« Si Cupidon savait viser », Alice Hérisson et James Harrington

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Ah ! si Cupidon savait viser, il y aurait moins de ruptures… Vraiment ? Alice Hérisson et James Harrington, les auteurs de « Si Cupidon savait viser », s’amusent follement à passer la quête de l’âme sœur au scanner de la révolution numérique. À l’aube de ce troisième millénaire supposé spirituel, c’est le marché de l’amour qui est brossé sans complexe dans cette comédie romantique très mutine et drôle. Dans cette histoire construite à deux voix, les deux auteurs portent un regard personnel sur leur manière de vivre une même situation. Il est plaisant – voire très instructif – de connaître la perception des deux protagonistes esseulés qui essayent, parfois contraints et forcés par leurs proches, souvent à leurs risques et périls, de trouver l’amour avec un grand A. Le seul, l’unique, le rare. S’il faut payer de sa personne, Alice et James ne reculent devant rien : sites de rencontres, relooking, speed dating, boîtes de nuit très spéciales, labyrinthe de l’amour, séminaire de libération des chakras… et j’en passe. Au-delà du traitement résolument humoristique, cette réflexion disséquant les rencontres 2.0 est glaçante !

« 2 Shows en coloc », deux voix pour une voie royale

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Une grande première pour le Don Camilo qui s’est invité sur la scène de l’Olympia, le 23 avril dernier, pour un show unique réunissant deux voix à découvrir. « 2 Shows en coloc », produit par Richard Vergnes, directeur du célèbre cabaret découvreur de talents, est un nouveau concept du Don Camilo consistant à réunir deux artistes prêts pour la course à la renommée, dont la case de départ est l’Olympia, le Graal de tout artiste ! L’imitateur Thierry Garcia et la chanteuse québécoise Geneviève Morissette avaient l’insigne honneur de transformer cette soirée-là de lancement en show exceptionnel. À en croire l’ovation du public à la fin des deux heures trente de performance, mission réussie ! Jouant l’un après l’autre leur propre spectacle, les deux artistes ont témoigné d’une signature artistique indéniable, d’une folle énergie, d’un humour à la fois audacieux et loufoque et d’une voix… inimitable. Ces deux alliés vibraient de cette joie à l’unisson, expansive et communicative, d’être sur la scène de l’antichambre sacrée qui donne le la à une carrière.

« Mercredi blanc », Dominique Lin

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Avec son septième roman, « Mercredi blanc », Dominique Lin explore le monde de l’adolescence et sa face nord, celle cachée des regards non bienveillants, celle d’une différence qui cultive l’espoir. L’héroïne est une collégienne mature par les circonstances familiales et qui a fait de l’escalade son horizon de liberté. Elle a appris toute seule, sur les conseils d’un père disparu qu’elle croit entendre lors des moments ardus de ses ascensions urbaines illégales, nuitamment et sans protection. Pour elle, l’escalade est une bouffée d’air dans cette cité de banlieue grise et menaçante, hérissée de tours. En particulier, la tour numéro dix qui concentre le danger avec des trafics en tout genre. D’une voix poétique et sobre, l’auteur décrit le cheminement d’une adolescente courageuse et attendrissante entre la réalité d’un monde difficile et sa passion dévorante qui va l’amener, contre toute attente, à intégrer l’atelier de chorégraphie verticale d’un lycée voisin…

« I Love Piaf », un cru 2019 exceptionnel

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L’élégant théâtre Daunou est le nouvel écrin de la biographie musicale de Jacques Pessis, « I love Piaf », consacrée à la « Môme » immortelle de Belleville. Une nouvelle version, mais avec un trio différent et de nouveaux talents. Le plaisir est à la fois renouvelé et inédit. Anaïs Delva en est l’interprète remarquable et Maryll Abbas l’accordéoniste complice. Ce soir-là, l’auteur, Jacques Pessis lui-même, est le narrateur heureux de la vie de Piaf, de sa naissance à son trépas. Le sourire rieur, un rien espiègle, il raconte les débuts, les amours, la carrière fulgurante et trop brève de la chanteuse, généreux d’anecdotes et redressant avec humour les erreurs tenaces comme sa cécité, enfant, qui aurait été guérie par la prière.

« Un ange passe », Michel Stéphane

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Premier roman de Michel Stéphane, rédacteur en chef de hors-séries au magazine L’Evénementiel, « Un ange passe », aux éditions du Petit Pavé, est un polar sombre, aux scènes d’action réussies et à l’humour noir prononcé, qui surprend par sa construction. La capitaine de police Ange Carminetti doit résoudre deux énigmes impliquant un violeur-tueur en série de femmes et un pédophile qui s’attaque à Julien, un enfant dont Ange s’est prise d’affection tout en ignorant tout de lui. Alors que le lecteur tente de chercher le lien entre les deux affaires, les pensant logiquement liées, il découvre que les enquêtes sont décorrélées l’une de l’autre…

Noga en concert, la célébration de la vie

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Au théâtre de l’Atalante à Paris, la voix d’un être de douceur au style affirmé s’élève dans le ciel, irréelle et lumineuse. Ancienne avocate ayant porté la voix pendant trente ans pour défendre son prochain, la chanteuse suisse Noga lui a donné de la légèreté pour plaider en faveur de « la liberté d’être, l’importance du choix, la vertu de l’expérience et la célébration de la vie ». Rarement le rayonnement d’une artiste et ses convictions battent d’un même cœur, en parfaite osmose, en connexion subtile avec son public. Cette unité crée de l’authenticité qui touche. Pour ce concert, Noga est entourée de deux musiciens aux doigts ailés. Patrick Bebey principalement au piano et Olivier Koundouno au violoncelle. Chacun d’eux tire de son instrument des notes envoûtantes qui se colorent de rythmes différents au fil des chansons (Des envies d’encens, Léger la vie, Laisser partir, Dépêche-toi, N’écoute que ceux qui ne te disent rien, 3 syllabes, Psaumes de minuit…). Les textes ont pris leur source dans la sagesse des expériences vécues et les émotions, où la mémoire est omniprésente. Noga les a composés, pour certaines avec la complicité de romanciers comme Patrice Guirao, Thierry Illouz et Marie Nimier.

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