« Stella Finzi », Alain Teulié
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Du nouveau roman d’Alain Teulié, « Stella Finzi », s’élèvent toute la gravité et la mélancolie de l’air de Vivaldi « Sposa son disprezzata » (Epousée, mais méprisée). Cette aria envoûtante accompagne le lecteur dans un huis clos émotionnel intrigant, où s’installe un jeu de séduction inhabituel entre la pétillante Stella Finzi et le sombre Vincent. Stella Finzi est une riche romaine, cultivée, intelligente, mais étonnamment laide. Elle s’entiche de Vincent, un écrivain français à la dérive, qui ne croit plus en rien ni en lui. Il attend d’avoir dilapidé la fortune de son père à Rome pour s’offrir la mort. S’il ne sait pas encore de quelle manière, il sait où. La Ville éternelle n’est-telle pas un théâtre magnifique pour soigner sa sortie ? Mais sa rencontre avec Stella Finzi, qui l’accoste et s’impose, bouleverse le funeste dessein qu’il s’était si paresseusement tracé. Comédien, journaliste, romancier et dramaturge, Alain Teulié se livre avec ce huitième roman à un exercice de style poétique riche et épuré, où s’entrelacent le beau et le laid, le désir et le dégoût, la vie et la mort. Il parvient à une harmonie narrative, où la mélancolie le dispute au baroque, le romantisme à l’équivoque.