“Et elles vécurent heureuses”, une comédie peps sur le bonheur

THÉÂTRE & CO
« Et elles vécurent heureuses » est une comédie désopilante et impertinente sur ce qu’est le bonheur ? Ce soir-là, pour le public, il est certain que le bonheur a pris ses aises au Théâtre de Dix Heures. Le texte écrit à six mains par Anne de Kinkelin, Vanessa Fery et Emmanuel de Arriba, brille par des réparties qui fusent comme des boulets et touchent juste à chaque envoi. Le match à trois est truffé de phrases-chocs selon un scénario bien ficelé qui conduit le spectateur dans le labyrinthe des états d’âme féminins. Les comédiennes complices dispensent sans compter leur joie à faire vivre leur personnage qui sont chacune à un moment critique de leur vie. Delphine (Vanessa Fery) vit un divorce difficile ; Jeanne (Leslie Bevillard) va devenir mère contre son gré et Angélique (Marie-Cécile Sautreau) suspecte l’infidélité de son fiancé une heure avant leur mariage. En l’absence inopinée de leurs médecins respectifs, ces trois femmes aux fortes personnalités se retrouvent dans la salle d’attente. Les minutes s’égrenant, elles vont se confier des bouts de leurs peines, de leurs colères, de leurs doutes. Un huis clos tout en énergie dosée, mis en scène par le performer Arnaud Maillard dans un souci de décalage constant qui donne un rythme fou et où l’ennui n’a pas sa place.

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“Labyrinthe – Les Couloirs de L’Infini”, Pourang, le mentaliste conteur

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« Labyrinthe, les couloirs de l’Infini » n’est pas qu’un show de mentalisme haut de gamme. Ce spectacle allie le mystère à l’humour, la féerie poétique à l’esthétique, les tours de force aux talents de conteur. Car ce show, qui se tient à la Comédie de Paris, est d’abord une belle histoire qui traverse le temps, depuis l’Antiquité avec le mythe du Minotaure jusqu’à nos jours dans le cerveau humain, en passant par l’époque Victorienne qui fut marquée par les meurtres de Jack l’Éventreur en 1888…

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“Deux mensonges et une vérité”, les démêlés d’un cœur à cœur jubilatoire

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La pièce « Deux mensonges et une vérité », nommée aux Molières 2018 pour la meilleure comédie, reprend au théâtre Montparnasse jusqu’à fin juin avec une nouvelle distribution. L’excellent Lionnel Astier cède le rôle de Philippe à Jean-Luc Moreau, aussi metteur en scène de ce boulevard original et tordant, et Nicole Calfan endosse avec bonheur le costume de Catherine, l’épouse de Philippe…

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“Avant que j’oublie !”, que des maux d’amour !

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Tel Rocky, Sébastien peut mettre le genou à terre sur le ring de la compétition médiatique, il se relève toujours, car le petit Patrick, grâce à son cartable à malices, transforme les maux bleus en maux d’amour. Alors, avant que de tout oublier, de ces années bonheur aux années tristesse, l’inclassable artiste doué pour rallier à son panache clownesque les plus grands talents a décidé de tout balancer “les yeux dans les yeux” avec son nouveau spectacle “Avant que j’oublie !”…

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“La Moustâche”, l’irrésistible circonflexe qui fait tache

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Que voilà une moustache bien fournie, au dessin simple et original, une magnifique coupe au carré si ce n’était la symbolique terrifiante qui ne fait plus fureur en ces temps éclairés ! Le circonflexe de la moustache de Sylvain Sabourdin (Arnaud Gidoin) est au centre de toutes les tensions au théâtre du Splendid. Cet homme discret, qui dit oui à tout et à tout le monde, va devoir faire montre d’imagination pour passer inaperçu avec l’ombre noire sous le nez. La rencontre avec son futur beau-père qui se trouve être de confession juive promet d’être mouvementée…

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“Ma grammaire fait du vélo”, à vos marques, prêts, riez !

