« Radio active », au cœur de l’atome « ripollique »

Temps de lecture : 3 minTHÉÂTRE & CO
Sur la scène du théâtre du Splendid surgit un phénomène illuminé, s’apparentant à l’as des as de la chanson, rompue à l’exercice dans l’émission télévisée de Naguy « N’oubliez pas les paroles ». Elle s’appelle Magali Ripoll et ce qu’elle propose est une escapade musicale, truffée de rebondissements et de sauts dans le temps. Sorte de comédie musicale à elle toute seule, elle incarne différents personnages – tous loufoques – pour conter en chansons une vie rocambolesque, passant de Vladivostok à Harlem et de Rihanna à Jean-Jacques Goldman avec une facilité déconcertante et surtout une énergie forcenée. On dit d’elle que c’est la seule femme qui peut rencontrer Pablo Escobar, Jean-Luc Godard et Nelson Mandela en une seule vie… et réunir Booba, Michael Jackson et Dalida dans un même medley. C’est confirmé, il y a tout cela, mais plus encore. Les fans de chansons et de l’émission vivront là – en direct live – un moment de grâce en montant avec elle dans l’express de sa vie.

« L’Air de l’espoir », Geneviève Senger

Temps de lecture : 3 minCHRONIQUE
Après « Le roman d’Elsa », où Geneviève Senger dresse le portrait d’une femme qui lutte pour devenir médecin au début du siècle passé, l’auteure plonge sa nouvelle héroïne dans les temps troublés de la Seconde Guerre mondiale, de 1940 à 1944. Si le sujet a été traité maintes fois en littérature, « L’Air de l’espoir » marque sa particularité par le choix de situer l’action en Alsace, qui connaît l’annexion au Troisième Reich et non l’Occupation. Une horreur absolue pour ces Français de cœur dont la région n’a cessé d’être écartelée entre la France et l’Allemagne. Les Alsaciens deviennent Allemands, ils sont contraints de renier la langue française sous peine de représailles et de germaniser leur prénom. Viviane est la fille unique d’un viticulteur du cru et d’une Marseillaise répondant au doux prénom de Juliette. Mais Juliette a un secret : elle est juive. Connaissant l’obsession d’Hitler contre les siens, elle tremble d’être découverte et arrachée à son mari. Sa fille, Viviane, bien que blonde aux yeux bleus, ne serait alors pas épargnée.

« Le puzzle du chat », Michael Freund

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Premier roman de l’enseignant-chercheur Michael Freund, « Le puzzle du chat » joue au chat et à la souris avec notre raisonnement. Comment une étudiante a-t-elle pu vouloir mourir après la réussite d’un examen ? C’est ce que Stani, professeur de logique à l’université d’Orléans, et le commissaire Bellot cherchent à élucider, chacun de son côté, dans un roman qui met en équation l’émoi amoureux en sursis, une énigme à double inconnue et un raid vengeur pour honorer la mémoire d’un père juif humilié. Le récit de Michael Freund s’installe lentement, la suspicion s’amorce très vite et l’intrigue prend une ampleur inattendue, se démultipliant jusqu’au dénouement en suspens. Deux histoires en parallèle qui, contre toute logique géométrique, finissent par se rencontrer grâce au dénominateur commun : le commissaire Bellot, un enquêteur opiniâtre jeté aux oubliettes des « has been » par ses supérieurs dans l’attente d’une mise à la retraite imposée.

« Business Show », le monde du travail au pilori du rire

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Dans « Business Show », à la Comédie Bastille, Esteban démontre par l’exemple personnel le danger d’être soi-même au travail. Si l’hypocrisie ou la retenue prudente n’a pas été acquise au berceau, c’est l’assurance de déconvenues pouvant jeter le pauvre être biologiquement sincère, « trop sensible » ou « trop susceptible », dans la gueule des pervers narcissiques. Porté par un texte acide et ironique de Gaëlle Thomas et de lui-même, Esteban rembobine pour nous un bout de carrière passée en entreprise à courir après les promotions et à s’essouffler, freiné par des vents contrariants… jusqu’au fatidique, inéluctable, prévisible burn out. Loin d’être un effet de mode, ce mal du travail serait plutôt l’effet d’une acculturation professionnelle outrancière, au point de confondre l’avoir et l’être. Peut-être aurait-on trop tendance à penser que le premier serait la clé du bonheur du second, de ce paradoxal développement personnel au travail ?

« Les Mécaniques du Crime », Sylvain Larue

COuverture Les mécaniques du crime

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Le policier historique est la marque de fabrique de l’auteur Sylvain Larue. Avec « Les Mécaniques du Crime », aux éditions De Borée, il signe le quatrième tome de la série relatant les aventures de Léandre Lafforgue, dit Le Goupil, agent très spécial du Second Empire. Ce polar d’une belle complexité, à l’image d’une savante mécanique, vous plonge dans un siècle instable politiquement et une période aussi passionnante qu’explosive. Des bombes enflamment en effet Paris, elles visent Napoléon III, que beaucoup traitent d’usurpateur, car le premier président élu au suffrage universel masculin s’est institué empereur le 2 décembre 1852. Son plus fervent agent lui-même, Léandre Lafforgue, se sent trahi, mais il lui reste fidèle quoi qu’il lui en coûte. D’autant que sa sagacité est réclamée en haut lieu pour débusquer le poseur de bombes et faire cesser l’hécatombe des innocents touchés indistinctement…

« Quand on parle de Lou », Julie Gouazé

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« Quand on parle de Lou », de Julie Gouazé, est un roman qui navigue dans l’embouchure des émotions, cet endroit tumultueux où le déclin de l’amour pour l’un se confronte à l’amour naissant pour l’autre. Un cœur qui se ravive pour Lou sous le charme de Lucie. Des chapitres très courts, une écriture vive et chaloupée, un style presque télégraphique avec une rare musicalité. Ce roman économe d’effets et de manches aime jouer avec les mots et leur double sens. Lou y es-tu ? Oui, Lou y est et tient à y rester. Non pas dans sa tanière à protéger ses deux louveteaux – qu’elle couve quand même du regard –, mais dans cette nouvelle vie de femme épanouie, aimée et comprise par une autre femme. Elle va apprendre à connaître les sentiments homosexuels et le changement des regards portés sur elle et son couple. Quand la différence se fait flagrante, le quotidien devient un combat pour devenir pleinement ce que l’on vit. Un point de vue intéressant de femme sur les débuts au féminin, d’où se dégagent force et complicité.

Dernière parution : « Norman, mon fils »

Temps de lecture : 4 min« L’originalité de ce livre est la démarche des auteurs de donner enfin des mots, les leurs peut-être… mais qui sait, à Norman pour qu’il puisse nous dire SA version de sa trajectoire. Ce récit père-fils transcende la vulnérabilité de Norman en une sorte de puissance surprenante et tellement Humaine. Avec un grand H. »
« Le Magazine positif » de Catherine Schmidt Maillet (01/09/2019)

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