« Lettre à l’autre », Colette Bitker

CHRONIQUE
« Pour moi écrire et peindre c’est vivre et lutter chaque jour contre la mort… Mais c’est aussi rêver. » Dans cette courte phrase relevée dans son dernier ouvrage « Lettre à L’autre » (éd. Michel de Maule), l’artiste peintre Colette Bitker a ramassé en peu de mots ce qui la constitue, et la fait avancer et s’interroger. Une mise à nu subliminale entre textes en fragments et dessins de femmes le plus souvent dénudées qui s’adresse à un autre, à cet inconnu à la consistance énigmatique, un « Monsieur » connu d’elle seule, apprivoisé par sa solitude infinie face à l’œuvre. Un Autre sublime et parfait qui s’offre en miroir de son âme créatrice. Un amour profond et vivifiant, coloré et doux, pour cet Autre qui la guide sur son chemin pictural. Un livre poétique, beau à regarder et à lire, qui pousse à la rêverie des émois et à la nonchalance du corps. Sensuel et nostalgique.

« Maria Deraismes », Fabienne Leloup

CHRONIQUE
Voici un personnage de biographie qui vaut le détour ! Il s’agit de Maria Deraismes (1828-1894), une féministe journaliste qui fonda en 1893, avec George Martin, la loge du « Droit humain » qui accueillait indifféremment hommes et femmes. Cette femme de caractère, grande lettrée et infatigable travailleuse malgré une maladie incurable alors méconnue (la maladie de Cronh), est tirée de l’ombre dans une biographie romancée, grâce à Fabienne Leloup, agrégée de lettres, professeur de français et écrivain. Cette femme érudite du XXIe siècle, qui se plaît dans les domaines « marginaux » du savoir, ne pouvait que se passionner pour le parcours franc-maçonnique de Maria Deraismes et réparer l’injustice de l’oubli. « Maria Deraismes, Riche, féministe et franc-maçonne » (éditions Michel de Maule) est un bel hommage littéraire qui plonge le lecteur dans une époque où la place naturelle de la femme n’était pas dans les cénacles politiques ou à la tribune en maître de conférences.

Jacques Glowinski, le savant au cœur des hommes

PORTRAIT PASSION
Pragmatique et créateur. Deux traits de caractère qui, réunis dans un seul être, peuvent devenir de la dynamite à merveilles. Jacques Glowinski, un des pères fondateurs de la neuropharmacologie, neurobiologiste, administrateur du Collège de France et rénovateur de cette glorieuse institution, fait partie de cette race d’hommes au savoir étendu et à l’esprit aussi vif à imaginer qu’à concevoir. Le tout avec une bonhommie désarmante. Quel est le génie farceur qui a excité les neurones de ce chercheur au point de l’inciter à délaisser le microscope pour coiffer le casque d’un architecte et à imaginer des parallèles entre l’organisation du cerveau et l’architecture ? Le scientifique le dévoile dans un livre qui synthétise une longue carrière consacrée à la recherche et au collectif, « Le cerveau-architecte, le Collège de France dans le XXIe siècle », publié aux éditions Michel de Maule.

Denis Doria, chasseur d’Art et d’histoires

PORTRAIT PASSION
Vibrant d’un feu intérieur raisonné et alimenté en continu par la passion, Denis Doria a la joie discrète et réservée, tout comme son modèle. L’architecte d’intérieur et grand collectionneur d’art décoratif moderne vient de publier une œuvre monumentale sur l’œuvre tout aussi monumentale d’un architecte de renom : Pierre Chareau. Voici douze ans que ce chercheur infatigable fait preuve de persévérance et de pugnacité dans la reconstitution de la vie du créateur de l’emblématique Maison de Verre. Une chasse au trésor avec son lot d’énigmes et de clés, et ses portes qui s’ouvrent sur un pan de vie oubliée dans des archives jusqu’au hasard d’une rencontre miraculeuse avec un photographe. Avec « Pierre Chareau – Un architecte moderne de Paris à New York », aux éditions Michel de Maule, c’est une voix qui ressurgit de l’injuste oubli et qui rend hommage au créateur phare de l’Union des Artistes Modernes (UAM). Un devoir de vulgarisation et de transmission qui s’accomplit enfin.