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Grammaire et orthographe, le couplet gagnant dans la course au bon français. Mais un casse-tête casse-pieds pour les élèves en queue de peloton. Ah ! S’ils avaient assisté à ce « Ma grammaire fait du vélo », spectacle éblouissant de François Mougenot sur les mots et leurs savantes combinaisons, ils auraient appris en riant… ou ri en apprenant ! Ce seul en scène humoristique au théâtre de l’Essaïon est exemplaire de la manière dont le corps enseignant devrait faire aimer la langue de Molière. L’auteur et comédien, sans esbroufe ni emphase, fait don de ces leçons de rattrapage, cocasses et absurdes, à la manière d’un Devos ou d’un Morel…

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“Comment j’ai dressé un escargot sur tes seins”, la maladie d’amour sublimée

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Le petit théâtre “Le bout” est l’écrin parfait pour sanctifier l’intimité du texte de Matéi Visniec. L’éloge de la maladie d’amour du dramaturge et poète roumain, sous le titre aussi curieux qu’amusant « Comment j’ai dressé un escargot sur tes seins », peut s’y répandre avec la lenteur de l’agonie d’amour et le fracas intérieur des sentiments. Sans préambule, ce seul-en-scène nous fait entrer dans un univers surréaliste où la poésie voisine avec l’absurde. Le monologue du personnage nous entraîne dans une auscultation in vivo de son cœur mis à nu pour une femme fatale, une Muse dont il ne peut se passer. Il l’a dans la peau, elle palpite dans ses organes jusque dans ses moindres cellules…

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“Dans la peau de Cyrano”, ou la différence en majesté

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Ce soir-là, pour annoncer sa reprise au théâtre des Mathurins à partir du 7 avril prochain, le spectacle « Dans la peau de Cyrano » fêtait sa 700e représentation dans l’enthousiasme général. Un triomphe largement mérité tant le one-man-show de Nicolas Devort est une performance scénique incarnée. Le comédien campe plusieurs personnages, chacun avec son trait caractéristique qui l’identifie en un quart de seconde. Cette instantanéité provoque l’admiration. Parmi ces personnages, il y a le professeur de français, la psychologue du collège et quelques élèves qui interagissent autour de la pièce d’Edmond Rostand, « Cyrano de Bergerac »…

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“Blanc & Hétéro”, de l’humour en eaux troubles

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Que les oreilles chastes s’abstiennent ou défaillent ! Volontairement provocant, délicieusement indécent, prodigieusement irrévérencieux, le one-man-show d’Arnaud Demanche, « Blanc & Hétéro », programmé tous les mardis à l’Apollo Théâtre, ne fait pas dans la demi-mesure. L’humoriste s’amuse avec les codes et les susceptibilités, comme un chat avec sa souris préférée. Il entre dans la chair du politiquement incorrect avec un esprit affilé et sans tabous sur notre société consumériste et intolérante. Tout est bon à dire, tant qu’on en rit…

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“Rapport pour une Académie”, l’incarnation kafkaïenne de l’humanité

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Jusqu’au 4 mai 2019, le théâtre de la Croisée des Chemins nous convie à un voyage immobile kafkaïen qui remonte à la genèse de l’humanité, au carrefour de l’évolution entre l’homme et le singe, entre l’exploitation de l’homme et des animaux par l’homme. Sur une adaptation de Vincent Freulon à partir de la nouvelle éponyme de Franz Kafka écrite en 1917, « Rapport pour une Académie » interpelle et ouvre des voies de réflexion sur notre condition d’être humain et la façon dont on se comporte avec nos semblables, mais aussi sur cette torture que l’autre, celui qui est différent ou qui s’est exilé, s’inflige pour s’insérer dans la société, se fondre dans la masse et gommer ses propres caractéristiques. Celles qui l’ont construit et qui font son identité…

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« Stances », la poésie aux accents d’actualité

