“Pas d’amour sans amour”, Évelyne Dress

CHRONIQUE
Avec « Pas d’amour sans amour », Evelyne Dress voulait entrer dans le vif du sujet de l’amour. Elle regrettait de n’avoir pas tout dit sur cette « génération qui a lutté pour son indépendance sexuelle, sociale et intellectuelle ». C’est chose faite et bien faite ! La frustration qu’elle éprouvait depuis le film éponyme – qu’elle a écrit et réalisé en 1993 – s’est évanouie par l’enchantement de cette comédie de mœurs drôle, à l’écriture enlevée et malicieusement coquine. La femme des années 90 s’émancipe une nouvelle fois sous sa plume énergique et sans compromis. L’auteur n’a pas l’habitude des mots plats, sans saveur ni relief. Elle le prouve encore avec ce cinquième ouvrage qui s’amuse à déjouer les périls de l’amour kleenex, trop expéditif pour accueillir la tendresse et l’attachement. Est-ce si difficile de trouver un homme… « normal » ? Attachez vos ceintures, ce roman secoue les préjugés !

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“Federica Ber”, Mark Greene

CHRONIQUE
Le nouveau roman de l’auteur franco-américain Mark Greene, « Federica Ber », s’affranchit du temps. Passé et présent cheminent en parallèle, se superposent et finissent par ne faire qu’un pour se projeter dans l’imaginaire. Federica Ber est le nom d’une femme qui ressurgit du fond de la mémoire du narrateur à l’occasion d’un fait divers survenu en Italie, lu dans un journal. Un homme portant cravate et une femme portant collier de perles ont été retrouvés au pied d’une muraille rocheuse des Dolomites. Ils étaient attachés l’un à l’autre, unis dans la mort comme ils l’étaient dans la vie. Entre suicide ou assassinat, les carabiniers semblent avoir fait leur choix. Ils suspectent une randonneuse : Federica Bersaglieri. Cette même Federica que le narrateur a connu il y a vingt ans. Pour lui, c’est la même, sans aucun doute. Il ne peut y en avoir deux comme elle. Celle qui lui a fait aimer les toits de Paris pouvait très bien avoir fait aimer la montagne à ce couple d’architectes en vogue. C’est ce que nous relate le personnage narrateur, dont on ne sait presque rien, sauf qu’un joli feu-follet a traversé sa vie, y laissant une multitude de questions et déclenchant des émotions jusqu’alors jamais ressenties. Un roman intense qui ennoblit l’attente.

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“Sang famille”, Michel Bussi

CHRONIQUE
Le titre comme le contenu rappelle le livre d’Hector Malot, « Rémy sans famille » et souffle un petit air lancinant dans la tête. Michel Bussi en joue sciemment. Au-delà de cette volonté de se rapprocher d’un classique, « Sang famille » met en jeu un orphelin en quête de filiation, qui se confronte au passé de son père et de ses associés sans foi ni loi. Réédité aux éditions Presse de la Cité, ce roman d’aventures est paru il y a dix ans aux éditions des Falaises. En le retravaillant, Michel Bussi a été frappé de constater que ce premier roman contenait déjà ses thèmes de prédilection (la filiation, l’adolescence, la manipulation…), comme il le raconte dans une préface qui explique la genèse de cette réédition. À ces thèmes, ajoutons une île normande imaginaire, des secrets de famille, une légende sur un trésor enfoui dans des souterrains et une bande de copains intrépides aux caractères affirmés, qui rappelle “Le Club des Cinq”. Ce sont autant d’ingrédients pour accrocher l’intérêt des lecteurs, tant adolescents qu’adultes.

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“Les promesses de l’âge”, Perla Servan-Schreiber

CHRONIQUE
Au fil des pages des « Promesses de l’âge », chez Flammarion, Perla Servan-Schreiber répète à l’envi qu’elle aime son âge. Elle a 75 ans et elle en assume tous les aspects, aussi bien négatifs que positifs. Car, oui, sachez-le, on peut vieillir dans la joie et la plénitude des années qui se remplissent d’instants vécus en pleine conscience. C’est là où réside le secret de Perla. La pleine conscience des heures qui passent, des instantanés fugaces, un sourire, une main tendue, un bouton de rose qui éclot, un vol de perdrix dans la brume. Chacun a ses moments à lui, il suffit d’entraîner ses sens à cette recherche active du plaisir et du beau. Il y a une certaine urgence à vivre sereinement dans cet ouvrage, à vivre bien, au mieux possible de sa santé, ce qui n’est pas toujours aisé, ni inné. C’est du travail, en vérité, mais il est, selon Perla Servan-Schreiber, tellement bénéfique ! Au prix de certains renoncements, si minimes d’ailleurs puisque les goûts et les exigences évoluent avec les années, les découvertes sont à la portée de tous et de toutes. N’est-ce pas excitant ?

