“Goodbye Wall Street”, du rire en barre

THÉÂTRE & CO
Au Théâtre du Petit Gymnase, le Studio Marie Bell retentit d’éclats d’une vie de trader passée à jongler avec l’argent des autres avec habileté et réussite. « Goodbye Wall Street » est un fringant one-man-show théâtralisé, dopé au bonheur de Fouad Reeves d’être à sa place, sur les planches. De son passé de trader sous pression, le comédien a conservé l’énergie électrique, poussé au paroxysme mais sans jamais disjoncter… complètement, qu’il polarise au profit du show. Et quel show, du grand art ! Pour relater son parcours depuis ses rêves d’enfance jusqu’aux salles de marchés à Paris et New York, il incarne à deux cents à l’heure quatorze personnages dans leurs travers caricaturés à l’outrance éloquente. Si les traits sont grossis à la loupe déformante, ils sont servis par des mots qui ne sont jamais grossiers. Ceux-ci sont plutôt aiguisés à la meule de l’intelligence pour toucher juste et bistournés de leur sens pour créer jeux de mots et situations déjantées. La performance d’artiste complet et l’intensité du texte sont amplifiées grâce à la juste folie d’une mise en scène millimétrée de Dominique Coubes.

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“Pas d’amour sans amour”, Évelyne Dress

CHRONIQUE
Avec « Pas d’amour sans amour », Evelyne Dress voulait entrer dans le vif du sujet de l’amour. Elle regrettait de n’avoir pas tout dit sur cette « génération qui a lutté pour son indépendance sexuelle, sociale et intellectuelle ». C’est chose faite et bien faite ! La frustration qu’elle éprouvait depuis le film éponyme – qu’elle a écrit et réalisé en 1993 – s’est évanouie par l’enchantement de cette comédie de mœurs drôle, à l’écriture enlevée et malicieusement coquine. La femme des années 90 s’émancipe une nouvelle fois sous sa plume énergique et sans compromis. L’auteur n’a pas l’habitude des mots plats, sans saveur ni relief. Elle le prouve encore avec ce cinquième ouvrage qui s’amuse à déjouer les périls de l’amour kleenex, trop expéditif pour accueillir la tendresse et l’attachement. Est-ce si difficile de trouver un homme… « normal » ? Attachez vos ceintures, ce roman secoue les préjugés !

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“Ma cantate à Barbara”, la grande Dame en rouge et noir

THÉÂTRE & CO
Sous les toits à l’enchevêtrement de poutres deux fois centenaires du Petit Théâtre des Variétés, une grande dame vêtue de flamboyance chante Barbara. L’intensité de son interprétation, la pointe de fragilité dans le sourire, l’urgence du débit comme l’urgence du répit, la gravité, la passion et l’humour, tout évoque Barbara. Pourtant, on n’entend qu’Anne Peko. L’interprète et la créatrice du spectacle « Ma cantate à Barbara » – avec le pianiste (et poète*) Pierre-Michel Sivadier  – ressuscite magnifiquement la grande Dame brune, tout en la réinventant avec ses propres failles et son énergie contagieuse. Tout en douceur et émotion, ce voyage qu’elle nous propose dans l’univers de Barbara vous invite à entendre ses airs les plus connus, et peut-être en découvrir et/ou redécouvrir d’autres qui le sont moins. Même les moins charmés par l’œuvre de Barbara seront captivés par cette mise en perspective musicale si inattendue.

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“Federica Ber”, Mark Greene

CHRONIQUE
Le nouveau roman de l’auteur franco-américain Mark Greene, « Federica Ber », s’affranchit du temps. Passé et présent cheminent en parallèle, se superposent et finissent par ne faire qu’un pour se projeter dans l’imaginaire. Federica Ber est le nom d’une femme qui ressurgit du fond de la mémoire du narrateur à l’occasion d’un fait divers survenu en Italie, lu dans un journal. Un homme portant cravate et une femme portant collier de perles ont été retrouvés au pied d’une muraille rocheuse des Dolomites. Ils étaient attachés l’un à l’autre, unis dans la mort comme ils l’étaient dans la vie. Entre suicide ou assassinat, les carabiniers semblent avoir fait leur choix. Ils suspectent une randonneuse : Federica Bersaglieri. Cette même Federica que le narrateur a connu il y a vingt ans. Pour lui, c’est la même, sans aucun doute. Il ne peut y en avoir deux comme elle. Celle qui lui a fait aimer les toits de Paris pouvait très bien avoir fait aimer la montagne à ce couple d’architectes en vogue. C’est ce que nous relate le personnage narrateur, dont on ne sait presque rien, sauf qu’un joli feu-follet a traversé sa vie, y laissant une multitude de questions et déclenchant des émotions jusqu’alors jamais ressenties. Un roman intense qui ennoblit l’attente.

