« Quelque chose dans la tête », Denis Kambouchner

CHRONIQUE
Voilà un essai qui ne casse pas la tête et ne cherche pas à vous enfoncer ses idées dans… le crâne ! Nul besoin de se mettre martel en tête ou quelque chose dans la tête… Quoi que, si ! Telle est justement la question que se pose Denis Kambouchner dans « Quelque chose dans la tête », aux éditions Flammarion. Ce philosophe et professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, grand spécialiste de Descartes et des questions d’éducation, se fait pédagogue dans cet édifiant essai dédié à la culture, et particulièrement de la mémoire, distillant savamment l’abstrait et le concret. Il s’interroge ainsi sur les « qualités d’une tête bien faite » et se plaît à disséquer les différents usages du mot « tête ». Bille en tête, il annonce la couleur de sa méthode : deux parties composent l’ouvrage. urel que l’on a dans la tête, ce qu’il devrait être et ne pas être, et si nous avons perdu le jugement. La seconde évoque la transmission, c’est-à-dire ce que l’on transmet et la manière de le faire. Ce bagage n’est-il pas constitutif d’un héritage familial mais aussi sociétal ?

« Les Passagers de l’aube », un face-à-face troublant aux frontières de la mort

Salut de Les Passagers de l'aube

THÉÂTRE & CO
Vous n’avez qu’un mois pour plonger, corps et âme, dans l’atmosphère captivante des « Passagers de l’aube », au Théâtre 13/Jardin. Tablant sur l’originalité, cette tragédie romantique tisse la trame de son intrigue en empruntant à l’état amoureux, la science et la spiritualité des fils à la fois invisibles et lumineux. Avec un texte conjuguant poésie et pragmatisme, l’autrice Violaine Arsac propose une œuvre d’une grande force évocatrice qui interroge notre existence, ou plutôt cet état de l’être projeté dans le sas incertain de l’après-vie. Quand la mort est-elle réelle ? Qu’est-ce que la conscience ? Que devient-elle après l’arrêt de l’activité cérébrale ? Comment se positionne la science face à ces nombreux témoignages de personnes qui reviennent de leur mort, que l’on appelle EMI (expérience de mort imminente), après avoir visité cette nouvelle aube réconfortante : la vie après la mort ? La fin ne serait donc que le début d’une « autre présence », une présence énergétique que la physique quantique pourrait expliquer… un jour prochain ?

« La Petite mort de Virgile », Christian Rauth

CHRONIQUE
On connaît Christian Rauth comme comédien (« Père et Maire » sur TFI ou ses rôles dans des séries comme « Navarro »), on connaît moins bien l’écrivain. C’est fort dommage. Son quatrième roman, « La Petite mort de Virgile », paru aux Editions De Borée, est un réel plaisir de lecture tant par l’histoire finement conçue que par l’écriture cinématographique. Son thriller ne joue pas seulement la carte du suspense, puisque la dernière de couverture en dit beaucoup… peut-être trop. Pour ne pas le déflorer, gardez-vous de cette curiosité, somme toute légitime, et plongez-vous sans réserve dans les 432 pages qui passent beaucoup trop vite. Dès le premier chapitre, vous serez happé par l’histoire de trois hommes dont les chemins se croisent. Dans ce triangle, Gina Santos. Pour elle, les hommes sont prêts à lui offrir les preuves d’amour les plus folles. Elle est si belle qu’elle provoque l’embrasement des cœurs, mais aussi réveille les instincts les plus vils.

