“Le Petit Coiffeur”, plongée délicate dans les affres de la Libération

Temps de lecture : 4 min THÉÂTRE & CO
Avec « Le Petit Coiffeur », au théâtre Rive Gauche, Jean-Philippe Daguerre poursuit son immersion dans la Seconde Guerre mondiale entamée avec « Adieu Monsieur Haffmann » (4 Molières 2018, dont Meilleur Spectacle de Théâtre Privé et Meilleur Auteur). On se souvient avec grande émotion de cette pièce dont l’histoire se situe en 1942, au moment de l’obligation faite aux Juifs de porter l’étoile jaune. « Le Petit Coiffeur » évoque l’épuration au moment de la Libération qui vient en contrepoint de la grandeur d’âme. Dès l’ouverture du rideau, l’atmosphère rétro téléporte la salle dans un temps encore sombre, impression renforcée par le mobilier et les costumes aux couleurs froides. Côté cour, la chambre de Pierre ; côté jardin, le salon de coiffure. Tels les recto/verso d’un livre grandeur nature dont les personnages tournent les pages. Ce livre relate un drame ordinaire de cette époque où délation et règlements de compte formaient le quotidien des villes libérées. Il se focalise sur un coiffeur également peintre qui tombe amoureux de son modèle, Lise qui est une veuve au lourd secret sur la conscience. Entre lyrisme et tension, les comédiens évoluent avec aisance. On est facilement projeté dans le drame intime de cette famille, partagée entre amour et devoir, qui voit un dénouement inattendu, tout en intelligence scénique.

“Monsieur Nounou”, une fanfaronnade endiablée !

Temps de lecture : 3 min THÉÂTRE & CO
Imaginez-vous au fin fond de la campagne… à Courbevoie, à l’ère naissant du téléphone, dans une maison bourgeoise avec maître et domestiques aux mœurs coquines. “Monsieur Nounou !”, une pochade signée par Georges Feydeau et Maurice Desvallières, revient en fanfaronnade sur les planches du théâtre Rive Gauche. Comédie délirante en un acte, Luq Hamett a opté pour une mise en scène respectueuse d’un XIXe siècle finissant en jouant avec les inconvénients de la modernité, comme les pannes d’électricité ou l’installation d’une baignoire sans eau courante et placée sous le téléphone. L’adaptation d’Emmanuelle Hamet confère à un texte déjà drôle et enlevé une dimension moderne. Les artistes, quatre hommes déjantés face à une femme survoltée, s’amusent follement. L’humeur est à la gaudriole, à la démoralisation des mœurs… et ça fait un bien fou !

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