Conseil en écriture

C’est parce que l’écrit est le reflet de son auteur qu’il doit faire l’objet d’une attention méticuleuse ! Pour y parvenir ? Prendre de la hauteur ou de la distance. Plus facile à dire qu’à faire ! PrestaPlume se propose d’être cet œil aiguisé pour que vos écrits gagnent en fluidité, pertinence et lisibilité.

Biographie

La vie file à une allure vertigineuse ! Qui n’a pas éprouvé cette impression ? Ecrire sa biographie, analyser son parcours, créer un pont entre les générations, faire de sa vie une histoire… Toutes les raisons sont légitimes pour figer ce temps qui s’échappe et que la mémoire peine à retrouver intact.

Atelier Mieux-être

L’atelier d’écriture mieux-être est l’alliance subtile de vos mots et de leur sens et la compréhension de ce qu’ils suscitent en vous. C’est une pause dans le quotidien où l’on s’attache plus au processus d’écriture qu’à la forme.

Le Prix Régine Deforges pour « Hiver à Sokcho »

ÉVÉNEMENT/ACTU
Élisa Shua Dusapin, auteure de 24 ans, mi-corrézienne mi-coréenne, a vu son premier roman, Hiver à Sokcho (éd. Zoé), couronné par le prix Régine Deforges, lors de la soirée organisée au restaurant Macéo, à Paris, le 13 mars dernier. Qu’on ne se trompe pas sur cette jeune femme aux traits candides. Si la jeunesse se déploie sur un visage au sourire tendre et réservé, les yeux profonds, ombrés de mystères, laissent transparaître un caractère déterminé et une volonté sereine. C’est une femme en quête d’identité, une femme entre-deux, entre deux cultures, entre deux langues, entre deux histoires. Élisa Shua Dusapin a le bonheur intense et discret, à l’image de son ouvrage Hiver à Sokcho. Le bonheur d’être lauréate, bien entendu. Mais redoublé par la symbolique de ce prix qui a été fondé par des enfants en l’honneur de leur mère. « Nous sommes tous enfants de nos pères, souligne l’auteure, au cours de son discours. Certaines cultures le rappellent à chaque instant, comme en Corée, terre de ma mère, terre de confucianisme. J’ai écrit ce livre pour ma mère, ma grand-mère. Je l’ai écrit comme on pose une pierre dans le torrent pour essayer de construire un pont. »

« Lettre à l’autre », Colette Bitker

CHRONIQUE
« Pour moi écrire et peindre c’est vivre et lutter chaque jour contre la mort… Mais c’est aussi rêver. » Dans cette courte phrase relevée dans son dernier ouvrage « Lettre à L’autre » (éd. Michel de Maule), l’artiste peintre Colette Bitker a ramassé en peu de mots ce qui la constitue, et la fait avancer et s’interroger. Une mise à nu subliminale entre textes en fragments et dessins de femmes le plus souvent dénudées qui s’adresse à un autre, à cet inconnu à la consistance énigmatique, un « Monsieur » connu d’elle seule, apprivoisé par sa solitude infinie face à l’œuvre. Un Autre sublime et parfait qui s’offre en miroir de son âme créatrice. Un amour profond et vivifiant, coloré et doux, pour cet Autre qui la guide sur son chemin pictural. Un livre poétique, beau à regarder et à lire, qui pousse à la rêverie des émois et à la nonchalance du corps. Sensuel et nostalgique.

« On t’appelle Vénus », une ode à la féminité sans frontière

THÉÂTRE & CO
Chantal Loïal a emporté tous les suffrages émus d’une salle comble au Conservatoire du XIIIe arrondissement de Paris qui organise depuis dix ans une rencontre pluridisciplinaire de danse appelée « Histoire d’elles », sous l’impulsion de la mairie. La danseuse et chorégraphe s’est produite dans le cadre de la Semaine internationale des droits de la femme, le 10 mars dernier. Le solo de cette Guadeloupéenne engagée évoque l’ombre flamboyante d’une femme martyre déchirée par l’obscurantisme scientifique du XVIIIe siècle. Son personnage, la Vénus hottentote aux courbes prononcées. Son récit, le destin tragique de cette femme callipyge, Saartjie Baartman (1789-1815) arrachée de son pays (Afrique du Sud) pour être livrée à la curiosité malsaine et aux appétits scientifiques de l’Europe.

« Le Génie du vin », un cru sorti de derrière les fagots !

