« Avec vous jusqu’au bout ! », une comédie funéraire sans temps mort !

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« Avec vous jusqu’au bout ! » est une comédie funéraire qui apprête la mort en grande pompe avec des atours décalés, insolents, jubilatoires. La dédramatiser par le rire, c’est très tentant ! Officiée par deux croque-morts enjoués et délirants, on y accourt ! Mais avec une écriture percutante en prime, alors là, c’est du chocolat en barre ! Ça tombe bien, Jean-Pierre et Sylvain Bugnon nous viennent de Suisse. C’est dire s’ils s’y connaissent ! Frères dans la vie, au spectacle ils se transforment en collègues au chômage qui doivent réviser leur examen d’ordonnateur des pompes funèbres. C’est une profession qui aura toujours de très beaux jours devant elle… si tant est que le professionnalisme de l’officiant soit reconnu ! Ce qui n’est pas gagné avec nos apprentis ! L’examen approche et l’un des deux n’est absolument pas prêt…

« L’éveil du chameau » : Cap Paternité !

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Quand une femme bourrée de principes rencontre un homme sans principe, la confrontation promet du grand spectacle. Embarquez les yeux fermés à bord de ce superbe vaisseau qui tangue sous des vents contraires. Une situation périlleuse provoquée par Murielle Magellan, une auteure aussi talentueuse que malicieuse et à l’humour corrosif. Et ouvrez les écoutilles ! « L’éveil du chameau » est une bourrasque, un tourbillon… que dis-je ? Une tempête initiatique qui secoue le théâtre de l’Atelier. Les répliques claquent tantôt en force tantôt en subtilité, impertinentes et provocatrices, piquantes et vives, et toujours justes. Le trio de comédiens (Pascal Elbé, Barbara Schulz, Valérie Decobert) est sur le pont avec ardeur et conviction, ne lâchant rien. Une grande complicité transparaît de leur jeu sincère et fluide. Des accalmies éclairent les failles des personnages qui en deviennent plus émouvants. La mise en scène de Anouche Setbon est fine, sobre et suggestive. Les jeux de lumière marquent une temporalité qui chemine main dans la main avec l’évolution des caractères.

« Et pendant ce temps, Simone veille ! », un humour résolument engagé

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Au théâtre de la Contrescarpe, on rit à gorge déployée dans une salle bondée. Un public largement féminin vibre en accord majeur avec les quatre comédiennes. Il y a comme une entente tacite, instinctive, une communion solidaire, des expériences partagées qui résonnent de concert entre toutes les femmes. D’où vient cette magie ? Du thème proposé, pardi ! « Et pendant ce temps, Simone veille » est une comédie sur l’évolution de la condition féminine en France depuis les années 50 jusqu’à nos jours. Un vaste programme rétrospectif qui peut freiner l’élan tant le sujet est rebattu. Mais c’est sans compter la magnifique énergie des comédiennes, campant une bourgeoise, une ouvrière et une femme de classe moyenne, en outrant le trait, provoquant des situations drolatiques qui voisinent avec le burlesque, volontairement, qui laissent cependant percer un certain dépit vis-à-vis des mœurs qui n’avancent pas aussi vite que les idées et les bonnes volontés.

« Fabrice Luchini et moi », où le frisson par le verbe

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On vient rêvant d’un Luchini en fête, on repart avec du Sauton en tête. Un génie pour le prix de deux. Une technicité gestuelle et vocale hal-lu-ci-nante ! Des traits d’esprits qui font mouche, qui scandalisent avec ravissement et démontent les lieux communs avec une arme fatale : la langue française. Le spectacle écrit, mis en scène et joué par Olivier Sauton, au théâtre de l’Archipel, est une exaltation de l’esprit. L’admiration du comédien pour le maître du verbe résonne dans une symphonie solitaire, mais peuplée de talents, avec justesse et tendresse, pour que l’ivresse soit.

« Anquetil tout seul », la victoire d’une équipe

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« L’excellence se joue dans la solitude. » La phrase du texte de Paul Fournel, tirée du livre « Anquetil tout seul » (Éditions du Seuil/Éditions Points) résout-elle à elle seule l’énigme Anquetil ? Deux mots clés qui définissent pourtant si bien le monstre sacré du cyclisme de 1953 à 1969, le champion de la froideur et du professionnalisme, l’homme timide avec le public et exigeant avec lui, qui ne se courbait que devant le guidon. L’homme divisait qui les foules, le sportif qui ratissait les victoires. Mais dont la « passion » ne se laisse toujours pas distancer par l’oubli. Elle est toujours, vive, venant talonner la roue de ce vélo qui fend l’air, avalant les heures d’efforts, de travail, d’audace, de défis, de douleurs, jusqu’au bout de lui-même, pour ressusciter au Studio Hébertot.

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