« La Loi du Talon », le féminisme en aiguillon

THÉÂTRE & CO
On ne présente plus Sandrine Sarroche, on la suit, on l’attend, on l’espère : à Paris Première, dans l’émission de Zemmour et Naulleau et, depuis la rentrée 2019, sur RTL dans l’équipe de Stéphane Bern, où elle tient de désopilantes chroniques hebdomadaires sur l’actualité, tout en esprit et chansons parodiques. Jusqu’à la fin de l’année 2019, elle nous donne aussi rendez-vous au Palais des Glaces, où sa verve corrosive et ses pastiches vocaux font un triomphe. Une merveille qui ne se dévore pas en dix minutes comme elle l’évoque, par ironie, pour le livre de Christine Angot, mais en une heure trente qu’on aimerait prolonger jusqu’à plus rire. Dans son quatrième spectacle, « La Loi du Talon », one woman show mis en scène par Éric Théobald, l’humoriste nous livre une autobiographie sous le signe de la saine dérision et du jeu de mots assassins.

« Le chaos de la séduction moderne », de Nathalia L. Brignoli

CHRONIQUE
Un titre choc pour un sujet chaud. L’auteure et journaliste Nathalia L. Brignoli ne s’embarrasse pas de circonvolutions pour décrire une réalité qui fait froid dans le cœur. Tout est suggéré dans le titre de cet ouvrage, « Le chaos de la séduction moderne », où elle évoque la « survie au désenchantement du couple et aux nouveaux codes de la drague, réflexions et témoignages ». Elle explique ce qu’est devenu ce féminisme des années 70 qui ne pensaient qu’à se libérer de tous les carcans pour finalement, aujourd’hui, s’enchaîner à la société de marché où la femme s’élève d’elle-même en produit de consommation. Elle décortique, non sans provocation, le bouleversement des échanges amoureux après avoir analysé nombre de témoignages d’hommes et de femmes de toutes conditions, de tous âges, éperdus de solitude, sans plus de repères dans leurs relations de couple. Au chaos occasionné par cette perte de repère s’ajoute le chaos généré par la modernité. Ainsi, le progrès nuirait à la relation amoureuse, faussant les règles de l’amour. Qui les reconnaît encore dans le comportement de ces êtres qui cherchent, non plus leur moitié, mais une moitié interchangeable une fois consommée ?

Martine Storti : sortir du manichéisme, de cette mollesse du regard

PORTRAIT PASSION
Dans son dernier essai, Martine Storti démontre et dénonce. Avec impertinence et fougue, elle procède à une déconstruction méthodique et très argumentée des avis tranchés de certains intellectuels qui, sous les feux de l’audimat, combattent dans l’arène publique, vitupérant et s’étripant à coups de phrases rebattues et de sens éculés sur des sujets épineux de l’actualité, comme l’identité, le féminisme, la théorie du genre, l’opposition social/sociétal. Avec la verve inaltérée de militante MLF qu’elle est toujours, elle trempe sa plume dans l’ironie et l’agacement, éraflant au passage les susceptibilités, pour replacer chacun des acteurs face à ses contradictions.

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