« Le fait du prince, petits et grands caprices des présidents de la Ve République », Béatrice Houchard

Temps de lecture : 3 minCHRONIQUE
Le fait du prince, petits et grands caprices des présidents de la Ve République, aux éditions Calmann-Lévy, est un titre accrocheur qui sous-entend des révélations croustillantes. En fait, le titre va bien au-delà. Il annonce un contenu argumenté et fondé rappelant en filigrane que l’accession à la fonction de président n’efface pas d’un trait la nature humaine si encline à obéir aux humeurs et aux passions. C’est toujours l’homme qui gouverne, et le président qui exécute. Tout électeur a tendance à oublier cette évidence tellement les espoirs sont grands. Avec ce livre, Béatrice  Houchard nous le rappelle avec force et méthode, décryptant derrière les petites et grandes décisions des huit présidents de la Ve République les faits du prince qui ont servi ou desservi la grandeur de la France.

« Diva sur Divan », la voix du bonheur

Temps de lecture : 2 minTHÉÂTRE & CO
Assez  ! Céline  Bognini en a eu Assez  ! Elle ne voulait plus se contenter d’être la femme de, la fille de ou même la mère de. Avant de gagner le titre vénérable de grand-mère de, elle se devait de réagir  ! Le spectacle qu’elle écrira, « Diva sur Divan », sera sa voie du bonheur retrouvé et l’Aktéon le théâtre de sa rébellion. Là, sous les yeux ébahis d’un public tour à tour ému et heureux, se rejoue une séance de musicothérapie aussi originale que bouleversante au cours de laquelle la diva en devenir s’étend sur le divan pour livrer ses névroses, ses aspirations enfouies, ses besoins niés. Le psy pianiste, interprété par Patrick  Laviosa, va guider les réflexions de sa patiente sur ses envies en l’incitant à chanter de grands airs, de Mozart à Satie, de Michel Legrand à Barbara. Peu à peu, sur le tempo d’une comédie lyrique, le public assiste à la transfiguration musicale d’une diva intimidée par son art qui trouve sa clé du bonheur et nous la chante, toute à sa joie de renaître de ses rêves intimidés. 

« Le Miracle Spinoza », Frédéric Lenoir

Temps de lecture : 3 minCHRONIQUE
Frédéric Lenoir, écrivain spécialiste des religions, a percuté de plein fouet l’œuvre de Baruch Spinoza il y a peu. Le choc a été si immense et les répercussions sur lui si positives qu’il a voulu partager cette expérience avec ses lecteurs. Pour cela, il a défriché sa propre voie de vulgarisation de l’œuvre jugée révolutionnaire. Avec une curiosité enthousiaste, l’auteur débroussaille la pensée de ce philosophe juif du XVIIe siècle, qui a construit ses écrits en empruntant un style géométrique et démonstratif, et donc âpre et difficile d’accès. Par un facétieux trait d’esprit, l’essayiste a nommé son traité Le miracle Spinoza, alors même que le précurseur des Lumières, des démocraties modernes et de la psychanalyse ne croyait ni au hasard ni au miracle, mais à la raison. Tout ayant une explication ou en aurait une avec le temps. Mais, le miracle ne serait-il pas cette philosophie révélée, très en avance sur son temps, inédite et renversante, mue par la raison et fondée sur la joie et le désir ?

Fabrice Luchini, serviteur des mots sur un plateau d’argent

Temps de lecture : 4 minTHÉÂTRE & CO
Si l’argent rend fous les gens selon Émile Zola, Fabrice Luchini égaie cette folie en la décryptant au travers d’auteurs résidant au Panthéon du génie. Avec son nouveau spectacle, Les auteurs parlent d’argent, au théâtre de la Michodière, puis aux Bouffes Parisiens, ce passionné extatique des mots et de leur ordonnancement se surpasse. Chaque spectacle, par l’incarnation possédée des lectures, de leurs commentaires facétieux et des improvisations hilarantes, est une prouesse de l’intelligence et du corps. Sous les couleurs de l’argent, ce show-là prend littérairement aux tripes. Si par tradition le sujet fâche, Fabrice Luchini est le médiateur par excellence. Il a rassemblé des textes éminemment connus, mais aussi des trésors oubliés évoquant la perception de l’argent par leurs auteurs. En semant au vent inspirateur des Zola, Marx, Shakespeare, Cioran, Péguy, Céline, Hugo, Freud, Ferenczi, Guitry, Cau, Fabrice Luchini provoque la ruée vers l’enrichissement de l’esprit et du cœur.