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“Ce que l’homme a cru voir”, Gautier Battistella

CHRONIQUE
« Ce que l’homme a cru voir » est le deuxième roman de Gautier Battistella. Si le premier (« Un jeune homme prometteur ») est aussi joliment et puissamment narré que celui qui vient de paraître aux éditions Grasset, la constante dans l’écriture confirme les talents de ce jeune homme qui tient si bien ses promesses. C’est un petit bijou d’écriture, avec un sens de la formule à la fois poétique et clairvoyant. Avec « Ce que l’homme a cru voir », il est question de culpabilité et de racines qu’on tient à ne pas déterrer, sauf à provoquer un tremblement de terre émotionnel. Simon Reijik s’apercevra bien vite qu’il est plus aisé d’effacer les mauvaises réputations sur la toile géante numérique que son passé qu’il tente d’étouffer à coups d’antidépresseurs et d’autres substances psychotropes. Sans réel effet d’ailleurs, puisqu’il suffit d’un appel téléphonique pour que les vivants et les morts resurgissent à sa conscience, jusqu’au solde de tout compte de ses émotions et de son sentiment de culpabilité.

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“La vie rêvée de Gabrielle – Muse de Renoir”, Lyliane Mosca

CHRONIQUE
Avec « La vie rêvée de Gabrielle », Lyliane Mosca nous propose une biographie romancée qui déborde de vie, faite de couleurs et de lumière, de tendresse et de colères. Elle nous brosse le portrait de Gabrielle Renard, une femme de l’ombre que la postérité a oubliée. Pourtant, elle fut la muse la plus aimée d’Auguste Renoir qui voyait en elle l’idéal féminin. Elle est peinte sur de nombreuses toiles depuis 1894, l’année de son entrée au service des Renoir en tant que bonne, puis nourrice de Jean (le futur cinéaste). L’auteure nous livre le parcours passionnant d’une femme déterminée et si dévouée à son patron et à ses enfants qu’elle s’est peu à peu imposée comme la seconde maîtresse de maison, provoquant la jalousie d’Aline, l’épouse et l’ancien modèle du peintre. S’inspirant de faits réels, l’auteure dessine de nouvelles perspectives aux événements historiques grâce à une palette toute personnelle de personnages de caractère en quête d’amour, de beauté et d’absolus.

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“Pervers”, Jean-Luc Barré

CHRONIQUE
« Marlioz considère la fiction comme supérieure à la vie. » Ainsi posé, ce postulat ouvre grand le champ des possibles narratif. Pour « Pervers », son premier roman, l’historien et éditeur Jean-Luc Barré* s’empare de son sujet de prédilection – les faux-semblants et les secrets liés au pouvoir – pour sonder les profondeurs de la perversité dans le processus de créativité. Si des écrivains s’inspirent de leur vécu ou du vécu d’autrui comme matériau de travail, l’auteur de fiction Victor Marlioz manipule son entourage pour susciter les drames, les observer et les narrer dans un roman au style froid et implacable. Est-ce une réaction démesurée à un défaut d’imagination ou est-ce dû à une propension maladive à maîtriser son monde ? Le lecteur sera le seul juge. Jean-Luc Barré développe ce thème du pouvoir et de la manipulation jusqu’à la pire des extrémités : la mort par plume interposée.

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“La petite musique de Jeanne”, Ethel Salducci

CHRONIQUE
Après son recueil de nouvelles “Singulière Agape”, aux éditions Luce Wilquin, Ethel Salducci revient au-devant de la scène littéraire avec un premier roman “La petite musique de Jeanne”, chez ce même éditeur belge. À découvrir Jeanne et sa petite musique qui bat la mesure d’un cœur ardent et blessé, le lecteur y reconnaîtra la même légèreté, la même poésie narrative. L’écriture, comme l’histoire, est simple, et pourtant elle est chargée de la vie et de ses émotions universelles qui touchent par sa délicatesse. Cette constance dans le style renvoie à la personnalité de l’auteure, d’un vécu esquissé, d’une maturité affermie de bienveillance et de respect à l’égard du genre humain. Ethel Salducci nous montre à voir Jeanne et ses premiers pas dans la vie, depuis son adolescence dans les années 90 jusqu’à nos jours, au travers d’une passion : le trombone. Et d’un leitmotiv : le détachement dans ses relations.

