« Tiki, une année de chien », Fred Leclerc et David Azencot

Avis de PrestaPlume ♥♥♥

Les éditions La boîte à bulles publie « Tiki, une année de chien », un roman graphique sur l’adoption d’un animal et les déboires pouvant en découler, si l’on n’est pas vraiment prêt à l’accueillir. Pour Fred Leclerc, ce fut l’horreur. Ce directeur artistique dans la publicité, qui rêvait dans sa jeunesse de faire de la bande dessinée, s’est saisi de ses mésaventures avec sa chienne Tiki pour transcender avec le dessin le cataclysme émotionnel que sa présence a déclenché, faisant de son quotidien une épreuve insurmontable. Sur ce chemin de l’écriture graphique – quasi thérapeutique, – il s’est associé à David Azencot, auteur et humoriste notamment à Canal+ et chroniqueur à Rires & Chansons. Cet ouvrage est leur première incursion dans le genre. Une incursion plaisante, outre le message non subliminal qui illustre de manière édifiante les conséquences d’une adoption « coup de cœur », comme on le ferait d’un objet. Peut-être pour remplir un vide… ou faire plaisir.

Résumé

Adopter un animal de compagnie n’est pas une décision à prendre à la légère. Le dire est un lieu commun, le vivre est parfois un parcours hors du commun, voire un parcours du combattant. Mais ni le chien ni le maître n’en sortent vainqueurs. Quand Tiki est arrivée pendant le second confinement, après le paiement de 4 000 €, c’est comme si les dieux et leur foudre étaient tombés sur la tête du maître. Mais que n’aurait-il pas fait pour faire plaisir à sa fille… et à sa femme  ? Lui qui ne sait jamais dire non ne pouvait que céder devant l’insistance de la maisonnée. Seulement voilà, Tiki est une Shiba, une race primitive difficile à éduquer. De fait, elle lui en fait voir des vertes et des pourries. Il en cauchemarde. Elle devient son obsession, sa phobie. Il craque, dépérit, déprime. S’il ne veut pas faire imploser son couple, il doit consulter un psy.

Pour en savoir plus

Agissant comme révélateur d’un déséquilibre émotionnel, l’achat de la petite chienne est l’expérience typique d’un choix non réfléchi. Dans sa postface, intervenant comme caution morale, le président de la SPA Jacques-Charles Fombonne revient sur les risques de ces adoptions impulsives pouvant tourner au drame, parfois à l’abandon et à la maltraitance de l’animal. Outre les alertes et les préconisations, ce roman graphique offre un très bon moment de lecture. Les situations et les dialogues sont drôles. Plus le personnage s’enfonce dans la déprime, plus l’ironie devient saillante, incisive. Un zeste d’autodérision et de réparties bien senties, et 113 pages plus tard, je défie quiconque de ne pas s’interroger sur les raisons profondes de son envie de s’offrir une petite boule de poils si réconfortante. C’était la vocation de cet ouvrage, au-delà de réaliser pour le dessinateur un rêve de jeunesse. Mission accomplie  ! L’association artistique de David Azencot et Fred Leclerc est une franche réussite graphique et pédagogique.

Nathalie Gendreau

Éditions la Boîte à Bulles, Collection Contre-pied, 24 novembre 2021, 136 pages, à 19 euros.

1 réflexion au sujet de « « Tiki, une année de chien », Fred Leclerc et David Azencot »

  1. Nathalie Gendreau à le chic pour traiter d’un événement culturel (livre ou spectacle) au moment où cet événement à un lien avec l’actualité. Le plaisir de céder à l’affectueuse pression familiale pour offrir un animal à son enfant atteint souvent son point culminant à l’approche de Noël. Nous y sommes. Combien ont cédé aux regards, aux bizous, aux sollicitations « Papa, je t’en supliiiieee ! » ? Je ne connais pas le nombre, mais j’en fais partie.
    C’est pourquoi je recommande aussi la lecture de « Tiki, une année de chien » avant d’aller chez l’éleveur (plutôt que dans une animalerie). La postface du Président de la SPA me paraît indispensable pour que cette décision (importante) ne soit pas regrettée au premier pipi (anecdotique) sur le tapis du salon.
    Mais il faut savoir aussi que la possession d’un animal peut avoir des effets extrêmement positifs sur le caractère d’un enfant. Amour et responsabilité sont les plus connus mais je me souviens d’avoir lu la confession d’un psychologue qui avait guérit la neurasthénie d’un jeune ami en lui offrant un chat.

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