« Rien ne t’efface », Michel Bussi

Extrait (page 101)
« Qu’ils se rassurent tous, je ne suis pas folle, je suis venue pour les soigner, faire mon métier, du mieux que je peux. Même si je perçois sur moi le poids de leurs regards, oppressants, inquiétants. Je ne m’en sortirai pas seule ! La première image qui me vient est celle du docteur Wayan Balik Kunning, sans comprendre réellement pourquoi ; je tente de l’effacer et je serre encore plus fort la main de Gabriel. »

« Rien ne t’efface », Michel Bussi

Avis de PrestaPlume ♥♥♥♥

C’est toujours avec impatience qu’on attend le nouveau roman de Michel Bussi, tant ses fins sont inattendues et prennent à revers le lecteur. Pour y parvenir, il use du bon filon de faire passer un personnage pour ce qu’il n’est pas. Le sachant n’exclut pas de se laisser prendre au piège. C’est tout l’art et la manière de ce romancier inspiré. Moins enchevêtré que le roman précédent « Au soleil redouté », qui nécessitait une acuité de lecture hors norme pour trouver l’assassin sans donner sa langue au chat, « Rien ne t’efface » est un thriller tout aussi intense et captivant sur le thème de la fibre maternelle. Cet instinct qui ne trompe pas, même contre l’avis de tous, comme pour Maddi, une mère célibataire capable de donner sa vie pour celle de son fils Esteban. À sa disparition, elle crut mourir. Dix ans plus tard, lorsqu’elle pense le revoir, comme incarné dans le corps d’un autre petit garçon, elle ne tergiverse pas. Elle va tout risquer – sa carrière de médecin, sa liberté, son équilibre psychologique – pour savoir qui il est et où il vit avec sa mère. Convaincue que le « jumeau » d’Esteban est lui aussi en danger de mort, elle commettra l’impensable pour tenter de le sauver de la fatalité programmée.

Résumé

En 2000, le jour de ses dix ans, Esteban disparaît sur la plage de Saint-Jean-de-Luz. La police imagine toutes les possibilités : noyade, fugue, enlèvement. Pour Maddi, sa mère, il n’y a pas de doute, il a été kidnappé. Lorsque, plus tard on retrouve un petit corps noyé, elle ne veut pas le reconnaître. Son fils est vivant quelque part, enlevée par une femme, elle en est persuadée. Les recherches seront pourtant abandonnées, et Maddi, le cœur détruit, quitte la station balnéaire pour vivre à l’autre bout de la France. Loin, très loin de cette plage. Dix ans plus tard, elle revient sur les traces de ce passé douloureux comme un ultime pèlerinage. Mais c’est alors qu’elle voit le sosie d’Esteban. Même maillot de bain, même taille, même corpulence, même coupe de cheveux. Elle croit devenir folle ! Convaincue que c’est son fil réincarné, elle fera son enquête pour savoir qui il est et, le sachant, quittera une nouvelle fois son cabinet médical, pour rejoindre un village perdu, Murol en Auvergne. Très vite, son comportement obsessionnel la rend suspecte aux yeux de certains. Mais comment faire comprendre à la mère de Tom que son fils est la réincarnation d’Esteban et qu’il risque de rencontrer le même funeste destin le jour de ses dix ans ? Maddi ne voit qu’une seule solution !

Pour approfondir

Pour protéger son enfant, jusqu’où est-on prêt à aller ? La question est nulle et non avenue pour Maddi, comme pour beaucoup de parents. Bien entendu qu’elle ira jusqu’au bout de ce qu’il est possible de faire, quitte à se mettre hors la loi ! Avec son nouveau thriller, Michel Bussi monte un suspense insoutenable. L’intrigue soutenue par le fil d’Ariane de la fibre maternelle est porteuse et évocatrice, car universelle. L’actualité, si besoin, nous sert ces terribles drames familiaux conduisant au rapt d’un enfant qui devient un enjeu capital. De plus, comme souvent, il invite dans la danse infernale du suspense, un peu de surnaturel qu’il nous donne à connaître et à approfondir. Qui croit à la réincarnation sera servi ! Qui n’y croit pas aussi ! Car, souvent encore, l’auteur prolixe et mutin mène par le bout du nez son lecteur là où celui-ci ne pense pas aller et s’étonne d’y être déjà… à l’insu de son plein gré. Soyons honnêtes, il est doux de se faire balader de la sorte, au rythme des révélations qui cachent tout autant de mystères. L’auteur aux multiples rebondissements sait tant et si bien faire qu’il ne lasse pas. Bien au contraire, on en redemande !

Nathalie Gendreau

Éditions Les Presses de la Cité, 4 février 2021, 447 pages, à 21,90 euros en version papier. Disponible chez Lizzie en audio numérique depuis le 4 février en en CD le 18 mars.

1 réflexion au sujet de « « Rien ne t’efface », Michel Bussi »

  1. Prometteur ! Comme souvent, Nathalie Gendreau a le don de nous donner l’envie de lire et contribue ainsi à distiller l’antidote au décervelage organisé par la doxa de la pensée unique.
    Cette fois la pensée est double car elle mêle le surnaturel de la réincarnation au naturel de l’amour d’une mère, le tout sur fond d’une intrigue policière dont l’auteur maitrise les codes. Exercice semble t-il réussi une fois de plus par Michel Bussi pour qui le succès est plus que naturel… il est devenu permanent.

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