Ces jours qui ne sont plus, Françoise d'Oirgny, éditions Fauve

“Ces jours qui ne sont plus”, Françoise d’Origny

CHRONIQUE
Avec “Ces jours qui ne sont plus”, Françoise d’Origny pose un regard sincère et lucide, mais aussi amusé et sans concession, sur une vie personnelle intense et l’évolution d’une époque fastueuse révolue. Aristocrate, sportive et artiste-peintre, l’auteure a suivi le sillage de ses parents (anciens résistants de la première heure) qu’elle vénérait comme des dieux en faisant montre de fidélité à ses principes, de courage, de devoir… et de caractère. Son frère Henri et elle n’ont pas été étouffés de baisers, mais ont reçu une éducation stricte qui ne tolérait aucun manquement. Ce dont elle les remercie. Cette éducation lui a permis d’affronter une vie très exigeante faite de conventions, de protocoles et de bienséance. Mais aussi surprenante et rocambolesque. Devenue Comtesse d’Harcourt, après un mariage plus teinté d’entente cordiale que d’amour, Françoise d’Origny a osé divorcer pour rencontrer quelques années plus tard l’amour dans les beaux yeux d’un scientifique.

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« Un bon écrivain est un écrivain mort », Guillaume Chérel

CHRONIQUE
Mystères et parodie pour un roman qui vient de paraître chez J’ai lu. Dans « Un bon écrivain est un écrivain mort», Guillaume Chérel affûte sa plume à l’inspiration railleuse. S’il est amoureux des livres et des auteurs… dont l’Histoire dorlote les œuvres, rien n’est moins sûr pour ce qui est des auteurs vivants ! Avec une franche et facétieuse liberté, le journaliste brocarde dix écrivains contemporains très médiatiques, non sans tordre astucieusement leur patronyme. Parité oblige, cinq femmes et cinq hommes sont invités à participer à une conférence dans un ancien monastère devenu une résidence d’auteurs. Leur hôte milliardaire ménage le mystère sur son identité que renforce son absence. Dans une atmosphère balançant entre « Le Nom de la rose » et « Le mystère de la chambre jaune », ce roman confronte les célébrités de la plume à leurs travers jusqu’à ce que mort s’ensuive… ou pas ! À travers ce brûlot, dans lequel il ne s’épargne pas, Guillaume Chérel commet là un roman gonflé, très drôle et original mais qui, en filigrane, interroge l’enjeu originel de l’écriture.

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Le père Denoël est-il une ordure? Gordon Zola, édition le Léopard démasqué

“Le père Denoël est-il une ordure ?”, Gordon Zola

CHRONIQUE
Comment résister à un ovni littéraire, qui vient d’être réédité aux éditions du Léopard masqué ? Sous prétexte d’en rire, “Le père Denoël est-il une ordure ?” est une affaire on ne peut plus sérieuse. L’auteur Gordon Zola relate, documents à l’appui, le mystérieux assassinat, à ce jour non encore élucidé, de l’éditeur Robert Denoël. C’est que le père Denoël s’est compromis en collaborant. Pire ! La Commission consultative d’épuration de l’édition, constituée d’auteurs se clamant irréprochables, le condamne pour avoir notamment publié Louis-Ferdinand Céline. Mais l’éditeur prépare sa défense : il a consigné dans son carnet noir des éléments impliquant des confrères. Seulement, le 2 décembre 1945, il range sa voiture boulevard des Invalides à la suite d’une crevaison, sort le cric et la manivelle, envoie sa maîtresse Jeanne Loviton chercher un taxi et est abattu d’une balle dans le dos. À défaut de témoins directs, l’enquête conclut à une agression pour vol qui aura mal tourné. La ficelle est grosse, la veuve se tue à le clamer… et peut-être aussi Maître Lucien Bonplaisir, avocat de l’édition et ardent défenseur des femmes tondues et de belles éplorées.

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Stéphanie Halperson, éditions La Bruyère, chronique littéraire, PrestaPlume

“Un peu d’ailleurs pour ici”, Stéphanie Halperson

CHRONIQUE
La dépression, une terrible chance à saisir pour avancer ? Dans “Un peu d’ailleurs pour ici”, Stéphanie Halperson partage le témoignage de cette quête optimiste pour (re)trouver le goût de vivre. Si l’ouvrage est un poids plume, le contenu est dense. L’auteure analyse les événements familiaux qui l’ont construite : l’enfance blessée par la séparation de ses parents, l’image idéalisée d’un père qui l’a déçue, l’héritage des secrets transmis dans l’inconscient, de génération en génération. Stéphanie est jeune et ambitieuse, affiche une vitalité contagieuse. Seulement la lassitude la gagne, grignote son quotidien, préparant le terrain à la dépression. C’est l’incompréhension ! Alors elle s’interroge. Les pistes ne manquent pas. Mais beaucoup sont des impasses, des traquenards, des fausses bonnes idées, car il faut trouver son chemin dans la multitude de voies que proposent notre siècle malade de son âme. Ce livre touche par la délicatesse de son écriture, la justesse des réflexions et l’abandon de son auteure que le lecteur vit comme une offrande.

