« Cache-cash mortel », Hubert Letiers

CHRONIQUE
Avec son deuxième roman « Cache-Cash Mortel », Hubert Letiers lâche le filet de son inspiration dans les eaux fangeuses du blanchiment d’argent issu du trafic de drogue, un trafic qu’il imagine institutionnalisé par la sphère politique au plus haut de l’État pour colmater le trou de la Sécurité sociale. Ambitieux scénario pas si élucubrant qu’il n’y paraît, quand on connaît les démangeaisons de certains politiques à vouloir légaliser le cannabis. L’idée est intéressante et a l’avantage de faire s’interroger sur cette miraculeuse manne qui viendrait renflouer le navire France qui croule sous des dettes abyssales. Dans ce nouvel opus, l’auteur de « Meurtre en haut lieu » poursuit son autopsie des comportements déviants des gouvernants, de ceux qui les conseillent, des différents services de police et du renseignement qui agissent dans l’intérêt de l’État. Il nous offre un roman de haute tenue, solide, convaincant et éclairant. Le tout tendu au cordeau par une écriture irréprochablement littéraire. Peut-être un peu trop pour le confort de lecture d’un polar aux ramifications de personnages étendues.

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“Camille contre Claudel”, de l’art et des larmes

THÉÂTRE & CO
Après un succès confirmé aux éditions 2016, 2017 et 2018 du Festival OFF d’Avignon, « Camille contre Claudel » est enfin joué à Paris, au théâtre du Roi René. Selon Hélène Zidi, l’auteure et la metteuse en scène de cette biographie théâtrale brillante et originale, Camille Claudel ferait peur. Serait-ce en raison de ses troubles du comportement qui ont viré à la paranoïa ? Quoi qu’il en soit, il flotte autour de l’image de cette sculptrice hors norme un malaise palpable, qui semble perdurer aujourd’hui… Mais pour des raisons différentes. À l’époque, l’artiste catalysait autour d’elle les plus vives calomnies, car elle osait s’affranchir de toutes les conventions (religieuses, sociales et familiales) et clamer sa liberté d’être d’une artiste femme, de créer et de vivre de ses œuvres. Vue depuis ce nouveau siècle, Camille Claudel s’ébroue d’un passé qui l’a claquemurée pendant trente ans à l’asile de Montfavet (Vaucluse), jusqu’à son décès, le 19 octobre 1943. Dans « Camille contre Claudel », avec sa fille Lola, Hélène Zidi lui restitue une vie, une œuvre, une passion à travers un texte littéraire de haute tenue et très documenté. L’hommage est d’une force troublante, à la hauteur du modèle.

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“L’Affaire des Heurlières”, Joël Pénicaud

CHRONIQUE
« L’affaire des Heurlières », de Joël Pénicaud, est un roman de terroir qui plonge ses racines paysannes dans les secrets d’une famille du Maine angevin. Cette saga familiale qui touche deux générations met en lumière la filiation, le poids des silences et les bouleversements d’une confession aux dernières heures de la vie. Grâce à un traitement digne d’un bon polar, le lecteur s’immerge d’emblée dans le quotidien des Heurlières, cette ferme éponyme du bourg du bout du monde, proche de La Flèche. Et est projeté au centre de l’intrigue romanesque et criminelle en accompagnant Clémence et Julien, un jeune couple adultère qui s’aime et veut s’enfuir, loin de l’enfer que lui fait vivre la « vieille », Thérèse Langlois. Nous sommes en 1919 et Fernand Langlois, le violent mari de Clémence, qui a fini par revenir des tranchées, n’entend pas se laisser déposséder de son bien le plus précieux : sa belle épouse. Soutenue par une mère revêche, connue dans le village pour méchante et grippe-sous, Fernand assure une surveillance de chaque instant pour surprendre les fautifs… jusqu’au jour où le malheur vient frapper à la porte des Heurlières et bouleverser le cours de l’histoire.