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Au théâtre des Déchargeurs, une semaine durant, ce fut la cueillette des stances. Comme ces cèpes qui naissent nuitamment, il y eut une poussée de pupitres sur la scène, formant un chemin de ronde poétique. Peut-être pour mieux observer le monde et rimer sur sa beauté et sa cruauté. Lauréat du prix Goncourt avec « Les Champs d’honneur » (1990) et auteur d’une autobiographie littéraire en cinq tomes, « La Vie poétique » — dont le dernier opus « Kiosque » (Grasset, 2019) vient de paraître —, Jean Rouaud a écrit et composé un spectacle surprenant et captivant de la première strophe à la dernière. Dans ses « Stances », mis en scène par Pascal Reverte, il raconte la vie et la mort, ponctuées de ses nombreux soubresauts, avec l’élégance du geste et la rondeur de la voix. Sa poésie aux consonances du reportage se décline en rubriques de journal qu’il feuillette pour nous, se faisant le chantre de la nature de l’homme dans tous ses états d’être et de paraître. Faits divers, écologie, politique, économie, art, religion, science, etc., chaque rubrique se dit et se chante en duo harmonieux, un texte poétique, une chanson. Deux arts mêlés qui offrent un métissage de talents et d’actualité.

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“Le Misanthrope, ou l’Atrabilaire amoureux”, du Molière, passionnément… à la folie

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Sur la scène du Comédia – Théâtre Libre s’invite une troupe de comédiens galvanisés par le défi renouvelé de ressusciter Molière dans son essence la plus pure. « Le Misanthrope, ou l’Atrabilaire amoureux » est une comédie vertigineusement moderne, en cinq actes et en vers, que les Parisiens ont pu découvrir pour la première fois en 1666 sur la scène du Palais-Royal. Cette pièce est une critique acerbe et virulente contre la société des hommes fourbes et vaniteux, contre l’hypocrisie, la compromission, la trahison. La question existentielle étant : « Faut-il fuir ce que l’on exècre et se retirer du monde ? Ou sommes-nous condamnés à composer avec nos semblables ? » Question ô combien d’actualité, et qui le sera – semble-t-il – tant qu’il y aura des Hommes. Tout au long de cette description du « portrait du siècle », le colérique Alceste (Lambert Wilson), l’amoureux intransigeant, lutte contre sa jalousie qu’attise la belle Célimène (Pauline Cheviller), son amante séductrice, rompue à l’art de la médisance. Brisant qui leurs disputes qui leurs réconciliations surgissent les autres personnages dans une exubérance de passions et de rubans, dans une volubilité d’esprit et de parures. Un moment d’exception, magnifié par une mise en scène musclée de Peter Stern, que les héritiers du beau encenseront !

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“La vie rêvée des autres”, des si et des voix pour du pur plaisir

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De grands noms en haut de l’affiche de l’Apollo Théâtre pour une voix talentueuse. Luchini, Bacri, Laspalès, Benigni, Gallienne, Devos et d’autres encore non moins prestigieux ! Leur point commun ? Ce théâtre à une seule voix, celle du comédien imitateur Pascal Haumont. « La vie rêvée des autres » est un spectacle d’Olivier Maille et Pascal Haumont sur les destinées et les bifurcations de parcours, balançant entre rire et tendresse. Leur écriture met en scène un Robert Luchini, ambitieux coiffeur qui rêve d’acheter un autre salon de coiffure ; son apprenti, lui, trouve que la vie est belle, il s’appelle Roberto Benigni. Dans ce salon, très prisé de ses habitués, se rencontrent et se confrontent le professeur de français Jean-Pierre Bacri, le philosophe Grand Corps Malade, l’historien Guillaume Gallienne, le comptable Régis Laspalès ou encore le restaurateur Raymond Devos. Inspiré des personnalités connues, le scénario les renferme dans une nouvelle identité, avec l’hypothèse où ils seraient restés dans l’anonymat. Une pure fiction jubilatoire, menée par l’excellent Pascal Haumont à un train d’enfer et avec une dextérité vocale et visuelle maîtrisée.

