« Le Tigre, le Vert Galant, la perfide Albion et les autres… Les surnoms au fil de l’histoire », Daniel Lacotte (Christine Bonneton Éditions)

Extrait (page 204)
« Louise Michel (1830-1905) : La Vierge rouge. Militante révolutionnaire française qui prit une part active aux combats de la Commune de Paris, Louise Michel deviendra l’une des figures symboliques du mouvement insurrectionnel. L’imagerie populaire évoque son courage et la présente juchée sur des barricades, brandissant un drapeau rouge d’une main et une torche enflammée de l’autre. »

« Le Tigre, le Vert Galant, la perfide Albion et les autres… Les surnoms au fil de l’histoire », Daniel Lacotte

Avis de PrestaPlume ♥♥♥♥

On pense avoir fait le tour de la langue française et de ses thématiques. C’était sans compter sa richesse infinie et l’imagination espiègle de Daniel Lacotte. Pour notre plus grande joie, le lexicographe écrivain publie son dernier ouvrage « Le Tigre, le Vert Galant, La Perfide Albion et les autres… – Les surnoms au fil de l’histoire », aux éditions Christine Bonneton. Ce nouvel opus, aussi érudit que ludique, fourmille de renseignements sur les surnoms des « grands » de ce monde à travers les siècles et qui sont remontés jusqu’à nous. L’auteur passe en revue, par ordre alphabétique, les qualificatifs, les surnoms et autres sobriquets d’immenses personnages de l’histoire non seulement française, mais aussi universelle. Daniel Lacotte prend un malin plaisir à rétablir la vérité de ces personnages et également de ces époques ou lieux, comme les « Trente Glorieuses », la « Belle Époque » ou la « Perfide Albion ». Il nous régale d’anecdotes, de connaissances, jamais superfétatoires tant le plaisir d’apprendre est nourri tout au long des pages.

Pour approfondir

Ainsi, pourquoi les États-Unis sont-ils intimement rattachés à l’Oncle Sam depuis deux siècles ? Pourquoi a-t-on surnommé Jeanne, Pucelle d’Orléans et Marie 1re Tudor Bloody Mary ? Pourquoi Jacques Bossuet est-il surnommé l’Aigle de Meaux, Georges Clemenceau, le Tigre, Louis XIV, le Roi-Soleil, Mao Tsé-Toung, le Grand Timonier ? Ou encore pourquoi les contrerévolutionnaires bretons étaient-ils baptisés les chouans ou encore la chasse aux protestants sous le règne du Roi-Soleil était-elle appelée les dragonnades… ? Certains de ces surnoms crèvent d’évidence et nous ramènent à nos cours d’histoire, aux livres ou films qui nous ont éclairés sur tel ou tel personnage, tel ou tel événement. Seulement, parfois, ce qui s’impose d’emblée à l’esprit n’est pas toujours vérité. L’évolution de la langue française est passée par là, transformant une croyance en certitude. Il faut creuser un peu plus profond, gratter le vernis de cette évidence pour s’apercevoir que le surnom enferme une autre réalité.

Les qualificatifs des personnages contemporains recèlent moins de mystère, puisqu’en tant que groupe ou société, nous y avons participé collectivement, en nous les appropriant, en les colportant à l’envi tant la trouvaille des comiques ou des esprits railleurs ou chagrins allait comme un gant à son propriétaire. Personne n’oubliera certains des nombreux surnoms de Jacques Chirac (Le Bulldozer, l’Agité, Château-Chirac ou encore le célèbre Super-Menteur des Guignols de l’Info) ou de François Mitterrand (le Sphinx, le Florentin, Dieu ou encore Tonton) ! Qu’il ait une connotation mystérieuse, inattendue, parfois loufoque ou fantasmagorique, le surnom distille une part de vérité, éclaire la « victime » sur un trait de caractère, synthétise une vie entière d’actions ou accentue seulement un trait physique comme La Dame de Beauté (Agnès Sorel) ou Le Balafré (Henri de Guise). Cependant, avant tout, le surnom a toujours fait partie du quotidien avant d’appartenir à l’histoire, la grande Histoire, celle qu’on lit dans les livres, mais il est aussi une résonance de l’histoire familiale. Vous-même, vous avez sans doute en tête le sobriquet d’un aïeul ou d’un parent éloigné qui se serait distingué. Un trésor, n’est-il pas, pour dérouler la pelote d’une vie ?

Nathalie Gendreau

Éditions Christine Bonneton, Collection Au fil des mots, 6 mai 2021, 292 pages, à 16,90 euros.

1 réflexion au sujet de « « Le Tigre, le Vert Galant, la perfide Albion et les autres… Les surnoms au fil de l’histoire », Daniel Lacotte (Christine Bonneton Éditions) »

  1. Quelle bonne idée pour un cadeau original à offrir ou à s’offrir. Merci, Nathalie Gendreau, pour cette nouvelle pépite qui est aussi utile qu’agréable car si nous connaissons nombre de ces surnoms il faut avouer que nous en ignorons souvent l’origine.

    Voilà donc une occasion de s’instruire en s’amusant et en captivant, parfois, un auditoire que l’on souhaite admiratif. A noter par tous ceux, dont je suis, qui se grattent la tête au moment des fêtes pour rompre la banalité suggérée par la publicité.

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