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Entrez dans la danse, éditions julliard, chronique littéraire, Jean Teulé

“Entrez dans la danse”, Jean Teulé

CHRONIQUE
Jean Teulé n’a pas son pareil pour donner au sordide et à l’horreur une dimension poétiquement démentielle. Dans la lignée des “Mangez-le si vous voulez” ou “Héloïse, ouille !”, son nouveau roman “Entrez dans la danse”, aux éditions Julliard, gratte le fonds des casseroles de l’Histoire, afin de la réinventer en une fable cynique et irrévérencieuse, triviale et recherchée. On reconnaît la signature stylistique de l’auteur qui n’aime rien tant que de reconnaître de la beauté en du vulgaire… à moins que cela soit l’inverse ! Là encore, il vient donc exhumer des archives une chronique alsacienne de 1519 qui décrit un événement hallucinant, à une époque de grande famine et d’extrême pauvreté. Des habitants de Strasbourg réduit à la misère noire se mettent à danser jusqu’à ce que mort s’ensuive. Une danse macabre qui se répand comme une épidémie, l’épidémie de la misère quand le néant remplace l’avenir. Une réflexion sur le désespoir, détonante et critique.

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“Dernières nouvelles du futur”, Patrice Franceschi

CHRONIQUE
Vers quels horizons se dirige-t-on ? Si nombre d’auteurs comme Orwell et Huxley les ont déjà imaginés, cette question existentielle demeure prégnante. Alors malade de ses dérives, notre monde se débat à coups de progrès pour devenir meilleur, s’échinant à approcher le bonheur, ce contentement de l’être qui connaîtrait – enfin ! – le Paradis sur terre. Un paradis fiscal, sécuritaire, économique, égalitaire, mais un paradis habité d’hommes et de femmes qui auraient abandonné en contrepartie toute forme de libre arbitre. Hanté par le devenir de l’Homme, l’écrivain baroudeur Patrice Franceschi nous le dépeint en quatorze tableaux uniques qui s’enchâssent sur un peu plus d’un siècle pour constituer un monde réinventé par nos futurs enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants. Drôles et tragiques, ironiques et édifiantes, ces nouvelles montrent l’étendue de l’inquiétude de l’auteur qui a vécu cinq années aux côtés des Kurdes de Syrie dans leur lutte contre l’islamisme. Elles puisent si bien leur origine dans notre actualité mondiale, toujours plus sanglante et alarmante, que ces “Dernières nouvelles du futur” ont valeur de réalité.

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“À tout à l’heure”, Marie-France Mignal

CHRONIQUE
“À tout à l’heure” est un cri. Un journal intime court et intense. Une quête fervente de sens à la mort d’un être cher. Un concentré d’amour pour atténuer la perte. Marie-France Mignal connue comme actrice de théâtre, de cinéma et de télévision, mais aussi comme directrice du théâtre Saint-Georges, voue un amour immense à son mari disparu brusquement en 2012, le directeur de la photographie Alain Derobe. Avec ce récit poignant par sa brièveté et son acuité émotionnelle, elle raconte à son mari les conséquences de son inconcevable absence, en expurgeant d’une vie de couple bien remplie des instants fugaces que la disparition a élevé au rang du sacré. Le cheminement du deuil est douloureux, Marie-France Mignal le parcourt avec ce livre de larmes et de questions. Dans une sincérité émouvante, elle y pose, d’une plume délicate et si vivante, son chagrin, son manque et sa soudaine vulnérabilité.

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“La disparition de Stephanie Mailer”, Joël Dicker

CHRONIQUE
Joël Dicker était très attendu avec son quatrième roman, La disparition de Stephanie Mailer, paru aux éditions de Fallois. Après La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, en 2012, l’immense succès transposé en série par Jean-Jacques Annaud, et Le livre de Baltimore en 2015, l’auteur suisse revient vers les terres connues du thriller qui cultive un style limpide et efficace, et une intrigue à multiples rebondissements. Roman dense aux multiples voix qui se répondent à travers le temps, sa construction astucieuse tricote et détricote les coupables potentiels. L’auteur nous balade, en lâchant ici ou là, au détour d’un lac marécageux ou d’un bar interlope, d’infimes indices qui détournent les trois enquêteurs Jesse, Derek et Anna du véritable chemin qui conduit à la solution. Ce trio efficace reprend en 2014 une enquête conduite en 1994, à Orphea, une charmante localité dans les Hamptons, dans l’État de New York, à la suite de l’étrange disparition de Stephanie Mailer. Étrange car cette brillante journaliste est persuadée que l’auteur du quadruple meurtre arrêté à l’époque par Jesse et Derek était innocent. Se seraient-ils trompés de coupable ?

