“La vie est plus belle en musique”, Claire-Marie Le Guay

Extrait

“Ce qui m’intéresse le plus quand on parle d’histoire de la musique, c’est de la relier à la notion de patrimoine humain. “La musique révèle l’expérience intime du monde”, écrit Arthur Schopenhauer dans Le Monde comme volonté et comme représentation. Elle traduit la pensée, cousine avec la nature, la religion, la science, les arts plastiques. Quand nous nous l’approprions, la musique nous ouvre à nous-mêmes. Connaître son histoire nous éclaire et nous relie au monde.” (page 32)

 

Avis de PrestaPlume ♥♥♥♥


Claire-Marie Le Guay en est convaincue : la vie est plus belle en musique ! La volée de notes sur la couverture illustre l’enthousiasme qui se répand au fil des pages en une variation de rythmes sous la baguette passionnée d’une virtuose du piano et des sensations. Balayés les a priori ou la retenue, ce livre brillant n’est pas fait que pour les initiés ! « La vie est plus belle en musique » est un ouvrage didactique à la portée de toutes les émotions, qui réussit à concilier tous les publics et à captiver tant le mélomane averti que le profane complexé. La musique classique parle à tous, mais son universalité n’embrasse que ceux qui lui prêtent l’oreille. C’est ce que propose humblement la pianiste concertiste, qui est en tournée toute l’année 2019 avec Francis Huster pour le spectacle musical de Steve Suissa, « Horowitz, le pianiste du siècle ». À travers les œuvres citées, Claire-Marie dévoile aussi la femme passionnée et engagée, au gré des notes de musique qui égrènent les siècles sans perdre de leur force ni de leur poésie. C’est un livre précieux à garder toujours près de soi, tel un remède aux maux de l’âme, dans lequel puiser sans fin selon les humeurs et les envies.

Lauréate des Victoires de la Musique, ayant à son actif une vingtaine de disques enregistrés, Claire-Marie Le Guay ne cesse d’œuvrer pour le rayonnement de la musique classique. Nombreux sont ces projets réunissant culture et éducation. Car sans éducation, sans initiation, sans culture du beau, ne manquerait-il pas un élément essentiel à la vie, à ce quotidien truffé de tracas. L’homme a besoin d’élévation, et la musique, a fortiori classique, est une nourriture de l’âme indispensable. La pianiste le vit tous les jours et a souhaité partager, au travers de ce livre, son bonheur d’avoir eu des guides aussi prestigieux que Bach, Liszt ou Schumann. Tels qu’elle les décrit, ces génies intemporels redeviennent des êtres de chair et de sang, fragiles, sombres ou volubiles, certains à la santé précaire, d’autres soumis à l’incompréhension de leur temps. Mais tous ont tracé une ligne droite, mélodieuse et vibrante, entre eux et leur destin.

Imaginé telle une conversation intime entre les compositeurs et elle, l’ouvrage raconte la naissance de la merveilleuse histoire d’amour de Claire-Marie Le Guay avec la musique classique, qui a grandi au fil des leçons de piano. Vous saurez comment elle s’est laissée apprivoiser par ces grands musiciens, comment cette intimité s’est instaurée et a élevé sa compréhension émotionnelle du monde. En toute simplicité et avec une ferveur contagieuse, elle évoque ses premières années, son parcours, son expérience, son enthousiasme, sa relation fusionnelle avec la musique classique, mais aussi la technique et la virtuosité, le trac et la rigueur, l’importance des mains et l’appréhension de l’instrument, et l’exigence de la matière qui ne souffre pas les infidélités. Le travail, encore le travail, toujours le travail.

Grâce à Claire-Marie Le Guay, l’amateur de musique classique, grand public, qui aime sans comprendre, apprend. La musicienne lui prend la main, et l’entraîne dans son monde, pas si imperméable finalement, se dira-t-il étonné. C’est parce qu’il se met à voir – et surtout à entendre – par son prisme ludique. Les compositeurs prennent vie, se racontent, et une conversation s’installe, amicale, chaleureuse. Une conversation qui pousse à en savoir plus, ou plutôt à en entendre plus. Et, chemin faisant, l’envie lui prend d’écouter le morceau choisi par Claire-Marie Le Guay pendant qu’il lit ses confidences musicales. Une centaine d’œuvres attendent ainsi d’être découvertes ou redécouvertes, et d’être mieux comprises grâce à leur contextualisation. Cette intimité rend vivante leur musique. Et l’on comprend que celle-ci ne vit que parce qu’elle est écoutée. Il faudrait être bien ingrat pour ne pas être reconnaissants à celles et ceux qui, par leur exaltation inconditionnelle, la rendent éternelle

Nathalie Gendreau

Flammarion, 7 novembre 2018, 211 pages, à 19 euros en version papier et 13,99 euros en version numérique.

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