“Piège pour un homme seul”, le suspense qui tombe à pic

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“L’un des deux est à enfermer !”, éructe le commissaire de Police, en regardant le mari et la femme. Il y a de quoi ! Tout au long de “Piège pour un homme seul”, le mensonge tisse une toile inextricable autour du mari, accablé par l’imposture d’une femme qui se fait passer pour son épouse, Élisabeth, qui, elle, a disparu. Huitième pièce de Robert Thomas (1927-1989), cette comédie policière a été un triomphe dès le soir de la Générale aux Bouffes Parisiens, le 28 janvier 1960. Adapté deux fois au cinéma (Honeymoon with a Stranger en 1969 et One of my wives is missing en 1976), ses droits seront achetés par l’immense Alfred Hitchcock (il meurt avant de pouvoir l’adapter). Depuis le 7 juillet 2018, au théâtre Le Funambule Montmartre, on y joue une nouvelle fois du bon, du très bon, de l’excellent suspense avec “Piège pour un homme seul”, mis en scène par Florence Fakhimi. La fidélité au texte original est absolue ; le jeu des cinq comédiens, époustouflant de duplicité, ménage un suspense qui prend littéralement aux tripes. Machiavélique et angoissante, cette comédie policière à rebondissements est la garantie d’une soirée… inoubliable !

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“Dîner de famille”, un bouquet explosif d’humour et de tendresse

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Il est des repas de famille qui virent au drame et aux larmes. Les rancœurs, les jalousies, les non-dits et l’indifférence sont autant de sujets de dispute. Par son universalité, le thème parle à tous. Sous les feux du théâtre Edgar, “Dîner de famille” de Pascal Rocher et de Joseph Gallet est tout sauf une énième comédie sur les relations familiales. Les deux coauteurs, en fins observateurs, ont puisé dans le magasin des blessures narcissiques pour écrire un scénario crédible, et puissamment soutenu par l’énergie de l’humour en perpétuel décalage. Le texte met en scène un trio de personnalités bien tranchées : un fils jeune adulte, abandonné par son père à six mois et délaissé par sa mère qui a recomposé de son côté une grande famille. Alexandre – joué ce soir-là par Arnaud Laurent – invente un stratagème pour faire venir ses parents le jour de ses trente ans. Seulement ces derniers, qui se sont vus trois fois en trente ans, ne sont pas au courant de la présence de l’autre. Béatrice (Carole Massana) n’a jamais pardonné à son ex-mari (Emmanuel Donzella) de l’avoir quittée… pour un autre homme. Sur le papier, le pitch promet un dîner explosif ; sur la scène, la force comique des comédiens emporte tous les rires dans leur si doux délire !

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“Où est Jean-Louis ?”, du théâtre conceptuel tout terrain !

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Il fallait y penser… et surtout l’oser. Au théâtre de la Michodière, on dépoussière avec une jubilation non feinte les habitudes du théâtre où chacun reste à sa place. Où d’un côté des comédiens enthousiastes donnent le meilleur et où, de l’autre, un public peinard se tord de rire. Et au milieu le metteur en scène qui règle le tempo du moteur. Avec “Où est Jean-Louis ?”, l’auteure Gaëlle Gauthier crée le concept du spectacle hybride qui mise sur l’interaction avec des inconnus du public. Trois au total, un par acte. Homme ou femme, c’est égal. Ce Jean-Louis interchangeable a un large pardessus beige, un nœud papillon clownesque et une perruque gris métallisé, tel un signe de reconnaissance secret qui s’évente à chaque représentation. Les Jean-Louis se sont portés volontaires, le comédien Arnaud Gidoin les sélectionne avant chaque acte. Ce soir-là : deux hommes, une femme. Une équipe motivée d’outsiders qui ne s’en laisseront pas compter, donnant à cette pièce survoltée un grain de folie candide et malicieux.