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“Croire au merveilleux”, Christophe Ono-dit-Biot

CHRONIQUE
Après un décès, le merveilleux peut-il encore frapper à la porte ? C’est la question que pose l’écrivain et journaliste Christophe Ono-dit-Biot dans son roman Croire au merveilleux, où il file le thème de la mort soudaine et inexpliquée qu’il a abordé dans son précédent roman Plonger. Avec ce nouvel opus, il approfondit la souffrance de l’intolérable absence en parfaisant notre connaissance intime du couple César/Paz et de leur fils. L’amour d’un père pour son enfant est-il assez fort pour vaincre le désir de mort ? L’écriture simple et dépouillée de l’auteur, sans risées ni lames de fond, accompagne avec une langueur poétique son double littéraire dans sa mortelle descente dans les abymes de la dépression. César appelle si fort la mort qu’il en réveille les dieux de l’Olympe qui dépêchent une mystérieuse messagère pour l’aider à entamer une lente remontée en apnée vers une renaissance.

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Critique littéraire Sorj Chalandon Le jour d'avant édition Grasset

“Le jour d’avant”, Sorj Chalandon

CHRONIQUE
Avec son nouveau roman Le jour d’avant (Grasset), l’écrivain Sorj Chalandon déterre l’histoire de la dernière grande catastrophe minière de France. C’était le 27 décembre 1974, un coup de grisou à la fosse 3 bis de Liévin, dans le Nord. Quarante-deux morts stupides et inutiles, quarante-deux gueules noires qui auraient pu ressortir indemnes des ténèbres poussiéreuses si les précautions les plus élémentaires avaient été prises. Alors journaliste à Libération, l’auteur avait été bouleversé par le destin brisé de ces hommes ensevelis, brûlés, asphyxiés, et de leurs familles défigurées. À cela aucune fatalité, mais le manque patent de sécurité et la course au rendement et au profit des Charbonnages de France. Michel Flavent est le héros de ce drame qui se dessine à la craie charbonneuse. Il perd son frère Jojo enseveli dans la catastrophe et ses parents dans le désespoir. Quarante ans plus tard, il nous raconte sa vie, son frère, la mine, l’accident, le malheur, une vie de faux-semblants et une soif de vengeance inéluctable. Quelqu’un doit payer !

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“Le ministre de passage”, Jean-Louis Leconte

CHRONIQUE
Pour son premier roman Le ministre de passage, le réalisateur de films Jean-Louis Leconte entrouvre les portes de l’univers politique avec assez d’ingéniosité pour que s’y faufilent curiosité et envie. Il guide le lecteur intrigué pas à pas dans un milieu jonché de chausse-trapes qui exacerbent le mal-être au point de pousser deux hommes égarés dans leurs derniers retranchements : eux-mêmes. L’un s’appelle Tobias Herschel, un quinquagénaire mal marié et ministre de l’Économie et des Finances qui se suicide médiatiquement par des déclarations hors cadre lors d’une émission de télévision ; l’autre est Arthur Blanchot, un analyste financier de Bercy aux névroses très prononcées qui conchie ses supérieurs qu’il juge incompétents et qu’il fantasme de remplacer. Ces deux vies parallèles sont recoupées par une vie transversale qui les influence. C’est celle de Dacier. Il sera le successeur éclair de l’un et le catalyseur de la haine de l’autre. Ce récit choral à deux voix relate sous la forme d’un thriller psychologique l’itinéraire de ses deux personnalités ébranlées, dont la trajectoire va se retrouver brutalement et définitivement déviée.

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“La disparition de Josef Mengele”, Olivier Guez

CHRONIQUE
Beaucoup de biographies ont été écrites sur « L’ange de la mort », le criminel de guerre qui œuvrait à Auschwitz comme médecin-chef SS. Son obsession : découvrir le secret de la gémellité par l’expérimentation sur les jumeaux. Avec “La disparition de Josef Mengele”, Olivier Guez propose un « roman vrai » de haute volée qui s’intéresse à la vie du tortionnaire après 1945 et au contexte géopolitique favorisant cette disparition. Il nous raconte comment Mengele a pu fuir jusqu’en Amérique latine et y vivre en toute impunité jusqu’à sa mort en 1979. L’auteur a fouillé dans le passé trouble de cet homme, issu d’une famille bourgeoise conservatrice, qui a rallié le parti nazi pour ensuite devenir SS. La clé de son ascension est un opportunisme cynique qui guidera sa conduite jusque dans l’exil au soleil. A-t-il été puni par la vie, la justice des hommes n’ayant pu être rendue ? C’est ce que l’auteur cherchera à savoir en s’intéressant à sa cavale de près de trente ans. Cette biographie romancée très documentée le dévoile sans pathos ni affect qui dévoieraient le contenu, fruit de trois années de recherche et d’écriture.

