Murielle Magellan, l’exploratrice des rêves

PORTRAIT PASSION
Au faîte du succès avec sa pièce « L’éveil du chameau », Murielle Magellan reste sous le feu des projecteurs avec la parution d’une nouvelle sur le thème de « Lolita » et l’adaptation pour la télévision de « Illettré », un roman de Cécile Ladjali. La romancière, scénariste, dramaturge et metteur en scène porte en elle encore beaucoup de projets en gestation. La petite fille aux origines juives d’Algérie, qui a grandi avec la valeur travail et qui ne s’est jamais découragée, a fait de son rêve d’enfant une réalité. Avec son nom d’emprunt qui évoque le voyage, Murielle Magellan se taille une voilure ambitieuse qu’aucun vent contraire ne semble pouvoir abattre. Mais quelle est donc cette brise qui la pousse vers la lumière ?

« Et du ciel tombèrent 3 pommes », Narinai Abgaryan

CHRONIQUE
« Les vrais héros ont des physionomies simples, ce n’est que dans les films qu’ils jouent avec leurs muscles en sauvant le monde ». Cette pensée de l’auteure arménienne Narinai Abgaryan semble être le socle de ses deux romans traduits en français par les éditions Macha Publishing. Dans ce nouvel opus « Et du ciel tombèrent 3 pommes », comme « Dans mon cœur à jamais » paru en février 2016, l’auteure revisite, avec son style inimitable alliant simplicité et délicatesse, le symbole du village reculé et en dépeint les habitants qui s’incarnent avec force. Ce roman est une succession d’histoires personnelles de familles qui frappent par leur dépouillement et nous attachent à leur devenir. Même si tout est écrit d’avance, selon leur croyance, on se surprend à rêver pour eux un répit entre la guerre et les catastrophes climatiques qui s’unissent pour déchaîner le chaos.

« La mésange et l’ogresse », Harold Cobert

CHRONIQUE
« La mésange et l’ogresse », c’est l’horreur nue, dépouillée d’artifices dans la cruauté, qui prend à la gorge et ne desserre la pression qu’à la dernière page. Harold Cobert revient sur l’affaire Fourniret, ce couple maudit dont le parcours meurtrier s’est dessiné en France et en Belgique dans les années 80 et à l’orée des années 2000. Si c’est une œuvre de fiction déclarée, elle reste toutefois basée sur les faits révélés lors du procès. Et c’est là tout le coup de génie de l’auteur qui imagine les coulisses d’une année d’interrogatoires de Monique Fourniret.

« Les chemins de Garwolin », Evelyne Dress

CHRONIQUE
Avec son cinquième roman « Les chemins de Garwolin », Évelyne Dress entraîne son héroïne dans une magnifique et passionnante aventure à la fois familiale et personnelle. À la mort de son père, Sylvia Gutmanster s’interroge sur ses ancêtres qui ont fui la Pologne en 1921, sur ses racines juives et son « impossibilité à faire correspondre le dedans et le dehors » de son être. Elle renie sa judéité et tente de la cacher, même si elle n’est juive que par son père qu’elle adorait. Malgré elle, une rivalité entre le respect des traditions et une propension à vouloir s’en libérer la tourmente sous la forme d’une voix intérieure qui ne cesse de la harceler à coups de « non » autoritaires, s’opposant à tout désir et décision.

« Les bonnes mœurs », Timothée Gaget

CHRONIQUE
« Les bonnes mœurs » de Timothée Gaget est un premier roman astucieusement ficelé, qui dévide sa pelote avec l’éloquence de l’avocat que l’auteur fut, avant de l’employer dans une agence de communication. « Les bonnes mœurs » opposent deux mondes : la gauche technocratique face à la droite rurale, catholique et conservatrice. C’est aussi une rencontre humaine puissante et silencieuse : Tristan et Bon-papa, son grand-père. Le banquier d’affaires parisien, narrateur antihéros, grille sa vie, courant de soirées en partouzes, sniffant des rails de coke et sifflant des cocktails explosifs. Le comte de Barmonne est un taciturne Solognot, ruminant la folie du monde, acariâtre endurci, chasseur et garant des traditions.