THÉÂTRE & CO
Au théâtre Les Feux de la Rampe se joue un « wine woman show » chaleureux, généreux et effervescent. Le Génie du vin est une comédie imaginée sous le signe de Bacchus, par l’artiste Sylvie Malys et le metteur en scène Michel Thibaud. Sylvie Malys, seule en scène, s’impose en hôtesse des lieux, la crinière flamboyante, la lèvre boudeuse, les yeux malicieux, la robe rouge écarlate qui agrippe le regard. La scène dans un chai. Le ton capiteux. Les gestes infatigables. La comédienne exaltée campe trois femmes, outrées au burlesque, sans s’emmêler les ceps de vigne. Une farce viticole d’origine contrôlée originale, bourrée de jeux de mots vinaires, qui excite d’abord les papilles du public, avant de le conduire à l’ivresse des arômes dans le bar à vin du coin avec une dégustation de vins d’Alsace offerte par la cave de Turckheim. Crémant de dieu !

« Un fils parfait », Mathieu Ménégaux

CHRONIQUE
La perfection n’est pas de ce monde. Dans son deuxième roman inspiré de faits réels, « Un fils parfait », Mathieu Ménégaux le grave au coin de l’éloquence dramatique qu’il sait instiller dans ses histoires. Après « Je me suis tue », ce nouveau roman prête encore sa voix à une femme. Cette fois-ci, cette femme est comblée. Elle a un mari aimant et brillant, deux petites filles adorables et une carrière qui prend son essor. Son Paradis sur terre va pourtant s’engloutir dans les entrailles de l’Enfer lorsqu’une de ses filles lui confie qu’elle a peur du loup quand elle s’absente pour son travail. Le loup, c’est le père. Un père qui abuse de l’affection de ses filles. « Un fils parfait » est le témoignage poignant de cette femme qui confie sa version du drame à sa belle-mère dont le fils unique a toute l’apparence du fils parfait.

« La langue oubliée de Dieu », Saïd Ghazal

CHRONIQUE
Il est des livres qui tonitruent dans la tête sans discontinuer. Même après le mot fin. Au point de vouloir en rependre la lecture pour s’immoler encore, cette fois-ci volontairement, en toute connaissance de cause. Après avoir apprivoisé le style, quel plaisir de se laisser porter, page après page, vers cette douce mort de l’essence des mots ! « La langue oubliée de Dieu » fait partie des livres à part, un ovni littéraire qui vient repousser les frontières des mots. L’auteur Saïd Ghazal leur étrille la peau, les éventre, les dépèce, les étire au rouleau compresseur pour ensuite les faire siens, vierges de sens. Il leur offre une nouvelle vie sous sa plume poétiquement réaliste, qu’il trempe à l’encrier de sa mémoire ensanglantée. L’auteur a mal à ses ancêtres syriaques, chassés par les massacres des Turcs et exilés au Liban. Son travail de mémoire, telle une psychothérapie, se colore de la fiction pour s’extraire d’une éventuelle pudeur censoriale. Entre ses doigts patients, l’indicible douleur se débarricade du silence pour s’épancher dans le réconfort d’un confessionnal saturé de mots absous.

« Mascarades », pour vaincre la solitude !

THÉÂTRE & CO
La pièce « Mascarades », qui se joue au théâtre Galabru, se distingue par les thèmes abordés, réalistes et toujours d’actualité : la vieillesse solitaire et le poids du mensonge dans une existence. Sur ce sujet ambitieux et lourd de sens, l’écriture ciselée et enlevée de la jeune Marina Gauthier, attisant le froid et le chaud, frappe par sa maturité. Performance à relever, « Mascarades » étant sa première pièce ! Le cadencement entre comédie et drame, qui alterne rires et émotions, ajoute à la puissance du propos narratif. Si l’humour grinçant domine dans ce huis clos intense, venant atténuer les répliques corrosives, la légèreté de la jeunesse et sa joie invasive soufflent sur la scène un vent d’espérance en l’âme humaine. La confrontation passé/présent de deux anciennes amies (Roselyne Geslot et Lydie Rigaud) est explosive et touchante. Et laisse le public pantois devant l’enchaînement des répliques qui se précipitent, inéluctablement, vers le drame final… Quoique !