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“Le Jardin d’Orléans”, Catherine Saulieu

CHRONIQUE
“Le Jardin d’Orléans” relate la saga familiale des Legros-Magloire, de riches bourgeois dijonnais réfugiés à Oran dans un XIXe siècle finissant, après la ruine de leur fabrique de moutarde. Cette histoire privée aurait pu le rester si Catherine Saulieu ne s’était penchée sur les Mémoires de son grand-père Joseph Magloire, un récit d’un peu plus de trois cents pages, minutieusement reliées, qui s’étend de 1870 à 1945 et se déroule en France et en Algérie. L’héritière de cette histoire sur plusieurs générations ne se contente pas d’évoquer les événements familiaux, les convictions religieuses et politiques, et de dépeindre les personnalités tranchées et extrémistes des protagonistes, elle les examine à la loupe des mentalités d’alors pour mesurer l’aveuglement et le déni de ce grand-père dévot, antisémite et nationaliste. Ce récit bâti comme un docu-fiction est d’un intérêt sociologique et historique certain, car se faisant l’écho d’une société française d’expatriés par l’exposition d’un “cas d’école”.

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“Un tout petit caillou”, Cendrine Varet

CHRONIQUE
Une plume alerte pour “Un tout petit caillou” qui dévale avec légèreté le versant cœur du lecteur. Avec son premier roman, audacieux par son sujet, Cendrine Varet pénètre le monde de la vieillesse et de la fin de vie à pas déterminés, mais sans voyeurisme. Elle pousse pour nous la porte du quotidien d’une maison de retraite où le Petit Vieux vient d’être intégré. Il ne peut plus vivre seul, là-haut dans ses montagnes avec Alibi, son fidèle compagnon à quatre pattes. Mais il est bien connu que les animaux ne sont pas acceptés dans une MDR – entendre mort de rire pour maison de retraite –, comme l’appelle le Petit Vieux qui entremêle le plaisir de l’ironie et l’humeur bougonne avec l’acharnement de la survie. Comme pour retenir le fil de son existence solitaire qui s’effiloche malgré lui, décidé qu’il est à mener une lutte sans merci contre sa “tu meurs” au cerveau… au moins jusqu’à l’heure de sa mort, qu’il entend choisir, loin, là-haut, dans ses montagnes, avec son chien. Mais la partie est loin d’être gagnée : les cerbères veillent !

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“Souvenirs involontaires”, Madeleine Chapsal

CHRONIQUE
Écrivain très prolifique, Madeleine Chapsal a enchaîné une centaine de livres en quarante-cinq ans. Des romans, des essais, des pièces de théâtre… C’est à l’âge de quarante ans passés que la journaliste à L’Express “se risque en littérature”, comme elle le confie dans son autobiographie “Souvenirs involontaires”, qui vient de paraître aux éditions Fayard. Son premier roman, “Un été sans histoire”, paru en 1973, connaît un succès fulgurant. Elle les enchaînera avec frénésie, suivant le courant agité de sa vie, de ses propres histoires d’amour et de son mal-être. Car, dans chacun de ses récits, c’est un bout de ses peines et de ses bonheurs qu’elle livre à travers ses héroïnes. À tant dire sur elle-même, restait-il encore un pan de douleur non abordé ou une faille personnelle non élucidée ? “Souvenirs involontaires” ne se pose pas en ces termes. C’est un récit introspectif sans masque fictif qui viendrait édulcorer une réalité brute – ou brutale ? –, qu’une projection narrative ne peut épuiser. Ce récit se découvre comme le puzzle d’une vie enfin reconstitué, une unité inédite formée de fragments connus à travers des héroïnes, de fait reléguées à bien pâles copies face à l’original.

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“L’Épicerie”, Marie d’Hauthuille

CHRONIQUE
Si vous cherchez un bon roman du terroir pour égayer vos vacances d’été, je vous conseille une petite halte en Dordogne, délicieuse, dépaysante et singulière, sous la plume voyageuse de Marie d’Hauthuille. Son premier roman, “L’Épicerie”, nous entraîne dans une histoire fantastique où passé et présent se confondent grâce à une curieuse épicerie, dont la belle devanture de bois peint est classée. Elle se situe à Saint-Cybard, une charmante bastide avec son église aux vestiges remarquables, sa placette sous les couverts avec un puits au centre, le café des Cornières sous les arcades et des habitants soudés par un secret : tout originaire de cette bourgade est projeté au temps de l’Occupation, dès qu’il franchit le seuil de l’épicerie. Les étrangers de Saint-Cybard, eux, peuvent pénétrer dans ce magasin transformé en supérette flambant neuve pour y faire leurs emplettes. Une malédiction ? Plutôt un appel à la réparation d’un destin contrarié en 1945.

