“Un ange passe”, Michel Stéphane

CHRONIQUE
Premier roman de Michel Stéphane, rédacteur en chef de hors-séries au magazine L’Evénementiel, « Un ange passe », aux éditions du Petit Pavé, est un polar sombre, aux scènes d’action réussies et à l’humour noir prononcé, qui surprend par sa construction. La capitaine de police Ange Carminetti doit résoudre deux énigmes impliquant un violeur-tueur en série de femmes et un pédophile qui s’attaque à Julien, un enfant dont Ange s’est prise d’affection tout en ignorant tout de lui. Alors que le lecteur tente de chercher le lien entre les deux affaires, les pensant logiquement liées, il découvre que les enquêtes sont décorrélées l’une de l’autre…

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Noga en concert, la célébration de la vie

THÉÂTRE & CO
Au théâtre de l’Atalante à Paris, la voix d’un être de douceur au style affirmé s’élève dans le ciel, irréelle et lumineuse. Ancienne avocate ayant porté la voix pendant trente ans pour défendre son prochain, la chanteuse suisse Noga lui a donné de la légèreté pour plaider en faveur de « la liberté d’être, l’importance du choix, la vertu de l’expérience et la célébration de la vie ». Rarement le rayonnement d’une artiste et ses convictions battent d’un même cœur, en parfaite osmose, en connexion subtile avec son public. Cette unité crée de l’authenticité qui touche. Pour ce concert, Noga est entourée de deux musiciens aux doigts ailés. Patrick Bebey principalement au piano et Olivier Koundouno au violoncelle. Chacun d’eux tire de son instrument des notes envoûtantes qui se colorent de rythmes différents au fil des chansons (Des envies d’encens, Léger la vie, Laisser partir, Dépêche-toi, N’écoute que ceux qui ne te disent rien, 3 syllabes, Psaumes de minuit…). Les textes ont pris leur source dans la sagesse des expériences vécues et les émotions, où la mémoire est omniprésente. Noga les a composés, pour certaines avec la complicité de romanciers comme Patrice Guirao, Thierry Illouz et Marie Nimier.

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“Mystérieuses archives”, David Galley

CHRONIQUE
Vingt-cinq enquêtes surprenantes rassemblées dans un ouvrage fort documenté qu’il est amusant de picorer au gré des envies. Après « La France Mystérieuse » qui a donné du grain à moudre aux insatiables d’histoires de fantômes et de pouvoirs surnaturels, David Galley réitère avec « Mystérieuses archives », aux éditions de l’Opportun. Pour réaliser cet ouvrage, heureusement non exhaustif, l’auteur s’est plu à parcourir les archives dans les bibliothèques et autres lieux dépositaires de secrets bien gardés pour se saisir des plus effarantes, surprenantes et incroyables énigmes historiques et de non moins étranges phénomènes encore inexpliqués. L’idée était de les passer sous l’œil critique des experts en croisant les études et les sources, en se déplaçant pour recueillir les témoignages et tenter de trouver une explication rationnelle à chacune d’entre elles. « Tenter » est le terme juste, puisque, souvent, l’explication scientifique, la preuve irréfutable du canular est aussi évanescente que cette « merveille aérienne », une danse des étoiles observée dans le ciel d’Alsace en 1900.

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“La chute”, un vertigineux Clamence

THÉÂTRE & CO
Dans la petite salle du théâtre des Mathurins, le verbe d’Albert Camus habite le comédien Yvan Morane, viscéralement, en tension, en éclats, en complexité. En contenu aussi. Le court roman, « La chute », est l’autopsie d’une âme tourmentée en quête d’une improbable rédemption, celle d’un avocat parisien obsédé par les cris d’une femme tombée dans la Seine. C’était une nuit de novembre, il rentrait chez lui par les quais quand il a entendu le bruit d’une chute. Il ne s’est pas retourné ; il aurait voulu, mais il a poursuivi son chemin sans avertir quiconque. Son comportement non glorieux le hante jusque dans le bar sordide Mexico-City à Amsterdam, ville où il s’est réfugié. Comme si l’exil éloignait la honte, la lâcheté, la culpabilité, le dégoût de soi et, en miroir, le dégoût des Hommes et de leurs turpitudes. Là, il a coutume d’aborder un compatriote pour confesser le secret de son âme à vif, non sans ironie et cynisme, ménageant le suspense sur l’horrible faute. Le narrateur se nomme lui-même « juge pénitent » et entreprend son procès dans un monologue dramatique glaçant.

