« Pour l’amour de : le Dauphiné », Évelyne Dress (Éditions Magellan & Cie)

Extrait (page 32)
« Le transisère no 4100 quitte Grenoble par la sortie no 8 de la rocade sud et prend la route Napoléon. Le car suit les pas de l’Empereur, mais à rebours. Chemin muletier au Moyen Âge, cette voie impériale, qui fut la « route des Alpes d’hiver », est devenue la « route Napoléon » en 1932 sur la proposition du syndicat d’initiative de Grenoble. Monuments, bornes, plaques épigraphiques, logo de l’Aigle, jalonnent la RN 85, célébrant les endroits où l’Empereur n’a fait que passer, où ses arrêts les plus longs se sont comptés en heures, où il n’a laissé que le souvenir de quelques mots et gestes. »

« Pour l’amour de : le Dauphiné », Évelyne Dress

Avis de PrestaPlume ♥♥♥♥

Dans ce dernier opus « Pour l’amour de  : le Dauphiné », aux éditions Magellan & Cie, Évelyne Dress s’invite chez vous pour vous susurrer à l’oreille la beauté de sa région, le Dauphiné. Habitués de ses romans, fortement ancrés dans la terre et ses racines familiales, les lecteurs fidèles ne seront pas dépaysés par cet essai touristique qui, loin d’être un pensum de l’Office du tourisme, a été construit comme une balade dans les souvenirs et sur les chemins chers au cœur d’enfant de cette auteure prolixe. Cet ouvrage, très léger dans un sac de plage, est la lecture idéale sur les lieux de vacances, que l’on soit à la montagne, en campagne ou à la mer… Il vous fera voyager sur cette route Napoléon que l’auteure affectionne tant et qu’elle vous propose de parcourir en sa compagnie, en mêlant savamment souvenirs personnels et histoire de France. Un pari osé, qui ne relève ni du narcissisme ni de l’opportunisme. C’est au contraire un chemin détourné par lequel l’expression « école buissonnière » prendrait une connotation positive. N’apprend-on pas mieux loin des balises du conformisme qui vous dicte quoi et surtout la manière d’apprendre ? Avec Évelyne Dress, on se sent en terrain ami pour découvrir l’histoire et la géographie de son berceau familial qui fut rattaché à la France en 1349. C’est donc une belle et longue histoire d’amour qu’il vous est proposé de découvrir !

Résumé

L’Isère est son département, Grenoble, sa ville fétiche, et Pétichet, son berceau familial. Mais Évelyne Dress ne boudera pas son plaisir d’associer dans son périple mémoriel les Hautes-Alpes et la Drôme qui, de son propre aveu, possèdent de très beaux atouts touristiques. On ne peut que partager ce point de vue… objectif ! Pour nous faire aimer davantage cette flânerie, qui se veut aussi romantique qu’instructive, la narratrice Évelyne Dress convoque les grands personnages de l’histoire au travers les siècles, au premier rang desquels Napoléon Bonaparte. En cette année de commémoration, ce compagnon livresque tombe à pic pour nous ouvrir la voie aux merveilles du Dauphiné, cette région qui l’a si bien reçu lors de son retour de l’île d’Elbe. Mais la région recèle bien d’autres figures qui ont modelé l’âme des habitants. Citons Jeanne de Chantal, la fondatrice de l’ordre de la Visitation au XVe siècle, Hippolyte Muller qui crée le Musée dauphinois en 1906, Jean-Jacques Rousseau qui y trouve un refuge éphémère en 1768, mais aussi Stendhal, Berlioz, Fantin-Latour, Choderlos de Laclos, Champollion… et bien d’autres !

Pour approfondir

Évelyne Dress ne s’en cache pas, sa naissance inopinée dans un train le 1er août est des plus rocambolesque. De là à y voir un signe du destin, il n’y a qu’un petit pas que la petite Évelyne a franchi allégrement dans la joie de conquérir le monde, mais sans jamais oublier la maison de Pétichet où elle ne cessera de retourner en pensées chaque fois que la vie l’ébranlait. N’est-ce pas le lieu qui cristallise son attachement à ses racines ? Des souvenirs de vacances avec ses grands-parents jusqu’aux premiers émois d’adolescente. Tous ces moments impérissables ont nourri sa personnalité, et peut-être aussi sa quête insatiable du passé pour mieux vivre le présent. Au temps sombre de l’Occupation, Pétichet fut un refuge lumineux pour cette famille juive, éprouvée par l’arrestation fatale de deux des siens, des garçons dans la force de l’âge, les oncles d’Évelyne Dress. Ce récit tout en pudeur, où s’entrecroisent l’histoire familiale et l’histoire du Dauphiné, est un bel hommage à son « pays », au sens terroir, et à ses aïeux qui se sont battus, comme ils ont pu, pour bâtir les fondations d’une lignée iséroise profondément éprise de son pays d’adoption.

Nathalie Gendreau

Éditions Magellan & Cie, juin 2021, 96 pages, à 10 euros.

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