« Ben Hur, la parodie », liker et mourir de rire !

 

THÉÂTRE & CO 

 

Avis de PrestaPlume ♥♥♥♥

 


Un titre de spectacle intrigant, s’il en est. Qui aura vu Ben Hur dans son enfance s’interroge sur la course de chars mythique qui l’a marqué à vie. Comment faire entrer sur la scène du Théâtre de Dix heures un stade bondé et ses fringants chevaux en donnant la même impression de puissance que dans le film de 1960 ? C’était sans compter le talent des auteurs Hugues Duquesne et Olivier Mag et du metteur en scène Luc Sonzogni. Trois heures trente ramassées en soixante minutes de folie joyeuse, d’énergie tendue, de répliques drôles et fines, de références détournées de l’actualité, de surprises aussi qui donnent une grande envie de revoir l’orignal… ne serait-ce que pour vérifier que tout y est ? Eh bien, après un bain de jouvence avec Charlton Heston, figurez-vous que tout y est ! Le tour de force est complet ! Je « like » !

Dans Ben Hur, il est question d’une amitié trahie et de vengeance. Judah Ben-Hur (Hugues Duquesne) est prince de Judée, il a l’âme pure et déteste la violence. Son ami d’enfance romain Messala (Adrien Laligue ou Jo Brami) revient à Jérusalem, après une longue absence à guerroyer, pour prendre la tête de la garnison de la ville Sainte. Leur amitié possible en temps de paix ne résiste pas à la colère qui gronde du peuple juif qui se sent écrasé par les charges d’impôts et les injustices des envahisseurs romains. La rumeur court qu’un attentat se prépare. Pendant ce temps, un homme pieux parcourt la Judée en parlant au nom de son père, Dieu. Au cours d’une parade en l’honneur de l’arrivée du gouverneur (un spectateur incrédule), une tuile tombe du toit de la maison familiale de Ben Hur, manquant de tuer le haut fonctionnaire romain. Alors que Messala sait qu’il ne s’agit là que d’un accident, il en profite pour envoyer son ancien ami aux galères sans jugement et jette en prison sa mère (Sébastien Chartier ou Benjamin Tranié) et sa sœur. Judah Ben Hur se jure alors de recouvrer sa liberté, de les libérer et de tuer Messala… jusqu’à ce qu’il croise sur son chemin le pardon qui a pour nom Jésus de Narrateur (Olivier Mag ou Cyril Ledoublée).

On imagine que la tâche devait être ardue pour faire rentrer un péplum aussi grandiose dans un format réduit en temps et en espace. Si elle l’a été, cela ne se remarque pas tant l’écriture est rythmée, les allusions aux références de films cultes comme Star Wars ou aux actualités politiques et de faits divers (morceau d’aile d’un avion crashé dans la mer) tombent à pic. Quant aux trouvailles de mise en scène, elles sont inventives et succulentes. La scène des morts-vivants (incarnant la peste) qui se lèvent pour danser la chorégraphie de Michael Jackson galvanise un public qui en redemande. Les comédiens sont en grande forme et prennent un plaisir immense à le partager en forçant le trait d’un chef d’œuvre cinématographique. Aucun sacrilège à cela ! C’est au contraire un baume miraculeux contre la grisaille contagieuse du quotidien.

Hugues Duquesne donne au Ben Hur original une délicieuse gravité comique et Jésus de Narrateur a la langue aussi pointue que son chapeau blanc de mage rédempteur. Une tendresse spéciale pour ce Messala-là (Jo Brami) qui, non seulement incarne la sœur de Ben Hur toute de noir vêtue d’une affriolante burqa, mais aussi et surtout un rutilant Romain qui a connu l’angoisse d’un rasage du maillot au glaive par un spectateur audacieux ! Une scène doublement comique, parce que non prévue au scénario ! Le Caméléon, comme son nom l’indique, offre plusieurs apparences : une pierre inattendue, un soldat romain freluquet, le fidèle intendant et la mère inspirée de Madame Sarfati (personnage d’Elie Kakou). Le Caméléon est tout simplement stupéfiant et criant d’hilarité. Et que dire de ce spectateur soudain promu au rang de gouverneur de Jérusalem ? Mention particulière, assurément, pour la bonne volonté et l’audace de ces anonymes courageux !

Ave Ben Hur ! Le défi est donc relevé haut la main et le résultat est une réussite indéniable. Ceux qui connaissent l’histoire ne sont pas dépaysés, ceux qui l’ignorent en comprennent aisément tous les ressorts. La parodie de Ben Hur menée tambour battant, qui s’achève sur le tableau de la crucifixion de Jésus, est une succession de clous (du spectacle) qui embrase le public dans un déchaînement d’applaudissements. Ce n’est que justice pour saluer le tour de force des artistes qui se sont amusés à nous faire passer une soirée magnifique. Et la course de chars, me direz-vous ? Oserais-je dévoiler le stratagème burlesque qui sonne comme un retour à l’enfance nostalgique ? Diantre, non ! Je ne vous en dirai rien, si ce n’est que, des comme ça, je veux bien en revoir plus souvent ! À se tordre de rire ! Pour sûr, je « like » encore et encore !


« Ben Hur La Parodie », de Hugues Duquesne et Olivier Mag.
Mise en scène de 
Luc Sonzogni
Avec Hugues Duquesne, Olivier Mag (ou Cyril Ledoublee), Sébastien Chartier (ou Benjamin Tranié), Adrien Laligue (ou Jo Brami).
Tous les jeudis, vendredis et samedis à 20 heures et les dimanches à 16 heures, jusqu’au 31 mars 2017.
Au Théâtre de Dix heures, 36 Boulevard de Clichy, 75018 Paris

Durée : 1 h

©Nathalie Gendreau



 

1 thought on “« Ben Hur, la parodie », liker et mourir de rire !

  1. Encore bravo Presta Plume !
    Le spectacle semble être un pari gagné ! Sa critique aussi !
    J’ai vraiment envie de le voir et je vais retenir une place dès que mon agenda me le permet…

    Michel Spengler

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