« PMQ – L’élégance VoQale », l’éloquence du PMQ hardi

THÉÂTRE & CO
Libertin, licencieux, lubrique, osé, polisson, salace, leste, croustillant, gaulois, gaillard… et j’en passe. Les adjectifs ne manquent pas pour qualifier le spectacle savoureusement transgressif « PMQ, l’élégance voQale », à découvrir sur la scène du théâtre des Deux Ânes. Empruntant copieusement au répertoire populaire des chansons paillardes, certaines datant même du XIIIe siècle, sept magnifiques artistes les revisitent a capella et en polyphonie tout en élégance de style et de voix. Qu’ils sont beaux ces sept fringants mercenaires à la solde du grivois, endimanchés dans leurs costumes chics, vocalisant complices, le geste débonnaire et l’œil frétillant sur des paroles lestes ! Derrière l’acronyme « PMQ » (pour « parité mon cul ») se cache un septuor féministe de grand talent : Olivier Andrys dit Olive (l’affable conciliateur), Geoffrey Bailleul (le crooner au cadogan), Joël Legagneur dit Jojo (le galopin sympathique), Pierre Marescaux (l’échalas timide et sérieux), Benjamin Riez dit Benji et Louis Lefebvre Legagneur (les rockers au minois fripon), et Brice Baillon (le frêle au cœur de stentor). Ce groupe créé en 2014, spécialisé dans le patrimoine paillard français, remet au goût du jour sans vulgarité aucune « La (célèbre) Bite à Dudule » ou « la Petite charlotte », dans des arrangements de Brice Baillon, des airs qui n’ont pas pris une ride !

« Reflets des jours mauves », Gérald Tenenbaum

CHRONIQUE
Dans ce neuvième roman, « Reflets des jours mauves », l’auteur mathématicien Gérald Tenenbaum nous convie à prendre place pour l’écouter. Élaborant une conversation à sous-ensembles qui interagissent, des rencontres ont lieu entre l’auteur et son lecteur, entre le professeur Lazare et son auditoire, et entre le passé de ce narrateur et son amour perdu. L’heure de la retraite a sonné pour ce généticien renommé. C’est peut-être aussi l’heure, pour lui, enfin, de se libérer du poids de sa découverte, qu’il a tenue secrète pendant trente ans et qui a précipité la perte de l’amour de Rachel. Se saisissant d’une demande d’interview comme d’une bouée de sauvetage, il se lance dans le bain des souvenirs tissés d’hérédité et de fatalité, dont les remous intérieurs n’ont cessé leur cogitation. Arrimé à ce besoin de confession, Lazare rembobine le film de sa carrière jusqu’à la rencontre qui a modifié sa vision du monde et sa trahison par excès de protection. Doit-on alerter l’être cher d’une mort possiblement imminente ? Les gènes peuvent-ils mentir ? Le hasard a-t-il sa part ?

« Main basse sur le magot », du rififi qui décanille !

THÉÂTRE & CO
Le Paname des années 30 reprend vie grâce à Julien Héteau, directeur du théâtre du Funambule Montmartre, en programmant la pièce d’Arnaud Cassand : « Main basse sur le magot ». Ce dernier s’est inspiré du « Fric-frac » d’Édouard Bourdet (de 1936) pour nous concocter aux petits oignons une histoire de cambriole, de monte-en-l’air, faisant sienne l’atmosphère des Tonton Flingueurs. La tension gravit les échelons du burlesque et réjouit le quidam averti et non averti. Car nul besoin de connaître sur le bout des doigts le langage argotique des titis parisiens et des malfrats des faubourgs pour être affranchi (informé). D’instinct, on pige tout. Il suffit d’ouvrir grandes les esgourdes. Cet argot est une poésie savoureuse qui s’épanouit en liberté inconditionnelle à travers un texte nerveux, imagé, qui fait canner (mourir) de rire. Les dialogues à la Michel Audiard associés aux situations cocasses se percutent à un rythme tonitruant. La comédie tend son fil narratif et pulse sans rompre jusqu’à la chute inattendue et libératoire….

« Jours de glace », Maud Tabachnik

CHRONIQUE
Dans son dernier opus « Jours de glace », Maud Tabachnik nous emporte avec force et humour noir dans une série de meurtres sauvages, à l’image des lieux les plus reculés, hostiles et farouches, du Canada, où se passe l’action. Woodfoll est une petite ville sans histoires de 25 000 habitants, aux confins du Manitoba, où le thermomètre ne dépasse pas les moins quinze degrés la moitié de l’année. Extrême le climat ! C’est pourtant cette atmosphère d’isolement et de glace que recherchait Louise Grynspan, dite Lou, pour se remettre d’une peine de cœur cuisante. En s’y installant, elle était loin de s’imaginer qu’elle vivrait à la fois les pires heures sanglantes de sa carrière et un coup de foudre aussi beau qu’inattendu, ou inespéré. Rudement et énergiquement mené, « Jours de glace » est un thriller haletant au suspense entretenu par moult rebondissements et chausse-trappes. L’horreur et la terreur, la sauvagerie et la mort sont omniprésentes, les quelques lumières du roman provenant d’un amour naissant entre Lou et Julia et la solidarité entre partenaires.