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“L’architecte et l’Empereur d’Assyrie”, une pesée des âmes digne d’Arrabal

THÉÂTRE & CO
Qui ne connaît pas l’œuvre du dramaturge Fernando Arrabal peut être surpris et désorienté par « L’architecte et l’empereur d’Assyrie », drame qui confronte le monde civilisé à l’usure de la solitude d’une île déserte à deux. Créée en 1967 à Paris au théâtre Montparnasse, cette pièce déjantée, à l’humour décalé, apparemment sans queue ni tête, joue sa dernière ce 29 octobre au théâtre Darius Milhaud dans l’attente d’un autre « asile ». Le metteur en scène Oscar Sisto l’a quelque peu adaptée à l’actualité de ce nouveau millénaire, en conservant le style mordant, incisif, qui se complaît dans la crudité/cruauté des mots et des situations. L’écriture ne prémâche pas leur sens, mais les donne en pâture des tensions libérées qui font voler en éclat les frontières de l’interdit. L’outrance est omniprésente, mais qu’elle est belle et jubilatoire ! Elle s’incruste partout, dans les regards que s’échangent les deux comédiens (Oscar Sisto et Johann Piritua), dans le sens des paroles, dans le langage des corps, jusque dans les pensées qu’on voit plisser au coin des yeux et des sourires entendus. Une densité de jeu à la fois subtile et animale qui se rencontre rarement.

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“Sang famille”, Michel Bussi

CHRONIQUE
Le titre comme le contenu rappelle le livre d’Hector Malot, « Rémy sans famille » et souffle un petit air lancinant dans la tête. Michel Bussi en joue sciemment. Au-delà de cette volonté de se rapprocher d’un classique, « Sang famille » met en jeu un orphelin en quête de filiation, qui se confronte au passé de son père et de ses associés sans foi ni loi. Réédité aux éditions Presse de la Cité, ce roman d’aventures est paru il y a dix ans aux éditions des Falaises. En le retravaillant, Michel Bussi a été frappé de constater que ce premier roman contenait déjà ses thèmes de prédilection (la filiation, l’adolescence, la manipulation…), comme il le raconte dans une préface qui explique la genèse de cette réédition. À ces thèmes, ajoutons une île normande imaginaire, des secrets de famille, une légende sur un trésor enfoui dans des souterrains et une bande de copains intrépides aux caractères affirmés, qui rappelle “Le Club des Cinq”. Ce sont autant d’ingrédients pour accrocher l’intérêt des lecteurs, tant adolescents qu’adultes.

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“C’est pourtant simple”, le plaisir de tout compliquer

THÉÂTRE & CO
Au théâtre Edgar, le mensonge veut faire sa loi. Il complique tout avec délice dans « C’est pourtant simple », la première pièce de l’auteure Sophie Brachet. Fan de boulevards depuis « Au Théâtre ce soir » et de la truculente Jacqueline Maillan, c’est dire si ces sources d’inspiration n’ont pas manqué à cette nouvelle auteure qui fait ses premiers pas dans l’univers du spectacle vivant ! Sa comédie explore avec envie et énergie les ressorts de la manipulation. La plume est débordante, vivace et incisive ; les situations survoltées à l’envi. Menée tambour battant par la belle humeur guerrière de Marion Game (Simone Vanier) et de la présence fort guillerette de Geneviève Gil (Madame Pinson), l’histoire évoque l’adultère et les illusions perdues, la vieillesse et l’appétit de vivre, la quête d’identité et la reconnaissance en paternité. Que de thèmes porteurs qui émergent de la folle ambiance de « C’est pourtant simple » !

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“Les promesses de l’âge”, Perla Servan-Schreiber

CHRONIQUE
Au fil des pages des « Promesses de l’âge », chez Flammarion, Perla Servan-Schreiber répète à l’envi qu’elle aime son âge. Elle a 75 ans et elle en assume tous les aspects, aussi bien négatifs que positifs. Car, oui, sachez-le, on peut vieillir dans la joie et la plénitude des années qui se remplissent d’instants vécus en pleine conscience. C’est là où réside le secret de Perla. La pleine conscience des heures qui passent, des instantanés fugaces, un sourire, une main tendue, un bouton de rose qui éclot, un vol de perdrix dans la brume. Chacun a ses moments à lui, il suffit d’entraîner ses sens à cette recherche active du plaisir et du beau. Il y a une certaine urgence à vivre sereinement dans cet ouvrage, à vivre bien, au mieux possible de sa santé, ce qui n’est pas toujours aisé, ni inné. C’est du travail, en vérité, mais il est, selon Perla Servan-Schreiber, tellement bénéfique ! Au prix de certains renoncements, si minimes d’ailleurs puisque les goûts et les exigences évoluent avec les années, les découvertes sont à la portée de tous et de toutes. N’est-ce pas excitant ?