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“I Love Piaf”, le tourbillon des cœurs talentueux

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Une chanteuse au timbre de velours écorché (MTatiana), un accordéoniste aux doigts endiablés (Aurélien Noël) et un conteur à la voix enflammée (Patrice Maktav). Au travers du nouveau spectacle de Jacques Pessis, “I love Piaf”, trois jeunes artistes ressuscitent magnifiquement “La Môme”. Ils la vivent et la font vibrer autour de dix-sept airs entraînants que le public fredonne en lui et hors lui jusqu’au tableau final. En reprenant sa dernière biographie musicale consacrée à l’icône de Belleville, “Piaf, une vie en rose et noir”, l’auteur la revêt d’un rythme plus jazzy qui ajoute en profondeur et en émotion. Ce soupçon de modernité suave offert à ce monument immortel de la chanson française satisfait les amoureux d’Édith Piaf et leur curiosité. Car cette nouvelle version inclut des chansons plus rarement diffusées, mais aussi, entre deux couplets, des anecdotes contées aussi tragiques que gaies, pour certaines inédites. Jacques Pessis, le maître ès artistes, s’amuse à dévoiler avec une pointe d’humour des contre-vérités que la légende a inscrites dans le marbre rose de la vie de Piaf.

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“Berlin Kabarett”, ébouissante décadence

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Sur l’impulsion du journaliste Philippe Tesson, Stéphan Druet a écrit et mis en scène le spectacle dansé et chanté “Berlin Kabarett”, au théâtre de Poche-Montparnasse. Son texte était une évidence pour lui, la magie et l’intensité qui s’en dégagent sont une évidence pour le public. Un public spectateur mais aussi acteur qui se retrouve dans un théâtre de poche, agencé en cabaret avec des guéridons et des consommations. La scène ? Trois niches bien identifiées qui s’étirent en longueur. Côté droit, le bureau de la tenancière Kirsten (Marisa Berenson), ancienne prostituée aigrie ; en face, la loge de son fils non désiré Viktor (Sebastiàn Galeota) qu’elle exploite et dont l’homosexualité l’encombre et l’insupporte. Côté gauche, un piano, des percussions, un cornet accompagnés de leurs musiciens aux paupières charbonneuses qui voisinent avec une table riquiqui où planche Karl, le poète contestataire. Et entre ces trois niches et le public, l’étroit espace de liberté où évoluent les personnages en manque de tendresse et de repère moral. L’ambiance est là, elle se plante dans le cœur, net et sans bavure : une musique lumineuse et sombre, des danses langoureuses et acrobatiques, des costumes affriolants qui magnifient les émotions. Quant à l’histoire, elle se déploie en saynètes où l’impossible amour d’une mère pour son fils s’entremêle au témoignage d’une époque marquée par la dépression économique et sociale, et la menace du totalitarisme nazi.

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“Les crapauds fous”, la justesse de l’émotion, la force d’évocation

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Après son succès au Ciné XIII, la comédie d’aventure Les crapauds fous se joue au Théâtre des Béliers parisiens. Servie par un texte qui allie la force d’évocation à celle de l’émotion juste, cette pièce est née de l’idée formidable de l’auteure et metteure en scène Mélody Mourey de restituer une histoire vraie et extraordinaire, jamais encore évoquée au théâtre. Celle de deux médecins polonais, Eugène Lazowski et Stanislaw Matulewicz, qui ont sauvé 8 000 Juifs durant la Seconde Guerre mondiale, en faisant croire à une épidémie de typhus, un virus hautement contagieux. La mise en scène imbrique deux époques (1942-45 et 1990) et les fait interagir avec une vivacité étourdissante. Cette astuce captive l’intérêt tout en mettant en relief de façon exemplaire le courage de ces deux “crapauds fous” qui ont osé dire “non”. Aujourd’hui, on les nommerait les “Insoumis”, comme le rappelle la pièce qui ne manque pas de distiller une bonne dose d’humour. Ces clins d’œil à l’actualité sont autant de bulles d’air qui autorisent le spectateur en apnée du suspense à respirer… et à rire de bon cœur !

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“Bio et barge”, humour et dérision à foison !