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“Bérets noirs, Bérets rouges”, Michel Zink

CHRONIQUE
Avec son roman “Bérets noirs Bérets rouges”, l’auteur Michel Zink, professeur honoraire au Collège de France et élu en décembre 2017 à l’Académie française, noue son intrigue autour des temps troublés de la Libération et de la guerre l’Algérie. Par une succession de flash-back épistolaires, Bruno Wolf, un professeur parisien septuagénaire, relate ses souvenirs d’enfance à M. Chavasson, un notable sexagénaire expert-comptable qui ne comprend pas sa démarche. Il évoque ses amis d’enfance, Félix et Zoé, ses premiers émois avec Zoé, la violence sociale et politique dans laquelle ils baignaient alors. Une sorte de dialogue de sourds s’instaure pendant que la vie des deux orphelins se déroule, prenant ses racines à la Libération et s’achevant avec la guerre d’Algérie. Détenteur d’une partie de leur secret, Bruno Wolf s’entête à le restituer coûte que coûte, mais à sa manière, lente et ampoulée, faisant fi de la condescendance de son interlocuteur qui le surnomme “le petit vieux monsieur” : il attend de ce dernier le fin mot de l’histoire. Mme Chavasson, séduite par ses bonnes manières, l’y aidera.

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“Mon frère”, Daniel Pennac

CHRONIQUE
Avec “Mon frère”, Daniel Pennac revient à réminiscence feutrée sur l’homme qui lui a prodigué un amour discret, serein et attentionné. Un grand frère de cinq ans son aîné et un guide aussi qui l’a entraîné à sa suite à la cueillette des mots sur le chemin de la connaissance. Ce grand frère, le préféré de sa famille, lui a appris à parler et à écouter ses silences entrecoupés de bonnes tranches d’humour décalé, mais aussi et surtout à aimer lire, à commenter les livres, et donc à en écrire. Bernard le mélancolique est parti pour un ailleurs il y a dix ans, trop tôt, fatalité d’une erreur médicale, mais l’écho de sa présence continue de faire raisonner la vie et l’écriture de Daniel. Cet ouvrage réécrit la complicité des deux frères, rejouant à coups de répliques saillantes des fragments de souvenirs aussi fugaces que démonstratifs dans cette évidence d’amour. Un amour non déclamé, mais murmuré entre les lignes, que la petite brise de la reconnaissance fait bruisser pudiquement.

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“La Vallée des oranges”, Béatrice Courtot

CHRONIQUE
Depuis cinq ans, les éditions Charleston organisent le Prix du Livre romantique qui offre la publication à un manuscrit sélectionné par un jury présidé par Marie Vareille. Cette année 2018 voit la distinction de “La Vallée des oranges”, premier roman de Béatrice Courtot. Pour être retenu, le récit doit se couler dans la ligne éditoriale de l’éditeur, c’est-à-dire une histoire mettant en scène une héroïne fière, forte et libre. Pour ce cru-là, elles seront deux, unies par les liens du sang et la passion de la pâtisserie. Cette romance à deux voix est la rencontre d’Anaïs et de Magdalena que deux générations séparent. Une rencontre qui va mener la première sur les traces de la seconde, une courageuse arrière-grand-mère, résistante durant la guerre civile à Majorque, en 1936.

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“Cadavre, vautours et poulet au citron”, Guillaume Chérel

CHRONIQUE
Après l’originalité décalée d'”Un très bon écrivain est un écrivain mort”, Guillaume Chérel poursuit son grand bonhomme de chemin avec un polar massif qui fleure le fumet parodique, intitulé “Cadavre, vautours et poulet au citron”. Le décalage narratif est cette fois encore de rigueur, comme le climat de la Mongolie où se situe l’action. Le dépaysement fouette le visage et brûle la couenne des personnages, mais également des lecteurs. Ce pays rugueux s’offre sans retenue, comme les prostituées dans les bars tous borgnes. Car, là-bas, dans ce pays du bout du monde – ou de fin du monde –, qui ne boit pas n’est pas un homme. Bastons, beuveries, dégrisement dans le stupre voisinent avec la fourberie, les coups foireux, l’éclosion d’un amour vache sous la yourte et de sombres histoires de gros sous. Mais quand Jérôme Beauregard va-t-il passer à l’action ? Si l’attente est insoutenable, elle prépare aux actions musclées d’une enquête qui se mène quasi toute seule, par la simple imbrication d’événements. Pour compenser les coups de retard ou dans le pif, le détective applique la loi du Talion. Quand il le faut, il sait rentrer dans le lard ! Tout comme l’auteur qui ne donne pas dans la demi-mesure ! Écriture décidément très contemporaine, volcanique, directe, elle distribue les uppercuts comme il lève le bras : “Vous reprendrez bien un verre ?”

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