« Horowitz, le pianiste du siècle », l’inaccessible à portée de mains

Vladimir Horowitz Francis Huster Claire-Marie Le Guay Théâtre Critique Chronique Blog Steve Suissa Salle Gaveau

THÉÂTRE & CO
Impensable, ambitieux, fou, périlleux. Sur le papier, tous ces qualificatifs sur le spectacle Horowitz, le pianiste du siècle battent la démesure. Sur scène, ce 3 février 2018 à la Salle Gaveau, à Paris, ils s’inclinent devant la simplicité des talents réunis et la pureté des interprétations, au premier rang duquel Vladimir Horowitz. Le virtuose à la vie tourmentée, l’explorateur de l’ombre et de la lumière. L’aventurier ardent défenseur de sa différence. Un homme qui a traversé le XXe siècle avec la musique comme seul guide. Pour restituer le jeu de ce pianiste disparu en 1989, Claire-Marie Le Guay incarne ce même cœur qui bat le tempo avec fougue et dextérité. Pour soutenir cette âme forte, Francis Huster offre son timbre sans nul autre pareil, qui fait remonter des profondeurs de l’oubli une histoire passionnante et singulière. Après avoir accordé le pianiste à sa musique et son parcours, le metteur en scène Steve Suissa lui insuffle la vie grâce à un mur d’images et de séquences filmées. Des souvenirs d’un monde sépia, des instantanés de drames et des éclats de notes. La trinité indivise d’un destin glorieux.

« À droite à gauche », la politique d’en rire

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Pour les « quinze irrévocables », après plus de 250 représentations depuis 2016, la comédie de Laurent Ruquier « À droite à gauche » réunit un duo improbable qui évolue et interagit comme des inséparables, deux artistes magnifiques dont la rencontre devient une évidence artistique. D’un côté Francis Huster jouant le rôle de Franck Tierson, un acteur riche et célèbre, divorcé et seul, étendard de la gauche caviar triomphante et qui le revendique… par solidarité avec les gens du peuple. De l’autre Régis Laspalès, alias Paul Caillard, chauffagiste en déplacement pour réparer une chaudière dans un luxueux appartement. Naïf par humanité et homme de bon sens, il assure être de droite « n’ayant pas les moyens de voter à gauche ». La situation, cocasse et inattendue, digne du pur boulevard, prépare à une conversation surréaliste qui abolit la langue de bois. Enfin !

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