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“Goodbye Wall Street”, du rire en barre

THÉÂTRE & CO
Au Théâtre du Petit Gymnase, le Studio Marie Bell retentit d’éclats d’une vie de trader passée à jongler avec l’argent des autres avec habileté et réussite. « Goodbye Wall Street » est un fringant one-man-show théâtralisé, dopé au bonheur de Fouad Reeves d’être à sa place, sur les planches. De son passé de trader sous pression, le comédien a conservé l’énergie électrique, poussé au paroxysme mais sans jamais disjoncter… complètement, qu’il polarise au profit du show. Et quel show, du grand art ! Pour relater son parcours depuis ses rêves d’enfance jusqu’aux salles de marchés à Paris et New York, il incarne à deux cents à l’heure quatorze personnages dans leurs travers caricaturés à l’outrance éloquente. Si les traits sont grossis à la loupe déformante, ils sont servis par des mots qui ne sont jamais grossiers. Ceux-ci sont plutôt aiguisés à la meule de l’intelligence pour toucher juste et bistournés de leur sens pour créer jeux de mots et situations déjantées. La performance d’artiste complet et l’intensité du texte sont amplifiées grâce à la juste folie d’une mise en scène millimétrée de Dominique Coubes.

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“Pas d’amour sans amour”, Évelyne Dress

CHRONIQUE
Avec « Pas d’amour sans amour », Evelyne Dress voulait entrer dans le vif du sujet de l’amour. Elle regrettait de n’avoir pas tout dit sur cette « génération qui a lutté pour son indépendance sexuelle, sociale et intellectuelle ». C’est chose faite et bien faite ! La frustration qu’elle éprouvait depuis le film éponyme – qu’elle a écrit et réalisé en 1993 – s’est évanouie par l’enchantement de cette comédie de mœurs drôle, à l’écriture enlevée et malicieusement coquine. La femme des années 90 s’émancipe une nouvelle fois sous sa plume énergique et sans compromis. L’auteur n’a pas l’habitude des mots plats, sans saveur ni relief. Elle le prouve encore avec ce cinquième ouvrage qui s’amuse à déjouer les périls de l’amour kleenex, trop expéditif pour accueillir la tendresse et l’attachement. Est-ce si difficile de trouver un homme… « normal » ? Attachez vos ceintures, ce roman secoue les préjugés !

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“Ma cantate à Barbara”, la grande Dame en rouge et noir

THÉÂTRE & CO
Sous les toits à l’enchevêtrement de poutres deux fois centenaires du Petit Théâtre des Variétés, une grande dame vêtue de flamboyance chante Barbara. L’intensité de son interprétation, la pointe de fragilité dans le sourire, l’urgence du débit comme l’urgence du répit, la gravité, la passion et l’humour, tout évoque Barbara. Pourtant, on n’entend qu’Anne Peko. L’interprète et la créatrice du spectacle « Ma cantate à Barbara » – avec le pianiste (et poète*) Pierre-Michel Sivadier  – ressuscite magnifiquement la grande Dame brune, tout en la réinventant avec ses propres failles et son énergie contagieuse. Tout en douceur et émotion, ce voyage qu’elle nous propose dans l’univers de Barbara vous invite à entendre ses airs les plus connus, et peut-être en découvrir et/ou redécouvrir d’autres qui le sont moins. Même les moins charmés par l’œuvre de Barbara seront captivés par cette mise en perspective musicale si inattendue.