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“Hard”, du porno pour de rire

THÉÂTRE & CO
Librement inspirée de la série de Cathy Verney, diffusée sur Canal+, « Hard », au théâtre Renaissance, est une comédie sur l’univers du porno qui fait exploser tous les verrous de la pudeur. Avec une adaptation à l’humour décapant de Bruno Gaccio – l’auteur des savoureux Guignols de l’info – et une mise en scène dévergondée au millimètre près, de Nicolas Briançon, le divertissement est à la hauteur des espérances. Que dis-je ! Il n’est pas seulement à la hauteur, il défonce… l’applaudimètre à coups de situations ubuesques, où Cupidon – sûrement en état d’ébriété – arrangera une rencontre entre Roy Lapoutre, héros du slip au cœur tendre, et Sophie, une veuve éplorée légèrement coincée du… bénitier. Et la morale dans tout ça, me direz-vous ? Mais elle est là, elle transpire de partout puisque le scénario décrit, dans ce champ lexical très coloré du métier du porno, la victoire de l’amour envers et contre tous les préjugés !

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“Ce que l’homme a cru voir”, Gautier Battistella

CHRONIQUE
« Ce que l’homme a cru voir » est le deuxième roman de Gautier Battistella. Si le premier (« Un jeune homme prometteur ») est aussi joliment et puissamment narré que celui qui vient de paraître aux éditions Grasset, la constante dans l’écriture confirme les talents de ce jeune homme qui tient si bien ses promesses. C’est un petit bijou d’écriture, avec un sens de la formule à la fois poétique et clairvoyant. Avec « Ce que l’homme a cru voir », il est question de culpabilité et de racines qu’on tient à ne pas déterrer, sauf à provoquer un tremblement de terre émotionnel. Simon Reijik s’apercevra bien vite qu’il est plus aisé d’effacer les mauvaises réputations sur la toile géante numérique que son passé qu’il tente d’étouffer à coups d’antidépresseurs et d’autres substances psychotropes. Sans réel effet d’ailleurs, puisqu’il suffit d’un appel téléphonique pour que les vivants et les morts resurgissent à sa conscience, jusqu’au solde de tout compte de ses émotions et de son sentiment de culpabilité.

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“L’être ou ne pas l’être”, tout Shakespeare en dérision

THÉÂTRE & CO
La compagnie “Les Voyageurs sans bagage” vient poser ses malles à l’Apollo Théâtre, jusqu’au 29 décembre 2018. La troupe belge, qui est d’abord une aventure réunissant Mohamed et Oussamah Allouchi, et Rachid Hirchi, Fionakis, fourbit son humour parodique afin de conquérir le cœur des Français avec L’être ou ne pas l’être. Cette pièce convoque des personnages emblématiques des œuvres de William Shakespeare : Richard III, Lady Anne et Catesby le serviteur (Richard III), Roméo, Juliette et Mercutio (Roméo et Juliette), Hamlet et Ophélie (Hamlet), ainsi que le dramaturge lui-même. La mise en scène des frères Mohamed et Oussamah Allouchi se concentre sur l’intensité des enjeux et l’enchaînement des actes jusqu’au précipice fatal. Leur texte aux accents classiques est saupoudré de références culturelles modernes truculentes et ne s’embarrasse pas de bien-pensance. Les comédiens, splendides dans leurs costumes d’époque, évoluent avec énergie dans l’immodération scénique physique et verbale qui donne à la pièce un résultat vivant et très réjouissant.

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“Comédiens !”, ou la mise en abyme des talents

THÉÂTRE & CO
À couper le souffle ! Librement tirée de l’opéra « Paillasse » de Ruggero Leoncavallo, qui s’est lui-même inspiré d’un fait divers, la tragi-comédie musicale « Comédiens ! » est l’un de ces spectacles qui saisissent au col et ne vous lâchent pas, bien après avoir repris vos esprits. À son dénouement, elle vous plonge dans une imprévisible stupeur et suscite une franche admiration pour le livret et les chansons d’Éric Chantelauze, la musique de Raphaël Bancou et l’implication forcenée des trois comédiens. « Forcené » n’est pas une hyperbole, mais une réalité massive et désarmante. Marion Préïté, Fabian Richard et Cyril Romoli, tels des sprinters marathoniens, jouent à une allure folle pendant une heure trente, sous la direction vigilante du metteur en scène Samuel Séné. Cette course frénétique frise l’inconcevable tant est restreint l’espace du théâtre de La Huchette, dont l’argument de la pièce ne manque pas d’user. La pièce “Comédiens !” mérite amplement d’avoir été sacrée “Meilleure Comédie Musicale 2018″ !

