Roman « La Peau d’Anna »

Résumé

Gérard Volène est atteint de la maladie d’Alzheimer. Avant de tout oublier, il voudrait revoir une dernière fois celle qu’il n’a pas revue depuis 35 ans. Que cherche cet homme en exhumant les souvenirs de son passé  ?
Anna accepte finalement de le revoir et décide de se replonger dans le journal intime qu’elle tenait adolescente. Que va-t-elle découvrir  ? Qu’a-t-elle « oublié » de si terrible  ? Les souvenirs ressurgissent et les pièces du puzzle de sa mémoire s’assemblent lentement.

Extrait

– Je suis là, dit-elle d’une voix qu’elle voulait neutre.
Une posa un livre sur une table basse, ainsi qu’une cigarette qu’elle écrasa. Anna ne voyait que les longs doigts, ce mêmes doigts effilés qu’elle s’amusait à compter toute petite lorsqu’elle découvrit la magie des chiffres. Quand Gérard Volène se leva de son fauteuil, Anna ne reconnaîtras l’homme qui avançait vers elle, la démarche fragile et hésitante. dans ses souvenirs, son père était toujours tiré à quatre épingles, portant l’élégance en toutes occasions. trente-cinq ans plus tard, le géant fantastique de son enfance avait tout simplement vieilli.

On en parle dans la presse et les blogs

Pour en savoir plus

« La Peau d’Anna » est une transposition contemporaine de Peau d’Âne, conte qui aborde le désir d’un père pour sa fille. Symboliquement, se recouvrir de la peau d’un animal signifie la volonté de protéger son âme. Pour accentuer l’atmosphère spécifique au conte, un ami imaginaire revient habiter les rêves d’Anna depuis sa résignation à revoir ce père exécré. Cet ami qui la guide s’apparente à la fée-marraine du conte de Perrault.
Ce roman est avant tout une réflexion sur une autre forme de relations familiales que le psychiatre P.-C Racamier a nommée « l’incestuel ». Selon sa propre définition, l’incestuel est un climat où souffle le vent de l’inceste, sans qu’il y ait inceste. C’est un comportement, une absence de pudeur et d’intimité, une projection des fantasmes du parent sur son enfant, lui refuser son autonomie… Dans le cas de Gérard Volène, la mort de sa femme l’a peu à peu amené à considérer sa fille comme la maîtresse de maison… sa petite femme, la laissant régenter et refuser l’entrée d’une autre femme dans sa vie.
J’imagine alors, pour apporter la notion de reconstruction d’une identité bafouée, d’y intégrer les souvenirs qui sous-tendent l’intrigue. Ainsi, entre une fille qui aura tout oublié sous les chocs psychologiques et un père qui se débat dans la perte de son identité, du fait de la maladie d’Alzheimer, il y a là un intéressant motif de travail sur le thème de la transmission de la mémoire familiale et des secrets de famille.
Par ailleurs, la maladie d’Alzheimer ajoute aux retrouvailles la confusion des souvenirs à la confusion des émotions. Dans ses moments d’absence, le père prend sa fille pour sa femme et lui raconte ses regrets, ses colères, ses incompréhensions, ce qui replonge Anna au cœur de son problème… Mais c’est justement les errements de jugement de son père qui lui permettent de reconstituer les bribes de ses propres souvenirs, et de les ordonner différemment.
Le lecteur est désarçonné par les comportements des deux protagonistes. L’une, la victime présumée, fait montre de cruauté, qui par vengeance qui par défense  ; l’autre, le bourreau présumé, se répand en regrets et se transforme en victime au contact de sa fille… jusqu’au rééquilibrage des rôles et des actes avec le pardon. Ainsi le passé décomposé se reconstitue pour solder la douleur et écrire un futur sur une autre partition.

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