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“Federica Ber”, Mark Greene

CHRONIQUE
Le nouveau roman de l’auteur franco-américain Mark Greene, « Federica Ber », s’affranchit du temps. Passé et présent cheminent en parallèle, se superposent et finissent par ne faire qu’un pour se projeter dans l’imaginaire. Federica Ber est le nom d’une femme qui ressurgit du fond de la mémoire du narrateur à l’occasion d’un fait divers survenu en Italie, lu dans un journal. Un homme portant cravate et une femme portant collier de perles ont été retrouvés au pied d’une muraille rocheuse des Dolomites. Ils étaient attachés l’un à l’autre, unis dans la mort comme ils l’étaient dans la vie. Entre suicide ou assassinat, les carabiniers semblent avoir fait leur choix. Ils suspectent une randonneuse : Federica Bersaglieri. Cette même Federica que le narrateur a connu il y a vingt ans. Pour lui, c’est la même, sans aucun doute. Il ne peut y en avoir deux comme elle. Celle qui lui a fait aimer les toits de Paris pouvait très bien avoir fait aimer la montagne à ce couple d’architectes en vogue. C’est ce que nous relate le personnage narrateur, dont on ne sait presque rien, sauf qu’un joli feu-follet a traversé sa vie, y laissant une multitude de questions et déclenchant des émotions jusqu’alors jamais ressenties. Un roman intense qui ennoblit l’attente.

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“L’architecte et l’Empereur d’Assyrie”, une pesée des âmes digne d’Arrabal

THÉÂTRE & CO
Qui ne connaît pas l’œuvre du dramaturge Fernando Arrabal peut être surpris et désorienté par « L’architecte et l’empereur d’Assyrie », drame qui confronte le monde civilisé à l’usure de la solitude d’une île déserte à deux. Créée en 1967 à Paris au théâtre Montparnasse, cette pièce déjantée, à l’humour décalé, apparemment sans queue ni tête, joue sa dernière ce 29 octobre au théâtre Darius Milhaud dans l’attente d’un autre « asile ». Le metteur en scène Oscar Sisto l’a quelque peu adaptée à l’actualité de ce nouveau millénaire, en conservant le style mordant, incisif, qui se complaît dans la crudité/cruauté des mots et des situations. L’écriture ne prémâche pas leur sens, mais les donne en pâture des tensions libérées qui font voler en éclat les frontières de l’interdit. L’outrance est omniprésente, mais qu’elle est belle et jubilatoire ! Elle s’incruste partout, dans les regards que s’échangent les deux comédiens (Oscar Sisto et Johann Piritua), dans le sens des paroles, dans le langage des corps, jusque dans les pensées qu’on voit plisser au coin des yeux et des sourires entendus. Une densité de jeu à la fois subtile et animale qui se rencontre rarement.

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“Sang famille”, Michel Bussi

CHRONIQUE
Le titre comme le contenu rappelle le livre d’Hector Malot, « Rémy sans famille » et souffle un petit air lancinant dans la tête. Michel Bussi en joue sciemment. Au-delà de cette volonté de se rapprocher d’un classique, « Sang famille » met en jeu un orphelin en quête de filiation, qui se confronte au passé de son père et de ses associés sans foi ni loi. Réédité aux éditions Presse de la Cité, ce roman d’aventures est paru il y a dix ans aux éditions des Falaises. En le retravaillant, Michel Bussi a été frappé de constater que ce premier roman contenait déjà ses thèmes de prédilection (la filiation, l’adolescence, la manipulation…), comme il le raconte dans une préface qui explique la genèse de cette réédition. À ces thèmes, ajoutons une île normande imaginaire, des secrets de famille, une légende sur un trésor enfoui dans des souterrains et une bande de copains intrépides aux caractères affirmés, qui rappelle “Le Club des Cinq”. Ce sont autant d’ingrédients pour accrocher l’intérêt des lecteurs, tant adolescents qu’adultes.