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“La vie rêvée de Gabrielle – Muse de Renoir”, Lyliane Mosca

CHRONIQUE
Avec « La vie rêvée de Gabrielle », Lyliane Mosca nous propose une biographie romancée qui déborde de vie, faite de couleurs et de lumière, de tendresse et de colères. Elle nous brosse le portrait de Gabrielle Renard, une femme de l’ombre que la postérité a oubliée. Pourtant, elle fut la muse la plus aimée d’Auguste Renoir qui voyait en elle l’idéal féminin. Elle est peinte sur de nombreuses toiles depuis 1894, l’année de son entrée au service des Renoir en tant que bonne, puis nourrice de Jean (le futur cinéaste). L’auteure nous livre le parcours passionnant d’une femme déterminée et si dévouée à son patron et à ses enfants qu’elle s’est peu à peu imposée comme la seconde maîtresse de maison, provoquant la jalousie d’Aline, l’épouse et l’ancien modèle du peintre. S’inspirant de faits réels, l’auteure dessine de nouvelles perspectives aux événements historiques grâce à une palette toute personnelle de personnages de caractère en quête d’amour, de beauté et d’absolus.

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“Plaidoiries”, magistral et fascinant

THÉÂTRE & CO
Un seul-en-scène remarquable pour des plaidoiries édifiantes. Au théâtre Antoine, avec une rare intensité, se rejouent jusqu’au 17 novembre 2018 cinq grandes affaires judiciaires retentissantes. Richard Berry y revêt la robe d’avocat pour près d’une heure quinze plaidant ou accusant, avec une humanité et une modestie qui lui confèrent une crédibilité saisissante. Du magistral à la mesure des enjeux de société qu’ont induits ces procès ! Inspiré du livre de Matthieu Aron « Les grandes plaidoiries des ténors du barreau », ces affaires ont en effet été choisies pour leur impact sur la société durant ces quarante dernières années. Cinq procès entendent cinq textes ciselés, diablement articulés, qui donnent aux mots le superpouvoir de convaincre et d’émouvoir, nettement, simplement, sans fioritures, sans bavure. Leur objectif premier étant de « ramener l’accusé dans la communauté des hommes ».

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“Pervers”, Jean-Luc Barré

CHRONIQUE
« Marlioz considère la fiction comme supérieure à la vie. » Ainsi posé, ce postulat ouvre grand le champ des possibles narratif. Pour « Pervers », son premier roman, l’historien et éditeur Jean-Luc Barré* s’empare de son sujet de prédilection – les faux-semblants et les secrets liés au pouvoir – pour sonder les profondeurs de la perversité dans le processus de créativité. Si des écrivains s’inspirent de leur vécu ou du vécu d’autrui comme matériau de travail, l’auteur de fiction Victor Marlioz manipule son entourage pour susciter les drames, les observer et les narrer dans un roman au style froid et implacable. Est-ce une réaction démesurée à un défaut d’imagination ou est-ce dû à une propension maladive à maîtriser son monde ? Le lecteur sera le seul juge. Jean-Luc Barré développe ce thème du pouvoir et de la manipulation jusqu’à la pire des extrémités : la mort par plume interposée.

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“Intra Muros”, ou la traversée des émotions

THÉÂTRE & CO
Quatrième pièce d’Alexis Michalik, « Intra Muros » concentre son action en milieu carcéral, dans une centrale, où la rage et la prostration sont les ultimes défenses contre un mal plus grand qui ronge de l’intérieur. Et que le temps « libre » qui s’étire en vain accentue. Jusqu’au 28 février 2019, le théâtre de la Pépinière revêt les atours spartiates d’une prison réservée aux condamnés les plus dangereux et effectuant de longues peines. Par une construction ingénieuse en tiroirs, le scénario déverrouille les portes du voyage intemporel pour que s’échappent des souvenirs cadenassés, en souffrance. C’est ainsi que se rencontrent, se confrontent, s’enchâssent et se raccommodent, dans le verbe et le jeu de rôles, cinq existences.

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