« La Loi du Talon », le féminisme en aiguillon

THÉÂTRE & CO
On ne présente plus Sandrine Sarroche, on la suit, on l’attend, on l’espère : à Paris Première, dans l’émission de Zemmour et Naulleau et, depuis la rentrée 2019, sur RTL dans l’équipe de Stéphane Bern, où elle tient de désopilantes chroniques hebdomadaires sur l’actualité, tout en esprit et chansons parodiques. Jusqu’à la fin de l’année 2019, elle nous donne aussi rendez-vous au Palais des Glaces, où sa verve corrosive et ses pastiches vocaux font un triomphe. Une merveille qui ne se dévore pas en dix minutes comme elle l’évoque, par ironie, pour le livre de Christine Angot, mais en une heure trente qu’on aimerait prolonger jusqu’à plus rire. Dans son quatrième spectacle, « La Loi du Talon », one woman show mis en scène par Éric Théobald, l’humoriste nous livre une autobiographie sous le signe de la saine dérision et du jeu de mots assassins.

« Quand la guerre sera finie », du théâtre musical dans le viseur du temps

THÉÂTRE & CO
Au théâtre Lepic, l’épique donne rendez-vous à l’histoire. La grande et la petite des années de la Seconde Guerre mondiale. Sujet ô combien rebattu, mais qu’on aime redécouvrir sous l’angle de l’originalité. Car, que peut-on apprendre que l’on ne sait déjà ? La défaite française, l’Occupation, la Résistance, le marché noir, la collaboration, l’amour entre un Allemand et une Française, la trahison, l’héroïsme ordinaire et les actes de bravoure. Tout est là dans « Quand la guerre sera finie » de Marie-Céline Lachaud qui en deux heures dresse le portrait d’une période sombre, là où les personnalités se révèlent le mieux. L’originalité ? Trois comédiens chanteurs (Mathilde Hennekinne, Baptiste Famery, Sebastiao Saramago) jouant chacun trois personnages et un pianiste accompagnateur (Jonathan Goyvaertz), qui rappelle le temps du cinéma muet…

« Une joie féroce », Sorj Chalandon

CHRONIQUE
Sans la férocité, comment la joie pourrait-elle triompher de l’adversité ? Sans la férocité, ne s’inclinerait-elle pas devant la maladie ? Quand celle-là a pour nom cancer, la joie doit sacrément s’accrocher à la férocité pour surmonter la défection autour de soi. Avec « Une joie féroce », paru chez Grasset, Sorj Chalandon nous gratifie d’un roman à la sensibilité cruelle, exacerbée, magnifiée. Aux premiers mots, il nous embarque avec une justesse bouleversante dans une histoire qui concentre les vérités de ces femmes atteintes d’un cancer dans le corps martyrisé de son héroïne, pour ensuite lui donner une dimension inattendue. Car « Une joie féroce » n’est pas qu’un énième livre sur cette maladie insidieuse et tueuse, il la sublime en offrant à Jeanne le pouvoir de reprendre en main sa vie. Choisir de commettre l’impensable, l’irréparable, par amitié, mais aussi par consolation. Seule consolation dans un monde inhospitalier, où même l’homme censé l’entourer bat en retraite, cachant sa couardise par l’encensement de la combattante qu’il a lui-même désarmée en lui retirant son amour. Il s’en lave les mains, ce n’est plus son histoire. C’est presque une histoire ancienne. Tout juste un souvenir qui précipite Jeanne dans la reconquête de son intégrité morale, et donc physique. C’est ça ou la lente descente vers la mort.