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Entre bio et mojito, faut-il vraiment choisir ? La comédienne Stéphanie Jarroux est tiraillée tout le long de son one-woman-show inspiré de la vie très réelle d’une mère de famille comblée par ses trois enfants. Enfin… Comblée, c’est vite dit ! Car qui se met en tête de vivre 100 % “bio” tout en s’imbibant… d’expériences Vegan se complique l’existence à plein temps. “Bio et barge” est une bourrasque vivifiante qui, sous prétexte de prôner le bio en toutes occasions, balaye les bonnes intentions face aux réalités du terrain qui impose son inévitable dictature et qui a pour doux nom : le quotidien ! Stéphanie Jarroux rejoue pour nous, à coups d’outrance trash et humoristique, son quotidien de maman aux journées surchargées et de femme en quête d’épanouissement personnel. Sa première comédie est survoltée, sans tabous et décoiffe un max. Son texte est savoureux, stylé et percutant, et la mise en scène dynamique de Nathaly Coualy en fait une belle réussite ! Mais attention, les oreilles chastes risquent de tomber en pâmoison !

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“17 fois Maximilien”, et plus encore !

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Tous les mardis, au Studio Hébertot, on assiste à une performance intimiste qui allie finesse et force de jeu. Dans cette pièce à flux tendu, à l’écriture ciselée de son complice Richard Charest, Nikola Parienty se transforme en Maximilien, un être imbu de lui-même, à la désinvolture affectée, qui entreprend une analyse pour asseoir sa légitimité d’acteur. Au fil des dix-sept séances chronométrées par un thérapeute imaginaire, ce quarantenaire va peu à peu déjouer l’ascendance de l’adulte brillant en société pour laisser émerger cet enfant qui hurle son manque d’affection depuis l’enfance et que pourtant personne n’a jamais entendu. Lui, le meilleur ami des mots, va trouver dans son passé ces mots dits ou non dits, qui l’empêchent d’être heureux, tout simplement, et de dormir sans insomnie. Nikola Parienty incarne à la perfection cet être détestable en l’enveloppant d’une grâce attachante qui émeut tout en faisant rire. Au-delà des manières hautaines, les provocations et la suffisance de son personnage, il donne à voir, à entendre et à ressentir une belle âme à la sensibilité heurtée, à qui il aura manqué chaque soir la main apaisante d’une maman sur sa tête d’enfant. Soudain projeté dans le fauteuil du thérapeute, le public est tout ouïe durant les 17 fois Maximilien.

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« 2 Mètres 74 », un quartet au diapason

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La capacité du Studio Hébertot est l’écrin parfait pour cette nouvelle comédie de mœurs psychologique qui dévoile, derrière le rire, comment un événement inattendu peut bouleverser une vie qui a renoncé à ses rêves. « 2 Mètres 74 » est le nom de cette pièce de Martine Paillot, à l’écriture saillante et nerveuse qui manie l’humour au fouet pour réveiller les illusions de deux amis. L’un, Pierre (Nicolas Georges), traîne le matin sa lassitude jusqu’à son bureau de banquier et le soir jusqu’à son domicile de petit bourgeois où sa femme le méprise. L’autre, Vladimir (Frédéric Jacquot), ne vibre que pour le cheval de course et les paris, mais a les poches et le cœur vides. L’arrivée d’un imposant piano Steinway & Sons de 2,74 mètres dans son studio riquiqui va chambouler son espace et sa vie. Mais pourquoi diable la concertiste de renommée internationale, Jeanne Donati, une amourette de jeunesse, lui a-t-elle légué son piano ?

