“Le retour du Jeune Prince”, Alejandro G. Roemmers

 

Extrait

” – Ce n’est pas un dessin, précisa-t-elle (la plante), mais une photographie. C’est une reproduction de la réalité telle qu’elle est vraiment. Comme tu peux le voir, le mouton arrive presque à la poitrine de l’enfant. Si tu m’avais consultée avant, je t’aurais dit que même un mouton qui vient de naître ne pourrait pas tenir dans une caisse de vingt centimètres de côté.

Puis, prenant un air compatissant, la plante lui décocha un trait qui l’atteignit en plein cœur :

– Je suis navrée, mon maître, mais en tant que servante, il est de mon devoir de te mettre en garde contre ce prétendu ami qui a abusé de ta confiance, car, en réalité, la caisse est vide.” (page 53)

 

Avis de PrestaPlume ♥♥♥

 

Le retour du Jeune prince » d’Alejandro G. Roemmers est le livre que l’auteur aurait voulu lire adolescent et qu’il a écrit en quelques jours, en 1999. Selon cet industriel au cœur de poète, ce roman n’est pas une suite au conte philosophique et initiatique, mais une continuité du message du Petit Prince de Saint-Exupéry. Sous la plume de l’auteur argentin, le gracile enfant aux cheveux de blé et à l’écharpe rouge est un adolescent exténué, échoué sur une route désertique de la Patagonie. Parti à la recherche de son ami aviateur qui lui a offert jadis un mouton, le jeune garçon gît à demi-mort de faim et de fatigue sur le bord de la route. Un voyageur solitaire le découvre, s’arrête et le recueille dans sa voiture. Démarre alors une conversation à bâtons ininterrompus entre l’homme incrédule et l’enfant triste. Rapidement, le voyage est prétexte à interroger le sens de la vie et des rencontres. Adoubé par les descendants de Saint-Exupéry, ce « road movie » argentin s’est délesté dans ce retour sur Terre de la poésie onirique originale pour prodiguer un enseignement et donner des réponses aux questions.

« Le retour du Jeune prince » a fait une entrée en fanfare en France, à l’Atelier des Lumières. Rien n’a été laissé au hasard pour faire de ce 10 avril 2019 un baptême médiatique féerique. L’émerveillement s’est invité au travers d’un spectacle son et lumière immersif et magique. Les dessins du livre de Laurie Hastings étaient projetés en mouvement sur les murs, animant le Petit Prince qui n’est plus si petit. Au cours de l’interview fort instructive de l’auteur, on apprend que ce businessman a été malheureux les trente premières années de sa vie jusqu’à ce qu’il s’autorise à écrire des poésies, puis ce roman qui allait devenir un best-seller avec ces trois millions d’exemplaires vendus à travers le monde. Son plus beau cadeau, dit-il lors de cette interview, étant d’apprendre par des lettres de lecteurs que son ouvrage a changé leur vie. Alejandro G. Roemmers est un homme heureux et souhaite partager les recettes de ce bonheur. Une recette ma foi simple sur le papier, puisqu’il s’agit de s’aimer soi-même et ses rêves pour construire le monde dans lequel on veut vivre.

Alejandro G. Roemmers est un homme inspiré, il a prêté vie au Petit Prince devenu grand, avec l’aval des descendants du père créateur. Il a gardé la pureté du personnage et la bienveillance de son interlocuteur. Dans cette version « jeune adulte », le Petit Prince est à l’âge critique des interrogations et des susceptibilités. Brutalement, il est immergé dans la réalité de notre monde, égoïste et pressé. Lui, il ne souhaite que retrouver son ami l’aviateur, car il lui a menti. Un mouton ne pouvait pas tenir dans une si petite boîte ! S’est-il moqué de lui ? L’auteur explore dans cette suite les questions qui ont dû lui occuper l’esprit à cette période charnière entre l’enfance et l’âge adulte. Il est question d’amour vrai, d’amitié, de trahison, de mensonges, de responsabilité, de la perception de la réalité, de la vision positive des difficultés, des bonnes actions… La quête est initiatique et spirituelle, un brin moralisatrice, faisant de cette « poursuite » un hybride entre un conte réaliste et un livre de développement personnel. Un parti pris assumé par l’auteur, tendu à l’extrême par ce désir de transmettre la recette du bonheur.

Nathalie Gendreau

 

City Editions, 10 avril 2019, 176 pages, à 13,90 euros.

 

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