« A vrai dire », le sacre du mensonge

THÉÂTRE & CO
Si vous viviez dans un monde 100 % sincère, sans une once de mensonge, et si tous vos propos étaient pris comme argent comptant, quelle serait votre réaction ? Manuel Gélin et Sylvain Meyniac vous proposent de découvrir au théâtre du Gymnase celle qu’ils ont imaginée avec la comédie « À vrai dire » qu’ils ont coécrite. Idée surprenante et inédite, mais qui plonge d’emblée dans des premières scènes surréalistes où les cinq personnages disent franco ce qu’ils pensent. Par l’absence de filtres, les dialogues sont crus, grinçants, mordants, assaisonnés, chaque personnage se renvoyant le flashball de la vérité avec détachement, sans inhibition ni autocensure. L’originalité de l’histoire enchante et fait une percée dans les esprits. Et si c’était possible ? se dit-on béat. La vie serait si facile ! Croyez-vous ? A priori, ce monde où la vérité a seule droit de cité et où la manipulation ne pourrait exister, ni les promesses sans lendemains, ni la crédulité abusée, serait le paradis, dont certains d’entre vous rêvent peut-être. Par une ingénieuse preuve par l’inverse, « À vrai dire » démontre combien il faut se méfier de la réalisation des souhaits. Un tel monde transparent pour tous ne serait-il pas bâillonné, privé d’un destin choisi et de matins neufs ? Le mensonge, dans certaines limites, ne rend-il pas, au contraire, libre, heureux, décomplexé ? Mieux : ne rend-il pas meilleur ?

« Le Maître des Limbes », Olivier Bal

Le maître des Limbes Editions de Saxus Olivier Bal thriller

CHRONIQUE
Après « Les Limbes », Olivier Bal clôt avec « Le maître des Limbes », aux éditions De Saxus, son diptyque sur cet endroit mystérieux qui n’est pas le séjour des âmes, mais celui des rêves… partagés, substitués, volés, contrôlés, anéantis. Ce thriller à rebondissements est fantastique par l’imagination qui s’y déploie, mais aussi par la fascination qu’il suscite, tant et si bien que les 573 pages se dévorent sans peine. Peut-on être manipulé lorsqu’on est plongé dans nos rêves ? Si tel pouvait être le cas, on imagine ce que des individus mal intentionnés ou des gouvernements en quête de pouvoir absolu pourraient en retirer ! C’est tout le suspense de ce thriller qui met en opposition une multitude de personnages, principalement des adolescents. Il brosse un portrait glaçant de la rapacité individuelle se parant d’intentions bienveillantes. Si l’enfer est pavé de bonnes intentions, c’est donc dans cet enfer dantesque et dévorant que le lecteur est happé, sans résistance aucune, dans un grand frisson de lecture, jusqu’au dénouement que l’on sent tout de même poindre.

« Louise au parapluie », entre quête et conquête de soi

Résumé
Louise est mère célibataire. Elle a œuvré toute sa vie dans la même usine, à enfiler des baleines de parapluie. Elle aime ses parapluies, son travail, ses copines. Elle se sent utile. Elle a un fils, Antoine qui ne la regarde ni l’écoute plus vraiment. Il n’est préoccupé que par les vêtements de sport dans lesquels ils se pavanent pour en faire la réclame. Louise imaginait que son fils, ex-athlète blessé, aurait d’autres rêves que celui de faire de l’argent facile en représentant des marques sur Youtube. Au cours du rituel déjeuner dominical, leur conversation sur les travers modernes de la société s’envenime. Antoine se moque gentiment des opinions de sa mère. Pour plaisanter, il l’incite à se jeter à l’assaut des municipales. Louise entend lui prouver que ses idées pour gérer une ville ont toutes les chances de la faire élire. En toute sincérité, elle mise sur sa connaissance de la commune où elle vit depuis toujours. Elle estime que le bon sens, la bonne volonté et le travail sont les atouts incontournables pour lui permettre d’être une bonne maire. Mais cela suffit-il ? Aidée de Jacqueline, elle compte passer outre les moqueries désobligeantes et la réprobation véhémente de son fils pour préparer sa campagne. Mais la réussite n’est pas toujours nichée là où on le pense. La mère et le fils, avec Jacqueline en trait d’union, en feront l’expérience.