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“Hugo au bistrot”, Jacques Weber est l’écho du rêveur sacré

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« Peuples ! écoutez le poète ! Écoutez le rêveur sacré ! » a écrit Victor Hugo*. Avec sa nouvelle création “Hugo au bistrot”, Jacques Weber le prend au mot et s’érige en héraut pour transmettre l’œuvre et les passions de l’auteur des Misérables et évoquer l’homme, le politique, le poète et l’écrivain. Pour cela, il lui fallait un lieu à la mesure de ce rebelle romantique dont le désir le plus ardent était de « détruire la misère qui est la maladie du corps social ». Un théâtre classique pour s’y adonner n’aurait pas permis d’instaurer une complicité suffisante pour recevoir les textes en plein cœur et en mesurer toutes les subtilités ! Jacques Weber a choisi de s’installer sur les planches du restaurant-théâtre La Scène Thélème, l’écrin idéal pour les gourmets du verbe et des saveurs, alliant le bistrot à la gastronomie. Jusqu’au 5 mai prochain, c’est dans cette ambiance intimiste que le comédien et sa partenaire Magali Rosenzweig convient une cinquantaine de spectateurs à embarquer avec eux pour une traversée littéraire nommée « Victor Hugo ». Après la griserie des mots, ces derniers pourront savourer la délicatesse des mets « coup de cœur » du comédien, concoctés par le chef étoilé Julien Roucheteau. Comme dans une ultime communion.

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Le monte-plats, pinter, critique théâtre, Lucernaire

“Le monte-plats” : surchauffe en sous-sol

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Œuvre de jeunesse d’Harold Pinter (1957), “Le monte-plats” convoque l’ennui extrême et dérangeant, dans un huis-clos générateur de tensions et d’angoisses. Dramaturge de l’absurde, l’auteur poursuit ici la volonté de renvoyer en boomerang les questions métaphysiques que pose l’un des deux personnages : doit-on obéir aveuglément face à l’autorité ? Gus est loin d’être le plus intelligent ou le plus courageux, et pourtant c’est à travers lui que la conscience se manifeste. Mais s’interroger ainsi lorsqu’on est tueur à gages peut faire mal au matricule ! Cocasse, pourrait-on dire ? Audacieux plutôt de la part de l’auteur ! Une audace qui estompe la fadeur d’un texte en apparence anodin, truffé d’onomatopées, de mots grossiers et d’éloquents silences, où transpirent la colère contenue et la pression brutale des forces qui s’opposent. Tout est dans le non-dit ou le suggéré, renforcé par l’astuce scénique d’Étienne Launay qui en joue avec originalité. Quant aux quatre comédiens, ils sont armés d’une belle gueule de truand, à faire changer de trottoir tout innocent. Leurs munitions ? Un jeu intense, des regards glaçants et des silences écrasants.

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“Adieu Monsieur Haffmann”, une pièce d’orfèvrerie !

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Dans une atmosphère bleu nuit dépouillée d’artifice, le drame se devine sur la scène du Petit Montparnasse. « Adieu Monsieur Haffmann » nous projette à l’époque sombre de l’Occupation allemande et de la collaboration, des propos antisémites diffusés à la radio TSF et des privations. L’étoile jaune qui ponctue le « i » de « Adieu » sur l’affiche éclaire les escaliers qui mènent à la cave de la demeure de Monsieur Haffmann. L’histoire commence au lendemain de la rafle du Vél’ d’Hiv’. Joseph Haffmann ne peut plus fuir afin de rejoindre sa femme et ses quatre enfants réfugiés en Suisse. Aussi il propose à Pierre Vigneau, son talentueux tailleur de pierre, de lui confier la gestion de sa bijouterie s’il accepte de le cacher. Si la gravité du sujet promet de l’émotion et de la tension, la pièce de Jean-Philippe Daguerre surprend par cette brise comique qui décuple la force des sentiments ressentis. Son écriture vibrionne de décalages qui conduisent la pesante gravité à valser avec un humour souvent satirique. Cette union inattendue est le socle de la réussite de cette création bouleversante, qui est très bien servie par les cinq comédiens impliqués, complices et terriblement présents. Une pièce qui pourrait se voir consacrée, le 28 mai prochain, lors de la remise des Molières 2018, où elle est en lice dans six catégories, dont le « Meilleur spectacle du théâtre privé ».