« Les Harmoniques », Gérald Tenenbaum

CHRONIQUE
Avec « Les harmoniques » (éd. l’Aube), l’auteur et mathématicien Gérald Tenenbaum transporte la rêverie dans un voyage immobile qui enjambe les années et les lieux au gré des rencontres de deux couples d’amis qui vont et viennent dans le récit au rythme d’un océan soumis au flux et au reflux du hasard. Keïla, Belen, Pierre et Samuel forment un carré de personnages touchants qui interagissent en miroir, s’additionnant et se divisant par le jeu du destin. S’invite également dans l’équation une belle inconnue, l’amour. Un amour si éperdu que « la texture du temps s’en trouve incurvée ». Un pur amour que l’histoire d’un pays va s’ingénier à dissoudre dans un temps figé, dont la texture va s’en trouver rectifiée à jamais. Tant qu’un drame familial ne trouve pas sa résolution, c’est tout le pouvoir d’attraction de l’amour qui est annihilé.

« L’aigle à deux têtes », l’essor des cœurs mêlés

THÉÂTRE & CO
« L’aigle à deux têtes » est un drame historico-fantastique de Jean Cocteau qui a été joué pour la première fois au théâtre en 1946. Touché par la volonté farouche des personnages à rester maîtres de leur destin, le metteur en scène Issame Chayle, assisté d’Aurélie Augier, propose un nouvel écho passionné à cette pièce peu connue qui rend hommage à un texte nerveux et lyrique. Pour cette œuvre inspirée des drames de la maison d’Autriche de la fin du XIXe siècle, le théâtre du Ranelagh était l’écrin idéal. Les magnifiques boiseries se prêtent aux envolées tragiques, et les lourdes tentures rouge sang au drame qui se tisse avec le fil du souvenir d’un fantôme. Delphine Depardieu et Alexis Moncorgé y campent une reine « anarchiste » grave et mystérieuse et un anarchiste « royal » vibrant de haine et d’amour. Des acteurs superbes qui sont portés par leurs personnages au tempérament vif qui se confrontent, s’aiment, se manipulent pour une fin délibérée… hors d’une destinée tracée.

« Mythologie et philosophie – Le sens des grands mythes grecs », Luc Ferry

CHRONIQUE
« La première conviction du crétin, c’est qu’il est intelligent : pourquoi chercherait-il la sagesse ? » (page 481), souligne non sans humour Luc Ferry, le philosophe auteur de « Mythologie et philosophie – Le sens des grands mythes grecs », paru chez Plon. Aussi est-il légitime de s’interroger soi-même : suis-je un crétin ou un philosophe ? La gageure est de taille ! L’audace du lecteur qui ouvre cet ouvrage de 575 pages pour s’y plonger corps et âme peut-elle être une piste pour le déterminer ? Quoi qu’il en soit, s’il ose, c’est une marche à rebours qu’il entreprend, car ce livre réveille les merveilles rêvées de l’enfance et le propulse dans une réalité d’adulte enfin décryptée et qui peut s’appliquer à soi, au quotidien. Le doigt dans l’engrenage des mythes fait tourner les pages sans plus se poser de questions existentielles sur ce temps chronophage qui nous manque tant pour approfondir le temps présent. En vérité, « être dans l’amour du présent, c’est-à-dire la réalité du présent ».

« Ça déménage ! », entre mesure et démesure…

THÉÂTRE & CO
Depuis le 3 février dernier, Ça déménage à la Folie Théâtre, à Paris, plutôt deux fois qu’une ! Quatre jeunes comédiens (Alexandra Feignez/Jessica, Karine Malleret/Juliette, Guillaume Marien/Pedro et Antoine Rabault/Ludo), bien rodés au jeu de l’improvisation, se déchaînent sur les planches pour cette reprise, incarnant avec véhémence et un soupçon de démesure le texte de Ludovic Gutierrez. Au mot près ? Que nenni, ce serait trop simple. Un baiser volé, subrepticement, et avec un rien de malice, laisse supposer que ce quatuor survolté s’amuse à corser une mise en scène (orchestré par l’auteur) renversante en intensité physique et vocale.

« Maria Deraismes », Fabienne Leloup

CHRONIQUE
Voici un personnage de biographie qui vaut le détour ! Il s’agit de Maria Deraismes (1828-1894), une féministe journaliste qui fonda en 1893, avec George Martin, la loge du « Droit humain » qui accueillait indifféremment hommes et femmes. Cette femme de caractère, grande lettrée et infatigable travailleuse malgré une maladie incurable alors méconnue (la maladie de Cronh), est tirée de l’ombre dans une biographie romancée, grâce à Fabienne Leloup, agrégée de lettres, professeur de français et écrivain. Cette femme érudite du XXIe siècle, qui se plaît dans les domaines « marginaux » du savoir, ne pouvait que se passionner pour le parcours franc-maçonnique de Maria Deraismes et réparer l’injustice de l’oubli. « Maria Deraismes, Riche, féministe et franc-maçonne » (éditions Michel de Maule) est un bel hommage littéraire qui plonge le lecteur dans une époque où la place naturelle de la femme n’était pas dans les cénacles politiques ou à la tribune en maître de conférences.

