« L’ange de Dalkey Island », Alain Teulié

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« Trois êtres, trois générations, trois miracles »… mais des miracles à l’incarnation bien réelle. N’est-ce pas ceux qui sont les plus merveilleux, inattendus, percutants ? « L’Ange de Dalkey Island » transporte l’âme et l’imagination vers une contrée pétrie de mystères. Un endroit qui inspire le rêve, qui impose le miracle comme une évidence. S’il devait en y avoir un, ce ne pourrait être que là, sur cette plage de Dalkey Island, en Irlande. Avec intelligence, Alain Teulié se joue des apparences, incline à faire croire et, brutalement, lève le voile du fantastique pour inviter, dans la danse des révélations, une réalité plus troublante, plus manigancée, plus intéressée… mais une réalité révélée au nom de l’amour et de la transmission. »

« La littérature sans idéal », Philippe Vilain

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Romancier et essayiste, homme du présent amarré au passé, Philippe Vilain a besoin de réfléchir la littérature qu’il pratique. Son dernier essai « La littérature sans idéal », édité chez Grasset, est un état des lieux objectif et constatatif sur ce qu’il est advenu de la littérature depuis Proust, Gide, Genet, etc. Il n’était pas question pour lui d’être à charge, ni d’émettre des jugements dépréciatifs, ni même de remettre en cause des auteurs. C’est donc sans affects parasites, sans s’embarrasser de la sempiternelle du « c’était mieux avant », qu’il a fourbi ces outils de mesure analytique et parcouru un voyage temporel sur les chemins du paysage littéraire contemporain français.

« Sur les toits d’Innsbruck », Valère Staraselski

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Une bouffée d’air vivifiante ! « Sur les Toits d’Innsbruck » est d’abord un hymne à dame Nature, puis à la cause animale. L’auteur Valère Staraselski se tient au chevet de cette malade qui s’épuise à compenser, à réparer, à digérer les outrages subis. En cause, un drôle d’animal, irrespectueux, court d’esprit et de vue, en quête d’un idéal famélique axé sur un retour sur investissement immédiat et brutal. Cet animal, qui s’est relevé il y a des milliers d’années sur ses deux jambes, est aujourd’hui pris dans un tourbillon collectif de la consommation qui lui fait perdre pied. Mais ce vertige contagieux n’a pas encore troublé le silence des Alpes d’Autriche. Même le temps qui file partout ailleurs vient parfois se perdre dans les cimes alpines, dont 600 dépassent les 3 000 mètres, pour s’y reposer en apesanteur, à l’ombre d’un sapin, et y écouter la symphonie des oiseaux.

« Le pianiste et les matriochkas », Élodie Mazuir

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Composition astucieuse. Exécution au millimètre. Le premier roman d’Élodie Mazuir est une partition qui soulève les cœurs tendres et ménage un suspens qui va crescendo, pour arriver à un finale en apothéose. Elle convoque la mobilisation des sens. Impossible de lâcher la lecture. Le rythme binaire et régulier bouscule la curiosité. L’auteure pose une écriture qui touche, alternant légèreté et force, décrivant avec justesse et sans falbalas les sentiments variant entre pureté de l’amour et possession perverse. Les émotions sont mises à nu, avec simplicité et candeur, ce qui confère au récit une intensité palpable. Elodie Mazuir pousse ses personnages au-delà de leurs limites et de leurs souffrances pour qu’émerge des épreuves une transformation… une transfiguration. Un accomplissement libérateur.

« Je me suis tue », Mathieu Ménégaux

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Le silence est d’or… Certes, mais il est surtout souffrance. Il consume à petit feu le porteur du secret, du non-dit, du déni. On le sait tous, plus ou moins. Mathieu Ménégaux, lui, s’est emparé de ce sujet sensible, décrivant l’insinuation du mal avec netteté, sans voile faussement pudique, touchant aux émotions les plus violentes, les plus primaires. « Je me suis tue » est une lutte intérieure entre le corps et l’esprit, une lente agonie de la lucidité au profit d’une tragédie moderne. Un récit de confession cadenassé par la fatalité.

« Locataire », Tudual Akflor

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Il s’en passe de belles à Kermaro ! Dans ce petit village du Finistère vivote un couple de retraités, les Kazec. Ils ont une retraite maigrelette, de bons légumes du jardin et du tord-boyaux à volonté. Enfin, ça, c’était la belle vie d’avant… avant l’arrivée d’un olibrius de Paris qui a loué pour une semaine de vacances leur « pennty », une maisonnette au charme limité au fond du jardin. Dès la prise de possession des clés jusqu’à leur remise explosive, la relation entre Jean-Luc Kazec et John Canari est étrange, insaisissable, dérangeante. Au fil des jours, elle prend des allures de guérillas disproportionnées, où tous les coups sont permis, surtout ceux qui viennent l’air de rien, coiffés d’amabilités vengeresses.

« Tango Loft », Véronique Sauger

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Ils s’aiment, un peu, beaucoup, passionnément… à la folie. Un loft aux parois de verre glacées. Un couple de danseurs de tango en fusion amoureuse. Suzy, si affriolante dans ses chaussures noires à talon haut. Jean, torse bombé de tendresse et de lâcheté. Et, entre les deux, s’incruste dans cette danse langoureusement mortelle un enfant de 34 ans rejeté par un couple de médecins inquiétants. Un peu dérangé, un matheux qui compte, la nuit, s’adressant aux étoiles et à la lune, qui leur récite des vers bancals, sans tête ni queue, sans fin. On l’appelle Brume.

« Beaucoup de peine, beaucoup d’espoir, beaucoup d’amour », Brigitte Hache

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Avis de PrestaPlume ♥♥♥
Un roman à trois voix. Julia, Sophie, Paul. Trois voies empruntées qui les amènent à dépasser leur haine, leurs regrets, leur culpabilité. Avec « Beaucoup de peine, beaucoup d’espoir et beaucoup d’amour », Brigitte Hache accompagne avec moult délicatesse ces personnages vers un point de convergence qui marque la fin d’une étape pour chacun d’eux, comme une autre chance. Les chemins escarpés de leur parcours sont le lot de beaucoup et ils sont nombreux ceux qui restent coincés dans une léthargie addictive qui anesthésie non seulement la peine, mais aussi et surtout l’espoir et l’amour. L’originalité tient à cette nuit qui clôt les dettes par un astucieux tricotage des destins.