Concert : l’univers de Nahel à nu, à cru, à cœur

 

THÉÂTRE & CO 

 

Avis de PrestaPlume ♥♥♥♥

 

©Benoit Carre 2017

Lundi 22 mai prochain, au théâtre de l’Archipel, c’est un embarquement immédiat pour une expédition musicale avec un commandant de bord mi-lunaire mi-solaire, accompagné de cinq musiciens acoustiques. Le comédien chanteur Nahel donne le ton dès le premier air avec « Complot« , un emportement de mots et de notes sculptés dans les pensées folles d’un schizophrène. Pendant près d’une heure et demie, Nahel s’amuse sur scène. Son univers se dévoile à nu, se démultiplie à cru et palpite à cœur. Les émotions en fusion jaillissent d’une voix nourrie de mots audacieux, ricochant sur des phrasés joliment à contre-courant. Beaux dans l’inattendu ces airs sous influence jazzy irradient le rêve et transcendent la réalité. La poésie du texte s’est donné rendez-vous au confluent des sentiments, les éclatant avec rythme, les submergeant avec sensualité, les fouillant avec gravité. Plus qu’un spectacle musical, c’est un conte chanté et joué, intensément, tendrement, joyeusement, impertinemment.

Dans le grand bleu énigmatique de son regard à la Vincent Cassel, le fascinant Nahel emporte dans son ondulation « émotivante » un public qui se laisse envoûter avec curiosité et confiance. Harmonisées sous l’influence musicale du saxophoniste et arrangeur Julien Daian (Julien Daian quintet et Dj Borz), ses dix-neuf chansons françaises occupent l’espace. Tout l’espace. Elles rappellent la sensibilité d’un Nougaro, d’une Barbara, d’un Higelin, mais elles vibrent surtout en accord sincère avec Nahel, ce randonneur des mots qui expriment si bien les écorchures. L’interprétation authentique de cette intimité ourlée d’humour et de légèreté en fait une personnalité attachante. L’on pénètre avec plaisir dans son univers singulier, cheminant sur des sentiers où l’onirisme (La buveuse d’absinthe) croise la réalité cruelle (L’enfance, Soir de novembre). L’amour est une constante dans ses titres ; y convolent l’amour érotique, l’amour comique, l’amour joyeux, l’amour jaloux, l’amour du pouvoir, l’amour maltraité, l’amour tristesse, l’amour assassiné… Un poignant fil rouge !

©Nathalie Gendreau 2017

L’auteur, compositeur et interprète Hervé Nael dit « Nahel » a grandi en Bretagne, berceau de pirates et de fées qui ont ensemencé des histoires avec un grand « H ». Le « H » d’Hervé, lui, s’est glissé dans la chaleur d’un nom, Nael, qui signifie « celui qui étanche sa soif« . Ainsi, tout était prédestiné. Tout jeune, tel un assoiffé, Hervé se dirige d’instinct vers sa source miraculeuse : l’expression par tous les moyens possibles, le corps, la musique, les mots, l’imaginaire, et le jeu avec son public. Il commence avec le théâtre, le chant, la comédie musicale, le cinéma, et se plonge dans l’écriture de mélodies et de paroles très personnelles. En alliant tous ses atouts expressifs, Nahel fait de son concert un véritable spectacle vivant atypique. Et réussit à toucher juste et fort. Souhaitons-lui que ses chansons lui permettent d’accrocher l’étoile de la renommée à son ciel poétique… pour que sa soif soit enfin étanchée.


« Concert de Nahel »
   
Chanteur : Nahel 

Ecriture et collaborations : Nahel, Sophie Cadalen, Jacques Dalliance, Fabienne Pacory, Constance Petrelli, Marie-France Bove… et Yanowsky.


Musiciens : Lysiane Metry (Violon), Thomas Cassis (piano), Tommaso Montagnani (contrebasse), Brice Perda (tuba/bugle) et Christophe Pichon (batterie/percussions).


Pour la scène, Nahel est suivi par Marie Giraud (Interprétation) et Géraldine Ros (Travail vocal) du centre Harmoniques.

AACA Prod.

Théâtre de L’Archipel, 17 boulevard de Strasbourg, Paris Xe.
Le lundi 22 mai à 20 heures.
Durée : 1h30.

Spectacle soutenu par Yanowsky (Le Cirque des Mirages).

 





 

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