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“Les misophones”, Bruno Salomone

CHRONIQUE
On connaît bien le jeu et l’humour de l’acteur Bruno Salomone, notamment dans la série télévisée « Fais pas ci, fais pas ça », mais un peu moins sa plume. Il eut été dommage de passer à côté. En publiant aux éditions Cherche Midi son premier roman « Les Misophones », Bruno Salomone reste fidèle à sa justesse et à sa drôlerie qu’il transpose à l’écrit. D’autant que son titre ne laisse pas sans intriguer. Qu’est-ce donc que ce néologisme médical dont 15 % des Français seraient atteints ? L’indisposition aux petits bruits du quotidien qui, dans la tête du misophone, peut prendre des proportions incontrôlables. Les bruits déclencheurs sont la mastication, les croustillements, les borborygmes, les toux, les reniflements… toutes ces musiques disharmonieuses du corps qui provoquent chez le misophone tout un éventail de réactions, du simple agacement à l’irascibilité violente. Et se raisonner ne sert à rien. Dans ce roman singulier à l’écriture alerte, l’auteur met en lumière une maladie non encore répertoriée, mais handicapante au point de vouloir devenir ermite… Quoique les bruits d’une nature, continuels, peuvent tout aussi bien taper sur les nerfs ! L’un des deux héros de Bruno Salomone en a fait les frais !

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“68, Mon amour”, la renaissance par le verbe

THÉÂTRE & CO
Pièce écrite par Roger Lombardot et éditée en 2007 par Les Cahiers de l’Égaré, « 68 Mon Amour » est la version théâtralisée d’un témoignage nu, vibrant, sans filtre et lucide sur les événements de Mai 68. Loin de la résumer à la violence, l’auteur analyse cette époque comme l’émergence d’une jeunesse en recherche d’expression, de liberté d’être et de dire, comme l’affranchissement des chaînes du passé, de la dictature des traditions, du travail et des interdits. Pour cet enfant de l’après-guerre, qui eut « la sensation de vivre dans un monde gris au milieu de morts-vivants », 1968 est une année éblouissante, celle de sa renaissance qui a tout d’une révolution intérieure. Dans le rôle de cet homme en quête de beau, car convaincu que « la beauté sauvera le monde », Ludovic Salvador s’impose en force et en sensibilité…

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“Le Tigre”, Joël Dicker

CHRONIQUE
Joël Dicker avait gardé au fond d’un tiroir informatique un conte écrit pour prendre part à un concours de nouvelles en 2004. Il avait 19 ans. L’histoire ne dit pas s’il a remporté ce concours avec ce conte d’inspiration russe « Le Tigre », mais une chose est sûre : il ne faut jamais jeter ses premiers écrits. S’ils ne marquent pas forcément les esprits, ils en disent long sur le processus de création, l’inspiration et le parcours de l’auteur dans son chemin d’écriture jusqu’à la belle éclosion. « Le Tigre », paru aux éditions de Fallois, est un conte à ne pas mettre entre les mains des tout jeunes. Il tient plus de la Bête du Gévaudan que du Petit chaperon rouge où il est question dans les deux cas de dévoration. Avec « Le Tigre », on prend un billet simple dans la lointaine Sibérie où la plus grande menace n’est plus le froid ou la faim, mais la voracité d’un tigre qui tue sans faim et la voracité sans fin d’un homme avide.

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“Et elles vécurent heureuses”, une comédie peps sur le bonheur

THÉÂTRE & CO
« Et elles vécurent heureuses » est une comédie désopilante et impertinente sur ce qu’est le bonheur ? Ce soir-là, pour le public, il est certain que le bonheur a pris ses aises au Théâtre de Dix Heures. Le texte écrit à six mains par Anne de Kinkelin, Vanessa Fery et Emmanuel de Arriba, brille par des réparties qui fusent comme des boulets et touchent juste à chaque envoi. Le match à trois est truffé de phrases-chocs selon un scénario bien ficelé qui conduit le spectateur dans le labyrinthe des états d’âme féminins. Les comédiennes complices dispensent sans compter leur joie à faire vivre leur personnage qui sont chacune à un moment critique de leur vie. Delphine (Vanessa Fery) vit un divorce difficile ; Jeanne (Leslie Bevillard) va devenir mère contre son gré et Angélique (Marie-Cécile Sautreau) suspecte l’infidélité de son fiancé une heure avant leur mariage…

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“À la ligne : feuillets d’usine”, Joseph Ponthus

CHRONIQUE
Il est des livres qui sortent de l’ordinaire. Tantôt par la forme, tantôt par le fond. « À la ligne – Feuillets d’usine », de Joseph Ponthus, cumulent des deux en quittant les sentiers battus de la ponctuation et en racontant sa souffrance quotidienne à l’usine. Si l’usine a été une déflagration tant physique que morale pour lui, ce premier roman est une claque par l’audace narrative qui aurait pu être rédhibitoire pour beaucoup de maisons d’édition. Vu les prix qui s’engrangent (Grand prix RTL-Lire 2019 et Prix Régine Deforges), les éditions La Table Ronde ne se sont pas trompées en croyant à ce roman qui a tout du journal poétique, où les vers libres chassés à la ligne sont la seule contrainte à laquelle s’est tenu Joseph Ponthus. Cette contrainte littéraire, qui ressemble tant à la liberté, a favorisé son évasion mentale de son travail prolétarien, à l’heure de la précarité moderne. L’ouvrier intérimaire privé de temps s’octroie la liberté absolue, irréductible, de penser son présent et de l’inscrire dans les pages blanches de sa nouvelle vie sur les lignes des usines en Bretagne. Une superbe ode aux peuples des usines !