« Le Jaune et le Noir – Sur les pas de Stendhal », Nicolas Saudray

CHRONIQUE
« Le Jaune et le Noir – Sur les pas de Stendhal », de Nicolas Saudray, est une invite à un beau voyage intemporel, celui de la quête d’un amour vrai à une époque où l’affaire du mariage était un petit arrangement entre familles. L’une offrant un titre et un rang, et l’autre effaçant les dettes. Au point tel que l’argument d’une mésalliance s’inclinait devant l’absolue nécessité. Un thème cher au cœur et à la plume de Stendhal qui avait imaginé une suite à son roman « Le Rouge et le Noir », une fresque amoureuse dans les tourments de l’histoire de la première moitié du XIXe siècle et dont Nicolas Saudray a poursuivi l’idée.

« L’ange de Dalkey Island », Alain Teulié

CHRONIQUE PLUS
« Trois êtres, trois générations, trois miracles »… mais des miracles à l’incarnation bien réelle. N’est-ce pas ceux qui sont les plus merveilleux, inattendus, percutants ? « L’Ange de Dalkey Island » transporte l’âme et l’imagination vers une contrée pétrie de mystères. Un endroit qui inspire le rêve, qui impose le miracle comme une évidence. S’il devait en y avoir un, ce ne pourrait être que là, sur cette plage de Dalkey Island, en Irlande. Avec intelligence, Alain Teulié se joue des apparences, incline à faire croire et, brutalement, lève le voile du fantastique pour inviter, dans la danse des révélations, une réalité plus troublante, plus manigancée, plus intéressée… mais une réalité révélée au nom de l’amour et de la transmission. »

« Côté chambre, côté jardin », Joseph-Antoine d’Ornano

CHRONIQUE
« Côté chambre, côté jardin » invite à une douce et aimable introspection qui chemine entre poésie et dessins dans les allées du grand jardin des souvenirs. Dans sa quête, le peintre Joseph-Antoine d’Ornano prend le bras du lecteur pour lui conter, tout bas, en toute amitié, le bruissement léger des sensations qui ressurgissent, par extraordinaire, au détour d’un bosquet ou d’une fontaine, à la faveur d’une lumière particulière, qui en rappelle une autre, plus intime. Celle qui a accompagné sa naissance. Une lumière crémeuse d’un début d’après-midi de janvier. Ce même teint crémeux qui habille aujourd’hui d’un ton unique sa pensée et ses vingt-neuf aquarelles.

« Pierre Soulages au fil de l’amitié », Pierre Duterte

CHRONIQUE
Le psychothérapeute et photographe Pierre Duterte croit en l’amitié. Pas à celle qui se propage sur les réseaux sociaux, de clic en clic, dévoyée par ce qu’il appelle la « débâcle affective » de nos sociétés. Il veut parler de ce genre d’amitié qui se construit sur des années autour de valeurs et de partages communs. Avec « Pierre Soulages au fil de l’amitié », le fondateur de l’association « Parcours d’Exil » rend hommage à cette amitié de trente années avec le peintre et, par ricochet, avec sa femme Colette. Une amitié respectueuse et complice, pétrie d’admiration.

« Au palais du Ciel », Rémi Huppert

Avis de PrestaPlume ♥♥♥♥
L’immersion est totale. Rémi Huppert en grand connaisseur de la Chine fait oublier qu’il vient de l’Occident. « Au palais du Ciel » surprend par sa haute tenue historique et son réalisme qui appose sur le récit le sceau de la véracité. Les événements politiques et l’évolution des mœurs accompagnent l’histoire de Xiuli, en l’emprisonnant dans une solitude cruelle jusqu’à l’arrivée de David, un juif exilé en recherche de ses racines et dont elle va s’éprendre.