« Ben Hur, la parodie », liker et mourir de rire !

THÉÂTRE & CO
Un titre de spectacle intrigant, s’il en est. Qui aura vu Ben Hur dans son enfance s’interroge sur la course de chars mythique qui l’a marqué à vie. Comment faire entrer sur la scène du Théâtre de Dix heures un stade bondé et ses fringants chevaux en donnant la même impression de puissance que dans le film de 1960 ? C’était sans compter le talent des auteurs Hugues Duquesne et Olivier Mag et du metteur en scène Luc Sonzogni. Trois heures trente ramassées en soixante minutes de folie joyeuse, d’énergie tendue, de répliques drôles et fines, de références détournées de l’actualité, de surprises aussi qui donnent une grande envie de revoir l’orignal… ne serait-ce que pour vérifier que tout y est ? Eh bien, après un bain de jouvence avec Charlton Heston, figurez-vous que tout y est ! Le tour de force est complet ! Je « like » !

Owen, l’enfant autiste devenu le héros de sa vie animée

ÉVÉNEMENT/ACTU
Lundi 30 janvier dernier, à Paris, le Théâtre de l’Atelier, par essence réceptacle privilégié d’émotions, a ouvert grand ses portes à la cause de l’autisme. C’était une première pour ce théâtre qui offrait une Générale « livresque » pour le lancement en France de « La vie animée » (éditions Saint-Simon), un puissant et touchant témoignage de Ron Suskind, journaliste réputé (lauréat du prix Pulitzer) et écrivain américain. L’auteur y relate le combat de sa famille dont la vie a été irrémédiablement bouleversée par l’autisme régressif du cadet, Owen, âgé de trois ans, en 1993. Afin d’élargir le débat sur la diversité de l’autisme, la comédienne Sandrine Bonnaire a évoqué sa sœur, Sabine, qui vit depuis 48 ans avec le syndrome d’Asperger. Était aussi conviée Myriam Perrin, psychanalyste à Rennes, qui promeut en France la méthode que Ron Suskind et son épouse Cornelia ont développé avec une réussite exemplaire et inattendue, la « thérapie par affinité », c’est-à-dire une approche fondée sur les passions des autistes. Elle a ainsi organisé le premier colloque international sur le sujet à l’université de Rennes 2, en 2015.

« Edmond », où comment Rostand donne vie à Cyrano

THÉÂTRE & CO
Voilà, c’est fait ! L’appréciation « Inclassable » est entérinée avec « Edmond ». La pièce écrite et mise en scène par Alexis Michalik au Théâtre du Palais-Royal propose un scénario subtil et joyeux qui s’insère avec bonheur dans l’œuvre d’Edmond Rostand. Quelle merveilleuse idée de nous raconter les événements (réels et fantasmés) qui ont présidé à l’acte de naissance de Cyrano de Bergerac ! Pourtant, il est bien périlleux de réunir une œuvre et son auteur, surtout quand il s’agit d’un texte aussi puissant et joué jusqu’à la corde sans l’user. Alexis Michalik relève le défi avec classe en revêtant Cyrano d’une aura originale et en donnant de la chair à Rostand, alors jeune poète inconnu de 29 ans, moqué par ses pairs, qui passe de l’ombre impécunieuse à la lumière argentée à l’issue de la première triomphale de son Cyrano de Bergerac en décembre 1897. Avec « Edmond », c’est l’assurance de passer deux heures inouïes qui bercent nos émotions au rythme du vertige et de l’exultation, et les poussent du rire aux larmes.

« Révolution, 100 ans d’Octobre rouge », rétrospective d’un monde disparu

ACTUALITÉ
En ce 12 janvier 2017, veille de l’ancien Nouvel An russe et année du centenaire de la Révolution d’Octobre, les éditions Macha Publishing ont organisé un événement festif à la librairie Flammarion du Centre Pompidou autour de son ouvrage richement illustré consacré à l’histoire culturelle de l’URSS, Révolution 100 ans d’Octobre rouge. Lors de cette soirée, l’auteure Catherine Bertho-Lavenir a passionné son auditoire en relatant la genèse du projet, sa démarche en tant qu’historienne, les difficultés qu’elle a eu à faire face et ses réflexions qui ont surgi au fur et à mesure de ses investigations « J’ai cherché les grandes références que partageaient les habitants de ce monde disparu », résume-t-elle, encore imprégnée de ce travail exaltant.