« Le Maître des Limbes », Olivier Bal

Le maître des Limbes Editions de Saxus Olivier Bal thriller

Temps de lecture : 3 minCHRONIQUE
Après « Les Limbes », Olivier Bal clôt avec « Le maître des Limbes », aux éditions De Saxus, son diptyque sur cet endroit mystérieux qui n’est pas le séjour des âmes, mais celui des rêves… partagés, substitués, volés, contrôlés, anéantis. Ce thriller à rebondissements est fantastique par l’imagination qui s’y déploie, mais aussi par la fascination qu’il suscite, tant et si bien que les 573 pages se dévorent sans peine. Peut-on être manipulé lorsqu’on est plongé dans nos rêves ? Si tel pouvait être le cas, on imagine ce que des individus mal intentionnés ou des gouvernements en quête de pouvoir absolu pourraient en retirer ! C’est tout le suspense de ce thriller qui met en opposition une multitude de personnages, principalement des adolescents. Il brosse un portrait glaçant de la rapacité individuelle se parant d’intentions bienveillantes. Si l’enfer est pavé de bonnes intentions, c’est donc dans cet enfer dantesque et dévorant que le lecteur est happé, sans résistance aucune, dans un grand frisson de lecture, jusqu’au dénouement que l’on sent tout de même poindre.

« Louise au parapluie », entre quête et conquête de soi

Temps de lecture : 3 minRésumé
Louise est mère célibataire. Elle a œuvré toute sa vie dans la même usine, à enfiler des baleines de parapluie. Elle aime ses parapluies, son travail, ses copines. Elle se sent utile. Elle a un fils, Antoine qui ne la regarde ni l’écoute plus vraiment. Il n’est préoccupé que par les vêtements de sport dans lesquels ils se pavanent pour en faire la réclame. Louise imaginait que son fils, ex-athlète blessé, aurait d’autres rêves que celui de faire de l’argent facile en représentant des marques sur Youtube. Au cours du rituel déjeuner dominical, leur conversation sur les travers modernes de la société s’envenime. Antoine se moque gentiment des opinions de sa mère. Pour plaisanter, il l’incite à se jeter à l’assaut des municipales. Louise entend lui prouver que ses idées pour gérer une ville ont toutes les chances de la faire élire. En toute sincérité, elle mise sur sa connaissance de la commune où elle vit depuis toujours. Elle estime que le bon sens, la bonne volonté et le travail sont les atouts incontournables pour lui permettre d’être une bonne maire. Mais cela suffit-il ? Aidée de Jacqueline, elle compte passer outre les moqueries désobligeantes et la réprobation véhémente de son fils pour préparer sa campagne. Mais la réussite n’est pas toujours nichée là où on le pense. La mère et le fils, avec Jacqueline en trait d’union, en feront l’expérience.

« Ciel, ma belle-mère ! », à l’abordage d’un Feydeau oublié

Une_Ciel, ma belle-Mère Théâtre Edgar

Temps de lecture : 3 minTHÉÂTRE & CO
Forfanterie et poltronnerie, amours et frustrations, quiproquos et mensonges, coups du sort et d’éclats… Il y a tout ce qu’il faut dans ce Feydeau-là pour renverser les situations et les têtes de rire. Jusqu’en janvier 2020, le théâtre Edgar est l’écrin de ce vaudeville musclé et désopilant. Joué pour la première fois en 1890 sous le titre « Le mariage de Barillon », ce texte en trois actes a été adapté par Emmanuelle Hamet qui propose un « Ciel, ma belle-mère ! » moderne et jubilatoire. L’histoire est la même : Barillon, un quadragénaire bedonnant un peu pleutre mais sympathique, s’apprête à épouser une jeune fille de 18 ans qui en aime un autre… Mais, lors du mariage, une erreur de transcription de l’officier de l’état civil – gaiement aviné – acte officiellement que Barillon est marié à sa future ex-belle-mère, l’extravagante Madame Jambart, une femme aux sens échauffés par deux années de veuvage… Un simple rectificatif réparerait facilement l’étourderie, mais l’affaire se complique avec l’arrivée impromptue du défunt mari, plus vivant que jamais, un pêcheur taillé dans un bloc de granit qui ferait peur même aux plus audacieux… Barillon en est retourné au point d’accepter le ménage à trois. Entre les altercations, les faux-espoirs et les rebondissements, les comédiens complices et investis à 200 % hissent haut les voiles de leur potentiel comique !