« 1789 L’été de sang », Frédéric Michelet

Temps de lecture : 3 minCHRONIQUE
Frédéric Michelet est un écrivain prolixe passionné d’Histoire. 1789, L’été de sang est son dernier roman inspiré de sa pièce 1789 secondes, portant sur la Révolution française. Comme dans sa création théâtrale de rue qui dure 1789 secondes précisément, son roman interroge les droits de l’homme et de la femme, l’abolition des privilèges, l’esprit de résistance. Mais il l’a construit autour d’une assertion peu commune sur l’événement qui a mis le feu aux poudres dans un Paris surchauffé un certain 14 juillet 1789. Et si les États généraux n’étaient pour rien dans l’histoire ? Et si la Révolution était le résultat d’un mouvement populaire en réaction au massacre du Faubourg-Saint-Antoine ? Et si, après tout, ce n’était qu’un complot visant à précipiter de vie à trépas une monarchie arrivée à bout de souffle ? C’est ce que se propose de nous narrer l’auteur, au rythme d’une enquête policière qui se déroule du 19 avril à la nuit du 4 août 1789, égrenant les 1789 secondes de la pièce en presque quatre cents pages intenses qui ne lâchent ni l’intensité ni le suspense.

Avec Madame Marguerite, Stéphanie Bataille donne beaucoup et jusqu’à la folie !

Temps de lecture : 3 minTHÉÂTRE & CO
La pièce Madame Marguerite et l’interprète du rôle-titre produit une rencontre artistique détonante, passionnelle et militante. Après Annie Girardot, c’est au tour de Stéphanie Bataille de la vivre en se mesurant au personnage d’institutrice de CM2, dont l’obsession est l’éducation, sans hypocrisie ni tabou. Madame Marguerite n’occulte rien de la vie, elle ne dit à ses élèves que la réalité et rien que la réalité, aussi crue et violente soit-elle, avec une méthode sans filtre. Créée en 1974, la pièce de l’auteur brésilien Roberto Athayde a été scéniquement actualisée par une mise en scène d’Anne Bouvier plus démonstrative, aux émotions plus extériorisées, soulignant la folie. Comme en 1974, il y a un tableau noir mais les inscriptions sont plus crues. L’extravagance d’une jupe-tailleur assortie de baskets a fait place à la décontraction plus neutre d’un pantalon et d’une chemise blanche.

« Toi, Caïphe, juge de Jésus », Nicolas Saudray

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Après Le Jaune et le Noir – Sur les pas de Stendhal, Nicolas Saudray a marché sur les pas de Caïphe, grand-prêtre de Jérusalem dont l’Histoire n’a fait que peu de cas, à l’opposé de Judas et Pilate, des contemporains ayant eu un rôle dans la condamnation à mort de Jésus. On ne connaît ni la date de sa naissance ni celle de son décès. Avec Toi, Caïphe, juge de Jésus, l’auteur rompu aux rouages judiciaires, ayant été lui-même haut fonctionnaire et conseiller à la Cour de Cassation, s’est intéressé de très près à ce grand-prêtre saducéen qui a occupé dix-huit ans sa lourde charge sous l’occupation romaine. Longévité assez rarissime pour y dénoter toute l’intelligence politique qu’il savait déployer pour être à la fois gardien des traditions juives et auxiliaire de Rome. Fait assez signifiant pour donner envie à l’auteur de reconstituer le parcours de ce grand-prêtre qui serait le véritable instigateur du trépas de Jésus. Nicolas Saudray s’y est employé formidablement, en étayant son roman par des écrits d’historiens et en l’enrobant d’un vernis pédagogique délicat et astucieux.

« Laurent Gerra sans modération », une cuvée très spéciale !

Temps de lecture : 4 minTHÉÂTRE & CO
Les shows de Laurent Gerra se suivent et se réinventent sans cesse. On connaît les voix et les gestes, on reconnaît les personnages, les anciens et les nouveaux, on attend l’humour grinçant et le verbe qui n’a peur de rien, comme une Madeleine de Proust. Bref, on sait ce que l’on va voir. Et pourtant, dès qu’il entre sur scène, c’est comme si on découvrait tout pour la première fois. Mais comment fait-il ? Avec son spectacle « Sans modération », millésimé « inédit », cette magie inexplicable est renforcée par le cadeau que l’artiste fait à son public pour fêter ses cinquante ans et ses presque trente ans de carrière. Il ouvre son album photo familial et livre des anecdotes, comme l’enfant qui ne rêvait que de monter sur scène. Il avait cinq ans en 1972 et déjà il imitait Michel Sardou sur sa chanson Les Bals populaires. Si la cuvée 2018 est exceptionnelle par ce double anniversaire, elle devient aussi mémorable par cette pointe de tendresse qui remonte d’une enfance heureuse, dont il émaille son spectacle. Un Laurent Gerra inattendu, surprenant, émouvant.

Mes contributions 2017

Temps de lecture : < 1 minVous trouverez sur cette page mes productions rédactionnelles, tant Corporate que journalistiques, ainsi que les partenariats que j’ai noués pour diffuser mes chroniques littéraires et mes critiques de théâtre. N’hésitez pas à cliquer sur les liens pour les découvrir. Bonne navigation !

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