« Nous étions nés pour être heureux », Lionel Duroy
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Avec « Nous étions nés pour être heureux », aux éditions Julliard, Lionel Duroy signe un récit psychologique passionnant. Il pose la question de savoir si un écrivain peut se nourrir de ses histoires de famille et de ses déchirements sans la nécessaire sublimation littéraire. Sujet brûlant d’actualité, « Orléans » de Yann Moix est le cas d’école que traite avec talent et nuances Lionel Duroy dans son dernier roman paru en août dernier. Son objet n’est pas tant de déterminer si Paul, le narrateur, dit la vérité ou pas dans sa « fiction autobiographique » que de s’interroger sur ses motivations d’élever les siens au rang de personnages réels, dont toute son œuvre littéraire est constituée. Pour ce double fictif de Lionel Duroy, quinze livres sont parus pour accoucher de son enfance, de la défaillance de ses parents et des travers de ses aînés, ce qui a entraîné une rupture brutale des relations avec toute sa famille. Trente ans plus tard, un déjeuner de famille offrira aux protagonistes l’occasion de s’expliquer. Si les arguments de l’un et des autres s’opposent, ils sont tous entendables et ne trancheront pas le sujet définitivement. Entre la liberté d’expression et le droit à la vie privée, la frontière est aussi fragile qu’un sentiment d’appartenance.