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“Une comédie à la française”, Jean-François Roseau

CHRONIQUE
Avec Une comédie à la Française, Jean-François Roseau trempe sa plume satirique dans la noirceur des intrigues de la République. Ce roman, qui résonne des échos véridiques de l’actualité, palpite au diapason de l’assouvissement de l’ambition et de la course au pouvoir, quel qu’en fut le prix à payer. Dans la lignée du “roman vrai” de son précédent livre “La chute d’Icare”, ce jeune auteur nous plonge dans les coulisses d’un parti politique aux allures du Front National rebaptisé Parti National (PN), à la veille des élections présidentielles de 2017. On se régale du coup pendable que le héros joue en s’infiltrant dans le mouvement nationaliste pour mieux démasquer la bête. Puis, d’intrigues en hypocrisies, on s’insurge contre cet imposteur héroïque qui en vient à ravaler son âme sous les dorures du pouvoir, trompant l’ennui aussi allégrement que ses convictions.

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“Juste une orangeade”, Caroline Pascal

CHRONIQUE
Avec “Juste une orangeade”, paru aux éditions de L’Observatoire, Caroline Pascal s’épanche sur les relations mère/fille. Ce cinquième roman est d’abord un hymne filial destiné à toutes les mères. Émouvante, viscérale, immuable, cette déclaration d’amour ne peut passer inaperçue ni laisser insensible tant les mots sonnent juste, percutent des souvenirs d’enfance, font converger des réalités personnelles. Car cette histoire d’amour fusionnel est un miroir des émotions qui réfléchit l’universalité du thème, avec netteté et chaleur. L’auteure a construit son roman comme un thriller familial qui conduira Raphaëlle à rechercher sa mère Laurence, subitement introuvable. Disparue sur le chemin entre la maison familiale de Nonant en Normandie et l’appartement de Versailles. Entre l’enquête de voisinage et les révélations de ses proches, Raphaëlle va s’apercevoir qu’elle ignore beaucoup de la vie intime de sa mère. Elles qui se disaient tout sur le quotidien se taisaient sur l’essentiel.

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“Le fait du prince, petits et grands caprices des présidents de la Ve République”, Béatrice Houchard

CHRONIQUE
Le fait du prince, petits et grands caprices des présidents de la Ve République, aux éditions Calmann-Lévy, est un titre accrocheur qui sous-entend des révélations croustillantes. En fait, le titre va bien au-delà. Il annonce un contenu argumenté et fondé rappelant en filigrane que l’accession à la fonction de président n’efface pas d’un trait la nature humaine si encline à obéir aux humeurs et aux passions. C’est toujours l’homme qui gouverne, et le président qui exécute. Tout électeur a tendance à oublier cette évidence tellement les espoirs sont grands. Avec ce livre, Béatrice  Houchard nous le rappelle avec force et méthode, décryptant derrière les petites et grandes décisions des huit présidents de la Ve République les faits du prince qui ont servi ou desservi la grandeur de la France.

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“Le Miracle Spinoza”, Frédéric Lenoir

CHRONIQUE
Frédéric Lenoir, écrivain spécialiste des religions, a percuté de plein fouet l’œuvre de Baruch Spinoza il y a peu. Le choc a été si immense et les répercussions sur lui si positives qu’il a voulu partager cette expérience avec ses lecteurs. Pour cela, il a défriché sa propre voie de vulgarisation de l’œuvre jugée révolutionnaire. Avec une curiosité enthousiaste, l’auteur débroussaille la pensée de ce philosophe juif du XVIIe siècle, qui a construit ses écrits en empruntant un style géométrique et démonstratif, et donc âpre et difficile d’accès. Par un facétieux trait d’esprit, l’essayiste a nommé son traité Le miracle Spinoza, alors même que le précurseur des Lumières, des démocraties modernes et de la psychanalyse ne croyait ni au hasard ni au miracle, mais à la raison. Tout ayant une explication ou en aurait une avec le temps. Mais, le miracle ne serait-il pas cette philosophie révélée, très en avance sur son temps, inédite et renversante, mue par la raison et fondée sur la joie et le désir ?

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