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“L’Affaire Courteline”, la comédie humaine des bons mots

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Courteline et sa puissance comique, Courteline et ses formules imagées… on ne s’en lasse pas ! La Compagnie La Boîte aux Lettres nous régale une fois de plus, après son très réjouissant “Le jeu de l’Amour et du Hasard”, de Marivaux, mis en scène en 2017. Là, sur la scène du théâtre Lucernaire, elle revisite sept saynètes caustiques tirées des essais philosophiques du dramaturge, exemplaires d’une époque et de ses mœurs sur des sujets de société qui n’ont pas vieilli d’une ride ! Le metteur en scène Bertrand Mounier a choisi d’ouvrir plus large le lit de la rivière de l’absurdité pour que les situations comiques et l’énergie formidable des comédiens puissent y prendre leurs aises. Des aises qui, le temps de la performance, défrisent la morosité et claquemurent les idées noires.

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“En attendant Bojangles”, le sacre pour trois cœurs fidèles

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Pour ceux qui ont dévoré le livre, la fidélité est l’impression qui prédomine en découvrant la pièce de théâtre, au théâtre de la Pépinière. La fidélité au texte brillant, la fidélité aux émotions suscitées, la fidélité à l’intensité des personnages. « En attendant Bojangles » vous invite à entrer dans la danse entraînante de l’auteur Olivier Bourdeaut, adaptée et mise en scène avec talent et respect par Victoire Berger-Perrin. Il faut être mû par une grande humilité pour ne pas essayer d’imposer son tempo, mais au contraire de mettre en musique des mots qui contiennent l’essence de la vie ! Quant aux trois acteurs, ils donnent aux personnages une consistance bouleversante et une force remarquable. Le père (Didier Brice), la mère (Anne Charrier) et l’enfant (Victor Boulenger) évoluent sous l’air de Nina Simone et tourbillonnent avec élégance sous le souffle dramatique. Le panache est tel que l’on s’identifie aux personnages divinement fous et follement divins !

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“L’être ou ne pas l’être”, tout Shakespeare en dérision

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La compagnie “Les Voyageurs sans bagage” vient poser ses malles au Grand Point Virgule, à Paris, du 14 au 22 avril 2018 pour neuf représentations. Pour leurs premiers pas sur la scène parisienne, la troupe belge, qui est d’abord une aventure réunissant les auteurs Mohamed et Oussamah Allouchi, et Rachid Hirchi, Fionn Perry et Issam Akel, fourbit son humour parodique afin de conquérir le cœur des Français avec “L’être ou ne pas l’être”. Cette pièce convoque des personnages emblématiques des œuvres de William Shakespeare : Richard III, Lady Anne et Catesby le serviteur (Richard III), Roméo, Juliette et Mercutio (Roméo et Juliette), Hamlet et Ophélie (Hamlet), ainsi que le dramaturge lui-même. La mise en scène des frères Mohamed et Oussamah Allouchi se concentre sur l’intensité des enjeux et l’enchaînement des actes jusqu’au précipice fatal. Leur texte aux accents classiques est saupoudré de références culturelles modernes truculentes et ne s’embarrasse pas de bien-pensance. Les comédiens, splendides dans leurs costumes d’époque, évoluent avec énergie dans l’immodération scénique physique et verbale qui donne à la pièce un résultat vivant et très réjouissant.

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“Le retour”, le triomphe de l’absurde réaliste

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Maître de l’absurde, Harold Pinter n’en est pas moins le révélateur d’un réalisme cru, lui-même souvent absurde. La cruauté, la perversité, la violence ne recèle-t-elle pas toute la vacuité humaine traversant les âges avec la même force, la même aberration, la même inutilité ? C’est toute la démonstration de la pièce « Le retour » qui décortique les liens familiaux et les comportements d’une famille désaxée composée d’un père, de ses deux fils adultes, de son frère vieux garçon, et enfin d’un fils prodigue et de son épouse. Sur la scène du Théâtre de l’Opprimé, Cantor Bourdeaux, Jean-Rémi Chaize, Théo Costa-Marini, Jérôme Fauvel, Maud Roulet et Charles-Antoine Sanchez martèlent avec la précision d’un métronome le texte tranchant de l’auteur.

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