« Jacqueline… Reviens ! », tout Maillan en truculence

 

THÉÂTRE & CO 

 

Avis de PrestaPlume ♥♥♥

 

 

« Une troupe passionnée et très active ! » promet Corinne Zarzavatdjian, la metteuse en scène de « Jacqueline… Reviens ! », pièce dans laquelle elle joue également avec Laurent Pariente et Jonathan Bouchoucha, à La Comédie Saint-Michel. La passion est de mise, assurément. Cette comédie ultra vitaminée puise dans le répertoire du vaudeville de Feydeau, de Courteline et de bien d’autres, une inspiration et une imagination qui débordent d’une saine nostalgie et d’une pétaradante énergie. L’hommage à Jacqueline Maillan et au spectacle qui venait frapper à notre poste de télévision avec son rituel « Au théâtre ce soir », de 1966 à 1986, est hurlant de vérité et assourdissant de tendresse.

Dans un décor meublé de livres, Jacqueline Maillan et son acolyte Jean finissent leurs jours dans une maison de retraite. Ils tentent vaille que vaille de garder leur esprit alerte, mais l’inaction n’est-ce pas déjà une petite mort ? Alors quand le directeur de l’établissement leur supplie de remplacer au pied levé une troupe qui ne peut assurer le spectacle prévu, les deux anciens acteurs ne résistent pas. C’est comme si on venait de raviver dans leurs yeux un feu mourant. « Jouer » était la flammèche qui allait rajeunir leur morne vieillesse. Le défi relevé, ils imaginent de piocher des extraits les plus truculents de pièces qu’ils ont mille fois jouées, leur garantissant la fidélité de jeu et de la mémoire.

La pièce « Les Boulingrins », de Courteline, est prise d’assaut, ainsi que le pauvre employé de la maison de retraite qui se voit attribué le rôle de Monsieur Des Rillettes, un personnage qui ramasse autant de claques que d’applaudissements ! Celles-là et ceux-ci sont liés comme les dix doigts des deux mains bien agitées. Et les comédiens s’en donnent à cœur éperdu, à la démesure d’une Maillan ragaillardie qui charrie gaieté et vivacité, un dynamisme impudique compte tenu de leur âge vénérable. Mais jouer est une fontaine de Jouvence à laquelle les deux compères s’abreuvent jusqu’à plus soif, entraînant dans leur tourbillon un troisième luron qui se retrouve toujours là où pleuvent les moulinets de bras. S’enchaînent les sketches comme « La Conférencière » et « La dame des renseignements à la SNCF » et des extraits de pièces comme « N’te promène donc pas toute nue » de Georges Feydeau et « La demande en mariage » de Francis Blanche, etc.

Un peu de Jacqueline était parmi nous, avec son charme qui bouscule les cœurs et cet irrésistible débit qui fait tinter les mots dans les esprits et le rire dans la gorge. Nul besoin d’avouer, Corinne Zarzavatdjian, vous êtes une inconditionnelle de la Maillan, cette grande dame du théâtre. L’hommage est tonitruant et à l’image de l’icône de la comédie théâtrale. Sa mise en scène est virevoltante et ne laisse aucune chance à l’ennui. Les costumes, confectionnés par elle-même, sont un ravissement pour les yeux : la profusion de couleurs et d’étoffes fait valser les répliques tour à tour tendres et piquantes, outrées et fusantes. Mais la metteuse en scène aux doigts de fée campe aussi et surtout une Jacqueline tellement convaincante qu’on en garde encore la gouaille au fond du cœur bien après le spectacle d’une heure dix. Ses deux comparses, Laurent Pariente et de Jonathan Bouchoucha, payent de leur personne et donnent à voir une comédie qui tient toutes ses promesses. À tous les nostalgiques de la Maillan, allez donc voir « Jacqueline… reviens ! », vous n’en reviendrez pas !

 Critique disponible sur Profession Spectacle.

 


« Jacqueline… Reviens !  »
 
Auteurs : Feydeau, Courteline & Friends ! 
Metteur en scène : La Compagnie, Voilà, c’est Nous !
Avec Corinne Zarzavatdjian, Laurent Pariente et Jonathan Bouchoucha
   

Au Théâtre de la Comédie Saint-Michel
 
95, boulevard
 Saint-Michel à Paris 5e.
  

Séances tous les jeudis à 21h30 et samedis à 19h45, jusqu’au 1er juillet 2017.
Durée : 1 h 10.




 

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