“Un peu d’ailleurs pour ici”, Stéphanie Halperson

Stéphanie Halperson, éditions La Bruyère, chronique littéraire, PrestaPlume

 

Extrait

“L’acception. Thème commun au bouddhisme et christianisme. Lorsque je suis arrivée au groupe de prière catholique en précisant que je pratiquais la méditation bouddhiste, une femme m’a fait remarquer qu’un jour, il me faudrait choisir. Agacée par cette “exiguïté neuronale” propre à tous les clans, j’ai argué ouverture d’esprit et tolérance. Eh oui, ne lui en déplaise, j’étais une exploratrice de la spiritualité. J’étudiais, disséquais, et dégustais à tous les râteliers.” (Page 63)

 

Avis de PrestaPlume ♥♥♥

 

La dépression, une terrible chance à saisir pour avancer ? Dans Un peu d’ailleurs pour ici, Stéphanie Halperson partage le témoignage de cette quête optimiste pour (re)trouver le goût de vivre. Si l’ouvrage est un poids plume, le contenu est dense. L’auteure analyse les événements familiaux qui l’ont construite : l’enfance blessée par la séparation de ses parents, l’image idéalisée d’un père qui l’a déçue, l’héritage des secrets transmis dans l’inconscient, de génération en génération. Stéphanie est jeune et ambitieuse, affiche une vitalité contagieuse. Seulement la lassitude la gagne, grignote son quotidien, préparant le terrain à la dépression. C’est l’incompréhension ! Alors elle s’interroge. Les pistes ne manquent pas. Mais beaucoup sont des impasses, des traquenards, des fausses bonnes idées, car il faut trouver son chemin dans la multitude de voies que proposent notre siècle malade de son âme. Ce livre touche par la délicatesse de son écriture, la justesse des réflexions et l’abandon de son auteure que le lecteur vit comme une offrande.

Stéphanie a vingt ans, apparemment comblée par sa réussite professionnelle foudroyante. Mais le confort matériel, que lui procure pourtant son travail, ne lui convient plus. Elle attend autre chose de la vie, ce petit rien qui donne tant de sens aux gestes, une sincérité dans les relations, une sérénité dans les émotions. Peu à peu, le mal-être qui ronge son frein depuis l’enfance, repoussé derrière les barricades du non-dit, fait exploser le fragile équilibre des apparences. La jeune femme glisse sur la pente douce de la dépression. Passé l’hébétude, elle tente de reprendre pied en testant différentes pratiques : la numérologie, la voyance, la secte, le New Age, le bouddhisme, le yoga, la méditation… Mais l’épanouissement lui résiste. Alors, elle revient sur les pas de son enfance aux abords du Carmel de Lisieux. Un chemin simple et ardu, celui de la réconciliation. Il suffisait de la dépoussiérer des idées préconçues dont on l’accable par habitude laïque : la religion.

La démarche spirituelle, thérapeutique ou religieuse n’est plus une originalité dans ce monde qui pulse au diapason de la vitesse et du virtuel, créant un sentiment de vide déstabilisant. Avec Un peu d’ailleurs pour ici, Stéphanie Halperson ajoute sa pierre à l’édifice de cette conscience universelle qui agrège l’expérience de toute vie pour illuminer davantage la voie vers la paix intérieure. Celle qui apporte confiance et amour. Mais que ce parcours est erratique, lorsqu’on se confronte à des pratiques peu conventionnelles. L’expérience partagée par l’auteure est une mine d’enseignements sur la diversité des pensées, des courants, des plus illuminés aux plus traditionnels. L’auteure fait preuve d’une totale transparence, dévoilant ses interrogations, reconnaissant ses erreurs sans les nier ni les rejeter sur autrui. Cette recherche de vérité provoque chez le lecteur compassion et admiration pour Stéphanie Halperson qui renoue son être à ses racines, à ces générations antérieures qui façonnent les générations futures. La paix est à ce prix-là !

Nathalie Gendreau

 

Éditions La Bruyère, 19 mars 2018, 118 pages, à 15 euros.

 

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