« Le ballet des retardataires – Tokyo, tambours et tremblements », Maïa Aboueleze

Temps de lecture : 3 minCHRONIQUE
Un premier roman percutant, dépaysant, élégant, aussi court que puissant, qui s’imprime en soi par ricochets. « Le ballet des retardataires – Tokyo, tambours et tremblements » est un beau texte autobiographique, qui relate l’apprentissage de son auteure, Maïa Aboueleze, à l’art du tambour japonais traditionnel : le taïko. Après des études de danse au conservatoire et d’histoire à l’UCO d’Angers, Maïa Aboueleze devient comédienne, puis se passionne pour le taïko. En 2011, elle obtient la bourse Vocatio et part perfectionner son jeu à Tokyo, sans rien connaître du Japon, de ses traditions, de ce monde hermétique du taïko qu’elle pénètre à tâtons, en totale soumission et sans connaître la langue. Première Européenne à avoir franchi les portes de l’école la plus secrète de Tokyo, l’auteure nous livre un témoignage poétique et piqueté d’humour sur les traditions, la discipline, l’exigence quasi militaire et l’abnégation dont elle doit fait preuve, comme les autres élèves, sinon plus, pour avoir le droit de conserver sa place. Une belle école d’apprentissage qui fait réfléchir à l’efficacité de nos propres instances éducatives.

« C’était ma petite sœur », Yves Viollier

C'était ma petite sœur Yves Viollier Terres de France Roman

Temps de lecture : 2 minCHRONIQUE
Dernier roman d’Yves Viollier, aux éditions Presses de la Cité, « C’était ma petite sœur » explore à travers le regard d’une petite fille le sentiment d’abandon et le nécessaire chemin de résilience pour se reconstruire. S’il se plaît à transmettre dans ses livres l’attachement à sa région d’origine (la Vendée), dans ce roman, l’auteur focalise l’attention sur l’univers intime de Jeanne, une petite fille de sept ans qui a été confiée à l’Assistance publique avec ses deux demi-sœurs. Le roman commence par l’entrée de ces trois petites filles dans une nouvelle famille d’accueil qui pourrait être, enfin, le signe d’une ère plus sereine… et pourquoi pas heureuse ? Mais l’arrivée dans la maisonnée d’une quatrième demi-sœur, alors âgée de quelques semaines, va souligner la différence de traitement par leur bienfaitrice, Mademoiselle Eugénie.

« Chiche ! », Caroline Loeb se livre en chanteuse de cabaret (Reprise)

Temps de lecture : 3 minTHÉÂTRE & CO
Elle en rêvait depuis longtemps, elle l’a fait ! Caroline Loeb remonte sur la scène pour un spectacle musical façon Cabaret, suave et très enlevé. Dans « Chiche ! », cette artiste complète (chanteuse, auteure, metteuse en scène, comédienne…) se livre en chansons sur les planches du théâtre de l’Archipel, avec la complicité des musiciens Stéphane Corbin, Yorfela et Benjamin Corbeil et une mise en scène punchy de Stephan Druet. « Chiche ! » est la synthèse punk, poétique et désinhibée du parcours de vie follement mouvementé de Caroline Loeb et de son précédent spectacle, « Françoise par Sagan ». C’est aussi un pari qui matérialise toute l’ardeur opiniâtre de sa créatrice à regarder droit devant pour créer, encore et toujours, selon ses envies et ses passions. Après l’écriture du magnifique spectacle sur Sagan, où elle parvient avec brio à se glisser dans les mots et la gestuelle de l’écrivaine, et le disque « Comme Sagan » qu’elle lui a consacré avec la participation d’autres auteurs (Pierre Grillet, Pascal Mary, Pierre Notte, etc.), c’est encore à travers Sagan et son bel esprit que Caroline Loeb ose se dévoiler, enfin. Dans ce biopic intimiste chic et choc, elle évoque entre chansons et anecdotes les moments forts d’une vie librement vécue et ravive l’époque faste des années 80 marquée par l’effervescence de la créativité. Une belle époque que les générations suivantes n’ont pu connaître.

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