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“C’est pourtant simple”, le plaisir de tout compliquer

THÉÂTRE & CO
Au théâtre Edgar, le mensonge veut faire sa loi. Il complique tout avec délice dans « C’est pourtant simple », la première pièce de l’auteure Sophie Brachet. Fan de boulevards depuis « Au Théâtre ce soir » et de la truculente Jacqueline Maillan, c’est dire si ces sources d’inspiration n’ont pas manqué à cette nouvelle auteure qui fait ses premiers pas dans l’univers du spectacle vivant ! Sa comédie explore avec envie et énergie les ressorts de la manipulation. La plume est débordante, vivace et incisive ; les situations survoltées à l’envi. Menée tambour battant par la belle humeur guerrière de Marion Game (Simone Vanier) et de la présence fort guillerette de Geneviève Gil (Madame Pinson), l’histoire évoque l’adultère et les illusions perdues, la vieillesse et l’appétit de vivre, la quête d’identité et la reconnaissance en paternité. Que de thèmes porteurs qui émergent de la folle ambiance de « C’est pourtant simple » !

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“Les promesses de l’âge”, Perla Servan-Schreiber

CHRONIQUE
Au fil des pages des « Promesses de l’âge », chez Flammarion, Perla Servan-Schreiber répète à l’envi qu’elle aime son âge. Elle a 75 ans et elle en assume tous les aspects, aussi bien négatifs que positifs. Car, oui, sachez-le, on peut vieillir dans la joie et la plénitude des années qui se remplissent d’instants vécus en pleine conscience. C’est là où réside le secret de Perla. La pleine conscience des heures qui passent, des instantanés fugaces, un sourire, une main tendue, un bouton de rose qui éclot, un vol de perdrix dans la brume. Chacun a ses moments à lui, il suffit d’entraîner ses sens à cette recherche active du plaisir et du beau. Il y a une certaine urgence à vivre sereinement dans cet ouvrage, à vivre bien, au mieux possible de sa santé, ce qui n’est pas toujours aisé, ni inné. C’est du travail, en vérité, mais il est, selon Perla Servan-Schreiber, tellement bénéfique ! Au prix de certains renoncements, si minimes d’ailleurs puisque les goûts et les exigences évoluent avec les années, les découvertes sont à la portée de tous et de toutes. N’est-ce pas excitant ?

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“Hard”, du porno pour de rire

THÉÂTRE & CO
Librement inspirée de la série de Cathy Verney, diffusée sur Canal+, « Hard », au théâtre Renaissance, est une comédie sur l’univers du porno qui fait exploser tous les verrous de la pudeur. Avec une adaptation à l’humour décapant de Bruno Gaccio – l’auteur des savoureux Guignols de l’info – et une mise en scène dévergondée au millimètre près, de Nicolas Briançon, le divertissement est à la hauteur des espérances. Que dis-je ! Il n’est pas seulement à la hauteur, il défonce… l’applaudimètre à coups de situations ubuesques, où Cupidon – sûrement en état d’ébriété – arrangera une rencontre entre Roy Lapoutre, héros du slip au cœur tendre, et Sophie, une veuve éplorée légèrement coincée du… bénitier. Et la morale dans tout ça, me direz-vous ? Mais elle est là, elle transpire de partout puisque le scénario décrit, dans ce champ lexical très coloré du métier du porno, la victoire de l’amour envers et contre tous les préjugés !

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“Ce que l’homme a cru voir”, Gautier Battistella

CHRONIQUE
« Ce que l’homme a cru voir » est le deuxième roman de Gautier Battistella. Si le premier (« Un jeune homme prometteur ») est aussi joliment et puissamment narré que celui qui vient de paraître aux éditions Grasset, la constante dans l’écriture confirme les talents de ce jeune homme qui tient si bien ses promesses. C’est un petit bijou d’écriture, avec un sens de la formule à la fois poétique et clairvoyant. Avec « Ce que l’homme a cru voir », il est question de culpabilité et de racines qu’on tient à ne pas déterrer, sauf à provoquer un tremblement de terre émotionnel. Simon Reijik s’apercevra bien vite qu’il est plus aisé d’effacer les mauvaises réputations sur la toile géante numérique que son passé qu’il tente d’étouffer à coups d’antidépresseurs et d’autres substances psychotropes. Sans réel effet d’ailleurs, puisqu’il suffit d’un appel téléphonique pour que les vivants et les morts resurgissent à sa conscience, jusqu’au solde de tout compte de ses émotions et de son sentiment de culpabilité.

