« La fille à la voiture rouge », Philippe Vilain

Temps de lecture : 3 minCHRONIQUE
Fidèle à son rythme d’alternance roman/essai, après « La littérature sans idéal », Philippe Vilain revient en cette rentrée littéraire avec « La fille à la voiture rouge ». Ce récit relate une relation amoureuse singulière, qui se construit sur un énorme mensonge. Un mensonge si improbable que la fiction n’aurait osé l’inventer. Mais voilà, ce mensonge-là, qui flirte avec la démesure, est vrai ! Tout le talent de l’auteur est de nous le rendre réel et crédible. Pour y parvenir, il décrypte avec nuance les plus infimes ressorts de cet amour, intense et mortifère, qui a dévié des sentiers balisés. Son narrateur veut comprendre comment il en est arrivé à avaler une couleuvre aussi voyante, lui l’écrivain fin observateur, l’analyste rigoureux des sentiments, le maître ès amour sans engagement. Les réponses ne sont jamais bien loin de l’enfance et de ses blessures.

« Mère Patrie », William Nicholson

Temps de lecture : 3 minCHRONIQUE
Du souffle épique et de l’absolu pour cette rentrée littéraire avec « Mère patrie », de William Nicholson. L’auteur prolifique américain revient avec un récit intense qui détaille les sentiments et l’Histoire avec la minutie d’un maître joailler. « Mère Patrie » est un bijou qui renferme bien des facettes passionnantes de la grande Histoire, ce qui donne un accent de vérité émouvant, et l’on se surprend à aimer les personnages, à vivre leurs souffrances et à partager leurs questionnements sur le sens de la vie. Fil rouge existentiel tendu jusqu’au craquement, mais à la tension savamment dosée pour poser les jalons du récit et en faciliter le dénouement. Un dénouement terriblement logique qui restitue aux personnages leurs places. Une place qui leur était dévolue et dont un destin capricieux les en a écartés, pour le plus grand plaisir des lecteurs.

« Le Parlement des cigognes », Valère Staraselski

Temps de lecture : 3 minCHRONIQUE
Le 27 mai 2018, Valère Staraselski s’est vu remettre le prix de la Licra 2018 pour ce petit bijou Le Parlement des cigognes, un récit court et puissant qui ravive par réaction un souffle vital jusqu’au tréfonds de l’âme. L’auteur connaît la valeur des mots simples qu’il appose comme un baume sur une plaie de l’Histoire, mais qu’il sait temporaire face à une cicatrisation utopique. On ne guérit pas de la Shoah, on se relève et on essaye de vivre pour transmettre… si on y parvient. « Le Parlement des cigognes » est le témoignage d’un vieil homme qui a échappé au camp de concentration de Plaszow, à Cracovie, en Pologne, mais pas au ghetto. Dans l’Europe de l’Est, la haine des Juifs a généré massacres en règle et persécutions pendant la guerre… et même peu après la victoire des Alliés sur les nazis.

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