« Sortie de piste », Marc Welinski

CHRONIQUE
Dans son roman choral « Sortie de piste », Marc Welinski ébranle les certitudes d’un homme éprouvé, donnant à réfléchir sur la question épineuse et passionnante des expériences de mort imminente (EMI). La science peut-elle tout expliquer ? Moïse Steiner est chef d’entreprise à Paris, ancien militant trotskyste, cartésien et athée. Comme concentré de scepticisme, on ne peut mieux faire ! Et pourtant, l’incrédule va vivre l’inconcevable.

« Les bijoux indiscrets », Denis Diderot

CHRONIQUE
Le philosophe Denis Diderot, directeur de l’ambitieuse Encyclopédie, aurait été dans sa jeunesse un tantinet grivois. Qui l’eut cru ? « Les bijoux indiscrets » est son premier roman publié de son vivant, en 1748, mais anonymement. Il avait aux alentours de 35 ans quand il imagine une fable licencieuse. Ce petit bijou libertin est né d’un pari entre le philosophe et sa maîtresse d’alors. Il ne lui a pas fallu plus de quinze jours pour soumettre son roman érotico-oriental à l’appréciation intime de sa dame de cœur.

« En attendant Bojangles », Olivier Bourdeaut

CHRONIQUE
« Avec « En attendant Bojangles », premier roman aux nombreux premiers prix, Olivier Bourdeaut s’empare de la folie pour l’habiller d’une poésie délirante à deux voix, celles du fils et du père. Il l’invite en musique à rentrer dans la danse d’une vie rêvée sur une partition menée tambour battant. Dès les premières notes, le ton et le rythme imposent une mélodie étrange, attachante, captivante. Le lecteur est propulsé dans l’univers de cette famille survoltée, où la vérité se travestit de bonne foi de mensonges et d’histoires à dormir debout, où la fête perpétuelle a viré le quotidien à grands coups de rires et d’argent, où l’amour règne en dictateur joyeusement irresponsable, comme s’il pouvait n’exister rien d’autre sur terre qu’eux trois. »

« L’ange de Dalkey Island », Alain Teulié

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« Trois êtres, trois générations, trois miracles »… mais des miracles à l’incarnation bien réelle. N’est-ce pas ceux qui sont les plus merveilleux, inattendus, percutants ? « L’Ange de Dalkey Island » transporte l’âme et l’imagination vers une contrée pétrie de mystères. Un endroit qui inspire le rêve, qui impose le miracle comme une évidence. S’il devait en y avoir un, ce ne pourrait être que là, sur cette plage de Dalkey Island, en Irlande. Avec intelligence, Alain Teulié se joue des apparences, incline à faire croire et, brutalement, lève le voile du fantastique pour inviter, dans la danse des révélations, une réalité plus troublante, plus manigancée, plus intéressée… mais une réalité révélée au nom de l’amour et de la transmission. »

« Crise et châtiment », Bertrand Fitoussi

CHRONIQUE
« Crise et Châtiment », le si bien nommé, est un roman à deux voix à la résonnance autobiographique, qui oppose à la fiction un réalisme cinglant et brutal. Bertrand Fitoussi y décrypte l’inéluctable enchevêtrement des événements qui ont présidé à l’implosion du monde de la finance et scellé le sort calamiteux de nombre d’épargnants lors de la crise des subprimes, en 2007. Alors banquier international, l’auteur était aux premières loges de cette tragédie en plusieurs actes qui se jouaient sans filet, sans répétitions, sans l’expérience du connu.