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“Labyrinthe – Les Couloirs de L’Infini”, Pourang, le mentaliste conteur

THÉÂTRE & CO
« Labyrinthe, les couloirs de l’Infini » n’est pas qu’un show de mentalisme haut de gamme. Ce spectacle allie le mystère à l’humour, la féerie poétique à l’esthétique, les tours de force aux talents de conteur. Car ce show, qui se tient à la Comédie de Paris, est d’abord une belle histoire qui traverse le temps, depuis l’Antiquité avec le mythe du Minotaure jusqu’à nos jours dans le cerveau humain, en passant par l’époque Victorienne qui fut marquée par les meurtres de Jack l’Éventreur en 1888…

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“J’ai dû rêver trop fort “, Michel Bussi

CHRONIQUE
Machine à best-sellers à l’imaginaire foisonnant, Michel Bussi est de nouveau sur la rampe de lancement du succès avec son douzième roman, « J’ai dû rêver trop fort », aux éditions Presses de la Cité. A 52 ans, le professeur normand totalise douze romans, près de huit millions de livres vendus et des millions de lecteurs addicts à sa prose échevelée qui pousse à tourner les pages…

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“Deux mensonges et une vérité”, les démêlés d’un cœur à cœur jubilatoire

THÉÂTRE & CO
La pièce « Deux mensonges et une vérité », nommée aux Molières 2018 pour la meilleure comédie, reprend au théâtre Montparnasse jusqu’à fin juin avec une nouvelle distribution. L’excellent Lionnel Astier cède le rôle de Philippe à Jean-Luc Moreau, aussi metteur en scène de ce boulevard original et tordant, et Nicole Calfan endosse avec bonheur le costume de Catherine, l’épouse de Philippe…

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“Avant que j’oublie !”, que des maux d’amour !

THÉÂTRE & CO
Tel Rocky, Sébastien peut mettre le genou à terre sur le ring de la compétition médiatique, il se relève toujours, car le petit Patrick, grâce à son cartable à malices, transforme les maux bleus en maux d’amour. Alors, avant que de tout oublier, de ces années bonheur aux années tristesse, l’inclassable artiste doué pour rallier à son panache clownesque les plus grands talents a décidé de tout balancer “les yeux dans les yeux” avec son nouveau spectacle “Avant que j’oublie !”…

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“Le retour du Jeune Prince”, Alejandro G. Roemmers

CHRONIQUE
“Le retour du Jeune prince” d’Alejandro G. Roemmers est le livre que l’auteur aurait voulu lire adolescent et qu’il a écrit en quelques jours, en 1999. Selon ce industriel au cœur de poète, ce roman n’est pas une suite au conte philosophique et initiatique, mais une continuité du message du Petit Prince de Saint-Exupéry. Sous la plume de l’auteur argentin, le gracile enfant aux cheveux de blé et à l’écharpe rouge est un adolescent exténué, échoué sur la route désertique de la Patagonie. Parti à la recherche de son ami aviateur qui lui a offert jadis un mouton, le jeune garçon gît à demi-mort de faim et de fatigue sur le bord de la route…

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“La Moustâche”, l’irrésistible circonflexe qui fait tache

THÉÂTRE & CO
Que voilà une moustache bien fournie, au dessin simple et original, une magnifique coupe au carré si ce n’était la symbolique terrifiante qui ne fait plus fureur en ces temps éclairés ! Le circonflexe de la moustache de Sylvain Sabourdin (Arnaud Gidoin) est au centre de toutes les tensions au théâtre du Splendid. Cet homme discret, qui dit oui à tout et à tout le monde, va devoir faire montre d’imagination pour passer inaperçu avec l’ombre noire sous le nez. La rencontre avec son futur beau-père qui se trouve être de confession juive promet d’être mouvementée…

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“Kiosque”, Jean Rouaud

CHRONIQUE
Bravant l’interdit maternel : « Tout sauf le commerce ! », Jean Rouaud devint kiosquier. Non pas par contradiction ou bravade, mais par nécessité alimentaire. C’était dans les années 80, il était apprenti écrivain en recherche de style, d’éditeur, de lecteurs, de reconnaissance. Avant “Les Champs d’honneur” premier roman et Prix Goncourt en 1990, nombre de ses manuscrits avaient été impitoyablement refusés. Son style n’étant pas dans l’air du temps. Ces sept années à vendre les journaux au 101 rue de Flandre dans le XIXe arrondissement de Paris formeront la matière génitrice de personnages aussi singuliers qu’attachants dans leurs fêlures épidermiques et leur intempérance verbale…

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