« Comme par magie – Vivre sa créativité sans la craindre », Elizabeth Gilbert

 

Résumé

Depuis près de dix ans, des milliers de lecteurs de par le monde ont été inspirés et influencés par les livres d’Elizabeth Gilbert. Aujourd’hui, l’auteure puise dans son propre processus de création pour partager avec nous sa sagesse et son point de vue unique sur la créativité, et nous encourage à aller à la recherche de notre inspiration. Elle nous montre comment capturer ce que nous aimons le plus et comment tenir tête à ce qui nous fait le plus peur ; évoque les attitudes, les approches et les habitudes dont nous avons besoin pour vivre notre vie de la façon la plus créative qui soit. Que nous souhaitions écrire un livre, relever de nouveaux défis professionnels, poursuivre un rêve trop longtemps mis de côté ou simplement insuffler un peu plus de passion dans notre quotidien, Comme par magie nous ouvre les portes d’un monde de merveille et de joie.

 

Avis de PrestaPlume ♥♥♥♥

Après un best-seller, est-il possible d’écrire de nouveau ? Le simple fait de se demander si une réussite peut se renouveler est déjà, en soi, assez angoissant… n’est-il pas ? À partir de cette question, Elizabeth Gilbert déploie une large réflexion autour de la créativité et la manière dont devrait le vivre la personne, c’est-à-dire sans la craindre. Avec humour et le parler franc qui ont fait son succès, en 2008, dans « Mange, prie, aime », l’auteure redéfinit ce qu’est la création à travers ses propres expériences d’écrivain et celles de ses amis ou connaissances, avec la simplicité qui la caractérise. Bien entendu, l’écriture est la ligne directrice, mais les conseils et remarques valent pour toutes les formes de création, c’est-à-dire faire une activité qui vous motive et vous rend heureux. Faire de sa vie une création est donc réalisable ! Et s’il suffisait de le décider… C’est toutes ces merveilleuses possibilités, qui relèvent de la magie, selon l’auteure, qui en fait un ouvrage de développement personnel qui se lit avec curiosité, intérêt et gourmandise.

Alors, que doit-on faire pour se sentir libre devant une créativité toute naissante, introvertie, timorée ou encore exigeante, capricieuse, tyrannique ? Tout d’abord, être pénétré d’une certaine dose de courage. « L’existence créative est la voie des braves », prévient l’auteure. On se doute, là, que tout créateur s’engage dans un parcours du combattant. Car la peur est le pire des massacreurs de rêves. Et Elizabeth Gilbert sait de quoi elle parle, elle en a fait une liste à la Prévert ! S’appuyant sur son enfance, elle nous fait partager son rêve de devenir écrivain, pas forcément célèbre, mais l’écriture était la voie qu’elle se traçait, malgré la peur qui la poursuivait pour tout et rien. Comme on ne peut l’éliminer efficacement, elle propose de vous en faire une alliée, et d’essayer de cohabiter intelligemment avec elle.

Après cela, il faut avoir des idées. Sans idées, pas de création. Et c’est là que la magie apparaît, car les idées sont pure énergie et « sont mues par une unique pulsion : se révéler ». Pour cela, elles voyagent au gré des intentions des uns et des autres. L’heureux veinard qui l’accueillera devra se consacrer à elle ; sans quoi, délaissée, elle ira voir ailleurs si un hôte plus attentionné et consentant peut la considérer à sa juste valeur. C’est ainsi que les idées vont et viennent, font trois petits tours et s’en vont comme si de rien n’était si on les boude ou on les néglige.

Ainsi, une fois l’idée en place, bien au chaud, il faut se mettre au boulot ! Travailler, et encore travailler. L’idée ne fait pas tout, il faut bien intégrer ce paramètre. Et celui qui croit que l’inspiration est l’essentiel se prépare à quelques déconvenues cuisantes, qu’un ego surdimensionné pourrait mal supporter ! Et c’est là que l’auteure alerte : « Personne ne vous demande de sauver le monde avec votre créativité. Non seulement votre art n’a pas besoin d’être original, mais il n’a pas non plus à être important. » Vous l’avez compris, la ténacité est une qualité requise pour qui veut percer quelque part pour vivre de sa créativité. Mais attention à ses propres exigences, sinon on risquerait de la tuer en lui lançant un ultimatum de résultat ou de succès.

L’ouvrage compte six chapitres au titre court, telles des injonctions qui sont des jalons nécessaires pour parvenir à s’épanouir avec ses envies, ses inspirations, ses idées. On y apprend comment les accueillir, les révéler et les laisser se répandre en soi et à travers soi, sans l’exigence cruelle d’une deadline ou d’un perfectionnisme dévorant, mais avec la décontraction indispensable vis-à-vis de sa création qui n’est pas le centre de tout, qui ne peut être « son bébé », autrement dit « inattaquable ». Les critiques, bonnes ou mauvaises, seront ainsi mises à distance. Elizabeth Gilbert démontre, sa propre expérience à l’appui, combien les avis sont versatiles, ce qui libère les poumons… et la créativité par la même occasion !

Quoi qu’il arrive, vivre en bonne intelligence avec sa créativité, voilà ce que nous prescrit l’auteure tout au long de « Comme par magie », pour nous concilier – ou réconcilier – avec soi. Ainsi la magie de la créativité pourra-t-elle se révéler, ouvrant un chemin royal, même si semé d’embuches, à l’accomplissement de soi, et ce, sans peur, ni reproche…, et ni regrets.

 

Éd. Calmann-Lévy, janvier 2016, 314 pages, 19 €.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Pin It on Pinterest