« Toutes ces choses à te dire », Frédérique Volot

CHRONIQUE
L’immersion est profonde et émouvante. Frédérique Volot trempe une plume légère et romanesque dans l’encre réaliste de la vie douloureuse et mouvementée d’Ettore et de Lucie. L’auteure retrace avec une verve saisissante leur trajectoire différente qui va les réunir en 1930, puisant dans leurs origines, leur enfance, leur apprentissage de la vie, entre débrouillardises et audace. Elle leur fait traverser en parallèle des moments personnels éprouvants et des événements historiques tragiques qui vont édifier leur coup de foudre en un amour puissant, indestructible.

« Souvenirs dans les poches », Andrei Astvatsatourov

CHRONIQUE
« Qui suis-je ? » Telle est la question que se pose Andrei Astvatsatourov dans « Souvenirs dans les poches ». Empruntant à l’autobiographie fiction, l’auteur plonge les mains dans les poches profondes de sa mémoire sélective à la faveur de cette question existentielle aussi urgente que corrosive. Armé d’un style aiguisé, vif, insolent, original, il découpe sa vie, méthodiquement et par fragments que ses réminiscences pérégrines brassent, épurent, ordonnent pour recomposer le puzzle de son histoire, une histoire réconciliée.

« Le sommeil le plus doux », de Anne Goscinny

CHRONIQUE
« Le sommeil le plus doux », de Anne Goscinny, est un roman qui brille par son élégance. L’élégance des mots alliée à l’élégance de l’esprit. L’alliance est magnifiée par des phrases à la musique poétique chargées d’émotions et d’images aux couleurs pastel. L’écriture délicate est une lente respiration, celle de deux femmes d’abord, d’une mère et de sa fille qui s’acheminent vers une séparation définitive, sous l’œil compatissant d’une grand-mère qui s’égare dans ses tendres souvenirs. Puis celle d’un homme qui s’interroge sur sa relation avec sa femme qui s’éloigne dans son monde intérieur, éclaboussé de peintures abstraites.

« Huit mois pour te perdre », Marie-Diane Meissirel

CHRONIQUE
« Huit mois pour te perdre » est un roman à deux voix qui nous téléporte en Croatie, en 2013, peu avant l’entrée de ce pays dans l’Union européenne. Une gageure audacieuse ! Brillante et originale est l’idée de Marie-Diane Meissirel de situer l’action de son troisième roman à Zagreb, en plein cœur d’une Croatie meurtrie par le conflit yougoslave. Ayant fondé son association humanitaire « RTL Pomaze Djeci » dans ce pays où elle a aussi travaillé, l’auteure maîtrise son sujet. Elle livre un précieux témoignage qui, par le biais de la fiction, permet une meilleure compréhension de ce conflit fratricide complexe et douloureux.

« La Petite barbare », Astrid Manfredi

Avis de PrestaPlume ♥♥♥♥
Astrid Manfredi est une chroniqueuse littéraire comblée. Avec « La Petite barbare », elle a réussi à faire éditer son premier roman aux éditions Belfond. Passionnée de lecture, elle anime depuis des années un blog « Laisse parler les filles ». La Petite barbare s’est vu dérouler le tapis rouge et a été récompensée par le premier prix Régine Deforges du premier roman (voir article), le 14 mars dernier. Astrid Manfredi le doit à un thème, puissant et décapant, et à son écriture brute et violente, qui secoue, déstabilise, fait perdre pied.

Prix Régine Deforges : « La Petite Barbare » récompensée

ÉVÉNEMENT
Le 14 mars dernier s’est déroulée la première édition du Prix Régine Deforges du premier roman au restaurant Macéo, à Paris. C’est Astrid Manfredi, chroniqueuse littéraire du blog « Laisse parler les filles », qui s’est vu attribuée le prix pour son roman-choc inspiré du Gang des barbares, La petite barbare*.
Ce nouveau prix dans le paysage littéraire, créé en 2015, veut rendre hommage à l’écrivain de La bicyclette bleue, disparue il y a deux ans.