“Comment j’ai dressé un escargot sur tes seins”, la maladie d’amour sublimée

THÉÂTRE & CO
Le petit théâtre “Le bout” est l’écrin parfait pour sanctifier l’intimité du texte de Matéi Visniec. L’éloge de la maladie d’amour du dramaturge et poète roumain, sous le titre aussi curieux qu’amusant « Comment j’ai dressé un escargot sur tes seins », peut s’y répandre avec la lenteur de l’agonie d’amour et le fracas intérieur des sentiments. Sans préambule, ce seul-en-scène nous fait entrer dans un univers surréaliste où la poésie voisine avec l’absurde. Le monologue du personnage nous entraîne dans une auscultation in vivo de son cœur mis à nu pour une femme fatale, une Muse dont il ne peut se passer. Il l’a dans la peau, elle palpite dans ses organes jusque dans ses moindres cellules. Accueillie seulement pour un jour, elle squatte son corps et le malmène par ses caprices et ses incartades. Sous une direction créative de Rémi Cotta, pour jouer cette étonnante fable moderne, le comédien Miguel-Ange Sarmiento enfile le costume sur mesure de ce dresseur d’escargot qui en bave pour se faire aimer sans y perdre le cœur. Il incarne avec une intensité douloureuse cette maladie d’amour incurable qui distille son venin tout en gangrenant toutes les parties du corps. Faisant sienne la folie imaginaire de Matéi Visniec, le comédien cueille l’attention jusqu’à la métamorphose finale. Belle, car irréversible. Légère, car poétique.

Lire la suite →

“Gustave Eiffel, En fer et contre tous”, impossible n’est pas Eiffel

THÉÂTRE & CO
Avec « Gustave Eiffel En fer et contre tous », le temps des grands rêves a établi son camp de base au Théâtre Le bout. La biographie théâtralisée qu’Alexandre Delimoges a consacré à Gustave Eiffel est une première d’une longue série de parcours hors normes. La prochaine sur Joséphine Baker étant en cours de rédaction. Une série que l’on ne manquera pas de suivre si l’écriture et l’interprétation sont d’aussi bonne qualité que ce petit bijou retraçant l’œuvre d’un visionnaire pragmatique, aux idées fécondes, et qui avait l’intelligence instinctive de céder à ses rêves, même les plus fous. Ce « seul en scène biographique », joué en alternance par Alexandre Delimoges et Valentin Giard, est une réussite sur tous les plans. Elle captive d’emblée, nous arrachant de notre condition figée de celui ou de celle qui écoute, car cette pièce-là transporte, insuffle une force, élève les idéaux. Elle va jusqu’à ranimer ses propres rêves égarés sur la voie de la raison.

Lire la suite →