“17 fois Maximilien”, et plus encore !

THÉÂTRE & CO
Tous les mardis, au Studio Hébertot, on assiste à une performance intimiste qui allie finesse et force de jeu. Dans cette pièce à flux tendu, à l’écriture ciselée de son complice Richard Charest, Nikola Parienty se transforme en Maximilien, un être imbu de lui-même, à la désinvolture affectée, qui entreprend une analyse pour asseoir sa légitimité d’acteur. Au fil des dix-sept séances chronométrées par un thérapeute imaginaire, ce quarantenaire va peu à peu déjouer l’ascendance de l’adulte brillant en société pour laisser émerger cet enfant qui hurle son manque d’affection depuis l’enfance et que pourtant personne n’a jamais entendu. Lui, le meilleur ami des mots, va trouver dans son passé ces mots dits ou non dits, qui l’empêchent d’être heureux, tout simplement, et de dormir sans insomnie. Nikola Parienty incarne à la perfection cet être détestable en l’enveloppant d’une grâce attachante qui émeut tout en faisant rire. Au-delà des manières hautaines, les provocations et la suffisance de son personnage, il donne à voir, à entendre et à ressentir une belle âme à la sensibilité heurtée, à qui il aura manqué chaque soir la main apaisante d’une maman sur sa tête d’enfant. Soudain projeté dans le fauteuil du thérapeute, le public est tout ouïe durant les 17 fois Maximilien.

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« 2 Mètres 74 », un quartet au diapason

THÉÂTRE & CO
La capacité du Studio Hébertot est l’écrin parfait pour cette nouvelle comédie de mœurs psychologique qui dévoile, derrière le rire, comment un événement inattendu peut bouleverser une vie qui a renoncé à ses rêves. « 2 Mètres 74 » est le nom de cette pièce de Martine Paillot, à l’écriture saillante et nerveuse qui manie l’humour au fouet pour réveiller les illusions de deux amis. L’un, Pierre (Nicolas Georges), traîne le matin sa lassitude jusqu’à son bureau de banquier et le soir jusqu’à son domicile de petit bourgeois où sa femme le méprise. L’autre, Vladimir (Frédéric Jacquot), ne vibre que pour le cheval de course et les paris, mais a les poches et le cœur vides. L’arrivée d’un imposant piano Steinway & Sons de 2,74 mètres dans son studio riquiqui va chambouler son espace et sa vie. Mais pourquoi diable la concertiste de renommée internationale, Jeanne Donati, une amourette de jeunesse, lui a-t-elle légué son piano ?

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“Anquetil tout seul”, la victoire d’une équipe

THÉÂTRE
« L’excellence se joue dans la solitude. » La phrase du texte de Paul Fournel, tirée du livre « Anquetil tout seul » (Éditions du Seuil/Éditions Points) résout-elle à elle seule l’énigme Anquetil ? Deux mots clés qui définissent pourtant si bien le monstre sacré du cyclisme de 1953 à 1969, le champion de la froideur et du professionnalisme, l’homme timide avec le public et exigeant avec lui, qui ne se courbait que devant le guidon. L’homme divisait qui les foules, le sportif qui ratissait les victoires. Mais dont la « passion » ne se laisse toujours pas distancer par l’oubli. Elle est toujours, vive, venant talonner la roue de ce vélo qui fend l’air, avalant les heures d’efforts, de travail, d’audace, de défis, de douleurs, jusqu’au bout de lui-même, pour ressusciter au Studio Hébertot.

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