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“La dégustation”, un grand cru pour le bonheur

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Dans une cave à vin pour écrin, deux solitudes vont apprendre à s’aimer, pour le grand plaisir des comédiens et du public. « La dégustation » est un ravissement de l’esprit qui subtilise à l’heure trente qui passe, au théâtre de la Renaissance, un temps immobile de grande intensité. L’écriture et la mise en scène d’Ivan Calbérac ainsi que le jeu complice d’Isabelle Carré et de Bernard Campan émeuvent bellement, puissamment. Le troisième personnage (Steve), joué par Mounir Amamra, est un adolescent en liberté conditionnelle pétillant de malice qui veut se racheter une conduite. Avec toute la spontanéité d’un révolté de la vie, il surgit dans la solitude d’Hortense et de Jacques tel un miracle qui va susciter la connexion entre ces deux âmes esseulées. Mais ce sont bien les blessures de ces trois protagonistes qui conduisent à ce rapprochement inespéré. Oser écouter l’autre, l’accueillir dans sa différence et lui ouvrir son cœur transforme l’être, le transcende jusqu’à l’audace de vivre pleinement.

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“Ça reste entre nous”, un cœur à cœur irrésistible !

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Voici un binôme d’une valeur sûre, pour nous, spectateurs en quête de rires et de bonne humeur. Deuxième mise en scène d’Olivier Macé sur les textes de Brigitte Massiot, « Ça reste entre nous ! », au théâtre du Gymnase Marie-Bell, est bien parti pour faire durer le plaisir au-delà de la date fatidique de fin prévue le 28 avril 2019. Pour parfaire cette comédie échevelée se greffent à cette amitié de treize ans quatre trépidants comédiens habitués du boulevard. Michèle Garcia/Pierre Douglas et Isabelle de Botton/Bruno Chapelle forment deux couples proches de la cinquantaine qui marient leurs enfants respectifs. Mais il y a comme un hic au soir du mariage. Une révélation explosive fait chavirer l’existence de chacun, mais surtout leur façon de penser la vie. Les répliques sont autant de missiles de l’humour qui font mouche à chaque tir. Pas de répit entre les dialogues, c’est la tension qui grandit à mesure que l’impossible vérité se pare d’une réalité implacable pour les deux épouses : Jacques (Pierre Douglas) fait éclater au grand jour son amour pour André (Bruno Chapelle), amoureux et amants depuis deux ans. Loin de n’être qu’un vaudeville désopilant, ce texte n’a pas oublié d’être intelligent et de parler droit au cœur. « Ça reste entre nous » interroge les sentiments et leur durée, leurs faux-semblants et les petits arrangements avec soi pour ne pas voir. Un excellent pied de nez à la bien-pensance !

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“Le songe d’une nuit d’été”, une pépite pour les chercheurs de rêves et de rires

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Il est des songes qu’on aimerait faire durer un temps infini. Ainsi la comédie fantastique de William Shakespeare (1564-1616), « Le Songe d’une nuit d’été », est-elle une pépite qui enrichit les chercheurs de rêves et de rires. Blotti dans le creux d’une histoire merveilleuse tissée d’amour fou et de vengeance, le spectateur écarquille le cœur pour accueillir cette version compactée du chef-d’œuvre du grand maître de la tragédie. Au théâtre du Ranelagh, les six comédiens endossent avec une aisance naturelle les costumes des vingt-deux personnages. Sous une direction millimétrée de Matthieu Hornuss, Patrick Blandin, Élise Noiraud (en alternance Aymeline Alix), Thomas Nucci, Lisa Spurio et Olivier Dote Doevi se démultiplient comme par magie et soutiennent avec fougue le rythme endiablé des intrigues amoureuses. Le défi est relevé haut la main. L’histoire onirique de ces deux couples à l’amour fou contrarié qui s’aiment et se haïssent à la faveur de sortilèges est très divertissante. On aimerait les suivre dans cette forêt magique où fée et lutins jouent à cache-cache avec les humains éperdus d’amour. Le songe se poursuit jusqu’à la scène finale, où tout est bien qui finit merveilleusement bien : par un spectacle dans le spectacle d’une troupe de comédiens amateurs, très mauvais, qui surjouent à en pleurer de rire. Deux heures de pur plaisir !

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