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“L’être ou ne pas l’être”, tout Shakespeare en dérision

THÉÂTRE & CO
La compagnie “Les Voyageurs sans bagage” vient poser ses malles à l’Apollo Théâtre, jusqu’au 29 décembre 2018. La troupe belge, qui est d’abord une aventure réunissant Mohamed et Oussamah Allouchi, et Rachid Hirchi, Fionakis, fourbit son humour parodique afin de conquérir le cœur des Français avec L’être ou ne pas l’être. Cette pièce convoque des personnages emblématiques des œuvres de William Shakespeare : Richard III, Lady Anne et Catesby le serviteur (Richard III), Roméo, Juliette et Mercutio (Roméo et Juliette), Hamlet et Ophélie (Hamlet), ainsi que le dramaturge lui-même. La mise en scène des frères Mohamed et Oussamah Allouchi se concentre sur l’intensité des enjeux et l’enchaînement des actes jusqu’au précipice fatal. Leur texte aux accents classiques est saupoudré de références culturelles modernes truculentes et ne s’embarrasse pas de bien-pensance. Les comédiens, splendides dans leurs costumes d’époque, évoluent avec énergie dans l’immodération scénique physique et verbale qui donne à la pièce un résultat vivant et très réjouissant.

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“Comédiens !”, ou la mise en abyme des talents

THÉÂTRE & CO
À couper le souffle ! Librement tirée de l’opéra « Paillasse » de Ruggero Leoncavallo, qui s’est lui-même inspiré d’un fait divers, la tragi-comédie musicale « Comédiens ! » est l’un de ces spectacles qui saisissent au col et ne vous lâchent pas, bien après avoir repris vos esprits. À son dénouement, elle vous plonge dans une imprévisible stupeur et suscite une franche admiration pour le livret et les chansons d’Éric Chantelauze, la musique de Raphaël Bancou et l’implication forcenée des trois comédiens. « Forcené » n’est pas une hyperbole, mais une réalité massive et désarmante. Marion Préïté, Fabian Richard et Cyril Romoli, tels des sprinters marathoniens, jouent à une allure folle pendant une heure trente, sous la direction vigilante du metteur en scène Samuel Séné. Cette course frénétique frise l’inconcevable tant est restreint l’espace du théâtre de La Huchette, dont l’argument de la pièce ne manque pas d’user. La pièce “Comédiens !” mérite amplement d’avoir été sacrée “Meilleure Comédie Musicale 2018″ !

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“La vie rêvée de Gabrielle – Muse de Renoir”, Lyliane Mosca

CHRONIQUE
Avec « La vie rêvée de Gabrielle », Lyliane Mosca nous propose une biographie romancée qui déborde de vie, faite de couleurs et de lumière, de tendresse et de colères. Elle nous brosse le portrait de Gabrielle Renard, une femme de l’ombre que la postérité a oubliée. Pourtant, elle fut la muse la plus aimée d’Auguste Renoir qui voyait en elle l’idéal féminin. Elle est peinte sur de nombreuses toiles depuis 1894, l’année de son entrée au service des Renoir en tant que bonne, puis nourrice de Jean (le futur cinéaste). L’auteure nous livre le parcours passionnant d’une femme déterminée et si dévouée à son patron et à ses enfants qu’elle s’est peu à peu imposée comme la seconde maîtresse de maison, provoquant la jalousie d’Aline, l’épouse et l’ancien modèle du peintre. S’inspirant de faits réels, l’auteure dessine de nouvelles perspectives aux événements historiques grâce à une palette toute personnelle de personnages de caractère en quête d’amour, de beauté et d’absolus.

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