. C’est un tsunami d’interprétations qui submerge l’Apollo Théâtre avec « Dommages », une pièce de théâtre à tiroirs qui donne le tournis. Cette loufoquerie hautement sympathique, mise en scène par Michel Frenna, réunit Céline Groussard, Julie Villiers et Élodie Poux. Ce vaudeville moderne, dépoussiéré du mari volage auquel on épargne une présence superfétatoire, propose à ces trois trublions au féminin d’incarner des comédiennes à l’ego surdimensionné. Dans un rythme infernal, les dommages ne se font pas attendre…

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“Camille contre Claudel”, de l’art et des larmes

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Après un succès confirmé aux éditions 2016, 2017 et 2018 du Festival OFF d’Avignon, « Camille contre Claudel » est enfin joué à Paris, au théâtre du Roi René. Selon Hélène Zidi, l’auteure et la metteuse en scène de cette biographie théâtrale brillante et originale, Camille Claudel ferait peur. Serait-ce en raison de ses troubles du comportement qui ont viré à la paranoïa ? Quoi qu’il en soit, il flotte autour de l’image de cette sculptrice hors norme un malaise palpable, qui semble perdurer aujourd’hui… Mais pour des raisons différentes. À l’époque, l’artiste catalysait autour d’elle les plus vives calomnies, car elle osait s’affranchir de toutes les conventions (religieuses, sociales et familiales) et clamer sa liberté d’être d’une artiste femme, de créer et de vivre de ses œuvres. Vue depuis ce nouveau siècle, Camille Claudel s’ébroue d’un passé qui l’a claquemurée pendant trente ans à l’asile de Montfavet (Vaucluse), jusqu’à son décès, le 19 octobre 1943. Dans « Camille contre Claudel », avec sa fille Lola, Hélène Zidi lui restitue une vie, une œuvre, une passion à travers un texte littéraire de haute tenue et très documenté. L’hommage est d’une force troublante, à la hauteur du modèle.

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“Goodbye Wall Street”, du rire en barre

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Au Théâtre du Petit Gymnase, le Studio Marie Bell retentit d’éclats d’une vie de trader passée à jongler avec l’argent des autres avec habileté et réussite. « Goodbye Wall Street » est un fringant one-man-show théâtralisé, dopé au bonheur de Fouad Reeves d’être à sa place, sur les planches. De son passé de trader sous pression, le comédien a conservé l’énergie électrique, poussé au paroxysme mais sans jamais disjoncter… complètement, qu’il polarise au profit du show. Et quel show, du grand art ! Pour relater son parcours depuis ses rêves d’enfance jusqu’aux salles de marchés à Paris et New York, il incarne à deux cents à l’heure quatorze personnages dans leurs travers caricaturés à l’outrance éloquente. Si les traits sont grossis à la loupe déformante, ils sont servis par des mots qui ne sont jamais grossiers. Ceux-ci sont plutôt aiguisés à la meule de l’intelligence pour toucher juste et bistournés de leur sens pour créer jeux de mots et situations déjantées. La performance d’artiste complet et l’intensité du texte sont amplifiées grâce à la juste folie d’une mise en scène millimétrée de Dominique Coubes.

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“Ma cantate à Barbara”, la grande Dame en rouge et noir

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Sous les toits à l’enchevêtrement de poutres deux fois centenaires du Petit Théâtre des Variétés, une grande dame vêtue de flamboyance chante Barbara. L’intensité de son interprétation, la pointe de fragilité dans le sourire, l’urgence du débit comme l’urgence du répit, la gravité, la passion et l’humour, tout évoque Barbara. Pourtant, on n’entend qu’Anne Peko. L’interprète et la créatrice du spectacle « Ma cantate à Barbara » – avec le pianiste (et poète*) Pierre-Michel Sivadier  – ressuscite magnifiquement la grande Dame brune, tout en la réinventant avec ses propres failles et son énergie contagieuse. Tout en douceur et émotion, ce voyage qu’elle nous propose dans l’univers de Barbara vous invite à entendre ses airs les plus connus, et peut-être en découvrir et/ou redécouvrir d’autres qui le sont moins. Même les moins charmés par l’œuvre de Barbara seront captivés par cette mise en perspective musicale si inattendue.

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“L’architecte et l’Empereur d’Assyrie”, une pesée des âmes digne d’Arrabal

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Qui ne connaît pas l’œuvre du dramaturge Fernando Arrabal peut être surpris et désorienté par « L’architecte et l’empereur d’Assyrie », drame qui confronte le monde civilisé à l’usure de la solitude d’une île déserte à deux. Créée en 1967 à Paris au théâtre Montparnasse, cette pièce déjantée, à l’humour décalé, apparemment sans queue ni tête, joue sa dernière ce 29 octobre au théâtre Darius Milhaud dans l’attente d’un autre « asile ». Le metteur en scène Oscar Sisto l’a quelque peu adaptée à l’actualité de ce nouveau millénaire, en conservant le style mordant, incisif, qui se complaît dans la crudité/cruauté des mots et des situations. L’écriture ne prémâche pas leur sens, mais les donne en pâture des tensions libérées qui font voler en éclat les frontières de l’interdit. L’outrance est omniprésente, mais qu’elle est belle et jubilatoire ! Elle s’incruste partout, dans les regards que s’échangent les deux comédiens (Oscar Sisto et Johann Piritua), dans le sens des paroles, dans le langage des corps, jusque dans les pensées qu’on voit plisser au coin des yeux et des sourires entendus. Une densité de jeu à la fois subtile et animale qui se rencontre rarement.

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“C’est pourtant simple”, le plaisir de tout compliquer

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Au théâtre Edgar, le mensonge veut faire sa loi. Il complique tout avec délice dans « C’est pourtant simple », la première pièce de l’auteure Sophie Brachet. Fan de boulevards depuis « Au Théâtre ce soir » et de la truculente Jacqueline Maillan, c’est dire si ces sources d’inspiration n’ont pas manqué à cette nouvelle auteure qui fait ses premiers pas dans l’univers du spectacle vivant ! Sa comédie explore avec envie et énergie les ressorts de la manipulation. La plume est débordante, vivace et incisive ; les situations survoltées à l’envi. Menée tambour battant par la belle humeur guerrière de Marion Game (Simone Vanier) et de la présence fort guillerette de Geneviève Gil (Madame Pinson), l’histoire évoque l’adultère et les illusions perdues, la vieillesse et l’appétit de vivre, la quête d’identité et la reconnaissance en paternité. Que de thèmes porteurs qui émergent de la folle ambiance de « C’est pourtant simple » !

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