Entre le Chef du Lancaster et Lili Marlen, le mariage est consommé

ÉVÉNEMENT
Que diriez-vous de goûter à la cuisine de Marlene Dietrich ? C’est possible depuis la sortie de l’ouvrage de recettes « Dîner chez Marlene », de Georg A. Weth, qui est paru aux éditions Michel de Maule/Le Quai. À partir du 29 mai, la possibilité devient certitude au Lancaster, l’hôtel 5* situé dans le quartier des Champs-Élysées à Paris, où Marlene a vécu pendant trois ans dans l’entre-deux-guerres. Ce sont des retrouvailles qui vont se concocter, le dimanche, autour d’un brunch incluant la thématique du fameux « Petit-déjeuner de Marlene » et, à partir du 7 juin, autour d’un plat original de Marlene réinventé façon Julien Roucheteau, le chef cuisinier du Lancaster. Partenaire du Festival du film américain des Champs-Élysées, l’hôtel proposera pendant la durée de l’événement, du 7 au 14 juin, un menu entièrement influencé par les recettes de Marlene. Et, cerise (de la Forêt-Noire) sur le gâteau, vous pourrez repartir avec le précieux livre de recettes de Marlene, au prix de 34,50 € !

Martine Storti : sortir du manichéisme, de cette mollesse du regard

PORTRAIT PASSION
Dans son dernier essai, Martine Storti démontre et dénonce. Avec impertinence et fougue, elle procède à une déconstruction méthodique et très argumentée des avis tranchés de certains intellectuels qui, sous les feux de l’audimat, combattent dans l’arène publique, vitupérant et s’étripant à coups de phrases rebattues et de sens éculés sur des sujets épineux de l’actualité, comme l’identité, le féminisme, la théorie du genre, l’opposition social/sociétal. Avec la verve inaltérée de militante MLF qu’elle est toujours, elle trempe sa plume dans l’ironie et l’agacement, éraflant au passage les susceptibilités, pour replacer chacun des acteurs face à ses contradictions.

Les Éditions Michel de Maule, une maison qui a tout d’une grande

PORTRAIT PASSION
« Suis-je prêt à acheter dix euros le texte de la pièce de théâtre à la place du programme ? » C’est la question que s’est posée Thierry de La Croix et sa réponse est assurément oui. Fondateur et dirigeant des Éditions Michel de Maule, ce dernier vient d’ouvrir sa collection « Théâtre » avec l’aide précieuse de sa collaboratrice Patricia Hostein. La signature du contrat est encore toute fraîche. La première pièce dont le texte sera disponible à la vente dans le théâtre est tirée d’un roman de l’écrivain Alain Teulié, “Le dernier baiser de Mozart”. Elle se donnera cet été au Festival d’Avignon, puis en septembre à Paris au Théâtre du Petit Montparnasse.

« Ma grand’mère d’Arménie », Anny Romand

Avis de PrestaPlume ♥♥♥♥
Quand l’histoire d’une jeune Arménienne se confond avec la grande et tragique Histoire, quand une petite-fille s’imprègne des souffrances de sa grand-mère, quand un récit relie ces deux générations de femmes, se produit un miracle de lecture. Un témoignage saisissant, sans excès, en simplicité cruelle. Anny Romand, déjà connue pour ses talents d’actrice et de traductrice, signe d’une plume pudique, animée par la rondeur et la délicatesse de l’enfance, sans le fard outrancier de l’horreur, un récit authentique sur l’« Askor », le Massacre, le génocide arménien, par la voix de sa grand-mère Serpouhi Hovaghian qui « a besoin de mâcher tout ça, pour essayer de l’avaler, encore et encore ».

« Dîner chez Marlene : De L’Ange bleu au cordon-bleu »

ARTICLE
Beauté froide à la voix pénétrante. Tempérament affirmé. Talent d’actrice éblouissant. Marlene Dietrich est une étoile qui traverse le firmament du temps sans s’étioler. Aujourd’hui, avec le livre « Dîner chez Marlene », elle revient sur le devant de la scène éclairer une autre facette de sa personnalité, loin des paillettes. Lili Marlen, dit L’Ange bleu est aussi un parfait cordon-bleu…