« Ciel, ma belle-mère ! », à l’abordage d’un Feydeau oublié

Une_Ciel, ma belle-Mère Théâtre Edgar

THÉÂTRE & CO
Forfanterie et poltronnerie, amours et frustrations, quiproquos et mensonges, coups du sort et d’éclats… Il y a tout ce qu’il faut dans ce Feydeau-là pour renverser les situations et les têtes de rire. Jusqu’en janvier 2020, le théâtre Edgar est l’écrin de ce vaudeville musclé et désopilant. Joué pour la première fois en 1890 sous le titre « Le mariage de Barillon », ce texte en trois actes a été adapté par Emmanuelle Hamet qui propose un « Ciel, ma belle-mère ! » moderne et jubilatoire. L’histoire est la même : Barillon, un quadragénaire bedonnant un peu pleutre mais sympathique, s’apprête à épouser une jeune fille de 18 ans qui en aime un autre… Mais, lors du mariage, une erreur de transcription de l’officier de l’état civil – gaiement aviné – acte officiellement que Barillon est marié à sa future ex-belle-mère, l’extravagante Madame Jambart, une femme aux sens échauffés par deux années de veuvage… Un simple rectificatif réparerait facilement l’étourderie, mais l’affaire se complique avec l’arrivée impromptue du défunt mari, plus vivant que jamais, un pêcheur taillé dans un bloc de granit qui ferait peur même aux plus audacieux… Barillon en est retourné au point d’accepter le ménage à trois. Entre les altercations, les faux-espoirs et les rebondissements, les comédiens complices et investis à 200 % hissent haut les voiles de leur potentiel comique !

« Le ballet des retardataires – Tokyo, tambours et tremblements », Maïa Aboueleze

CHRONIQUE
Un premier roman percutant, dépaysant, élégant, aussi court que puissant, qui s’imprime en soi par ricochets. « Le ballet des retardataires – Tokyo, tambours et tremblements » est un beau texte autobiographique, qui relate l’apprentissage de son auteure, Maïa Aboueleze, à l’art du tambour japonais traditionnel : le taïko. Après des études de danse au conservatoire et d’histoire à l’UCO d’Angers, Maïa Aboueleze devient comédienne, puis se passionne pour le taïko. En 2011, elle obtient la bourse Vocatio et part perfectionner son jeu à Tokyo, sans rien connaître du Japon, de ses traditions, de ce monde hermétique du taïko qu’elle pénètre à tâtons, en totale soumission et sans connaître la langue. Première Européenne à avoir franchi les portes de l’école la plus secrète de Tokyo, l’auteure nous livre un témoignage poétique et piqueté d’humour sur les traditions, la discipline, l’exigence quasi militaire et l’abnégation dont elle doit fait preuve, comme les autres élèves, sinon plus, pour avoir le droit de conserver sa place. Une belle école d’apprentissage qui fait réfléchir à l’efficacité de nos propres instances éducatives.

« C’était ma petite sœur », Yves Viollier

C'était ma petite sœur Yves Viollier Terres de France Roman

CHRONIQUE
Dernier roman d’Yves Viollier, aux éditions Presses de la Cité, « C’était ma petite sœur » explore à travers le regard d’une petite fille le sentiment d’abandon et le nécessaire chemin de résilience pour se reconstruire. S’il se plaît à transmettre dans ses livres l’attachement à sa région d’origine (la Vendée), dans ce roman, l’auteur focalise l’attention sur l’univers intime de Jeanne, une petite fille de sept ans qui a été confiée à l’Assistance publique avec ses deux demi-sœurs. Le roman commence par l’entrée de ces trois petites filles dans une nouvelle famille d’accueil qui pourrait être, enfin, le signe d’une ère plus sereine… et pourquoi pas heureuse ? Mais l’arrivée dans la maisonnée d’une quatrième demi-sœur, alors âgée de quelques semaines, va souligner la différence de traitement par leur bienfaitrice, Mademoiselle Eugénie.

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