“Avant que j’oublie !”, que des maux d’amour !

 

THÉÂTRE & CO 

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Avis de PrestaPlume ♥♥♥♥

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Tel Rocky, Sébastien peut mettre le genou à terre sur le ring de la compétition médiatique, il se relève toujours, car le petit Patrick, grâce à son cartable à malices, transforme les maux bleus en maux d’amour. Alors, avant que de tout oublier, de ces années bonheur aux années tristesse, l’inclassable artiste doué pour rallier à son panache clownesque les plus grands talents a décidé de tout balancer “les yeux dans les yeux” avec son nouveau spectacle “Avant que j’oublie !“. Dire sans filtre télévisuel ce que le CSA bâillonne à coups de veto et d’injonctions. Bref, « parler en vrai, car on dit tellement de conneries sur moi que je voulais dire les miennes ». Le chanteur imitateur qui a marqué plusieurs générations par ces émissions de divertissement dit avoir « traversé la rue pour trouver du boulot ». C’est ainsi qu’il a sorti de son chapeau ses plus grands maux pour les offrir en mots, ivres de liberté et du plaisir retrouvé. Dans le décor féerique du théâtre Déjazet, accompagné de trois musiciens, il raconte ses blessures d’enfant qui lui ont donné l’audace et le courage de tenter sa chance à Paris et sa douleur de père inconsolable de la perte d’un enfant. Truffé de fines provocations, de truculentes vulgarités et de tendresses épidermiques, le spectacle se déroule dans le vertige d’un grand huit de rires et d’émotions qui vaut le détour.

Il y a d’abord cette marionnette d’enfant sur le banc de la place du village de Juillac, en Corrèze. Figure emblématique de son passé et de ses espérances d’alors. Qui aurait prédit que cet enfant illégitime se servirait de ce manque de reconnaissance pour atteindre les plus inaccessibles étoiles ? Celles de la renommée, mais aussi celles des célébrités qui deviendront ses amis ! Par l’imitation, le jeune Patrick Boutot privé d’identité paternelle s’appropriait celles des grands artistes qu’il vénérait pour exister. En grandissant, Boutot s’est effacé devant Sébastien, un pseudonyme passe-partout, et derrière ses multiples voix et multiples visages. Encouragé par une mère emplie de bon sens, de cœur et de tête, il était armé pour jouir de tout et tout endurer, pour tout expérimenter et tout recommencer. La vie est un éternel recommencement, Patrick Sébastien n’y échappe pas, mais il cherche un sens. Ainsi voit-il dans les différents événements marquants de sa vie des synchronicités qu’il qualifie d’étranges et d’étonnantes, qui touchent au décès de son fils et de sa mère, ou encore à l’incendie de Notre-Dame.

À cœur ouvert entre deux blagues, comme frappé soudain de pudeur, Patrick Sébastien se livre en toute franchise, en prose, en musique et en images d’archive. Si l’artiste ne résiste pas à nous faire profiter des incontournables cultes « Le petit bonhomme en mousse », « Tourner les serviettes » ou « Les sardines », il dénonce aussi par l’humour et l’imitation l’hypocrisie et la lâcheté de ce monde en perdition. Il se moque de tous les interdits avec l’insistance d’un homme qui s’insurge. Il parle avec des accents de vérité, sans se censurer, maniant l’impertinence et le politiquement incorrect à la pointe de sa plume acérée, poétiquement évocatrice. Car, derrière le rideau rouge tombé, il y a l’homme ému par l’errance des êtres blessés, parfois imbibés d’alcool, comme il le fut naguère pendant dix ans de sa vie de parent privé de fils. Mais le cœur, lui, ne s’enivre que de maux libérés par les mots. Tels ces beaux textes sortis des profondeurs de l’âme meurtrie : « Le récidiviste » ou « Les oiseaux de nuit ». Égal à l’enfant qui n’a pas terminé de rêver, avec l’énergie de la revanche sur lui-même, Patrick Sébastien laisse entrevoir toutes ses facettes avec la générosité de celui qui s’est révélé être quelqu’un en devenant les autres. « À quoi ça sert d’être un géant puisqu’il faut bien mourir un jour ? » C’est vrai, l’artiste ! Mais qu’importe la mort de ces géants de paille, ils finiront par se consumer sur le bûcher des vanités. Derrière Sébastien, Patrick est toujours le petit Boutot, un enfant en capacité d’émerveillement et d’émerveiller. Alors, battons des mains et tournons les serviettes en l’honneur d’un cœur qui donne tout. Le public ne s’y est jamais trompé, lui !

Nathalie Gendreau



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“Avant que j’oublie !”

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Distribution

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De et avec : Patrick Sébastien.

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Créateurs

Mise en scène : Jacques Malaterre

Accompagné par :

Pascal Miconnet au piano

Alexandre Garrouste à la contrebasse

Laurent Fournier à la guitare


Au Théâtre de Déjazet, 41 Boulevard du Temple, Paris IIIe, à 20 h 30, jusqu’au 27 avril 2019.

En tournée de mai à juin : consulter  dates et lieux.


Durée : 1 h 15.

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2 commentaires sur ““Avant que j’oublie !”, que des maux d’amour !

  1. Patrick SEBASTIEN c est un bon et Grand personnage bravo pour la soirée d hier soir beaucoup d émotions et de rire
    A bientôt Bel ARTISTE
    Mary

  2. Enfin un article objectif sur Patrick Sebastien ! Merci Nathalie Gendreau.
    La comparaison avec le personnage de Rocky Balboa inventé et interprété par Stallone est juste mais, pour être compris des élites, je préfère citer Platon : «  L’échec n’est pas de tomber, mais de rester là où l’on est tombé ». Et c’est vrai que Patrick Sébastien, tel Rocky, a toujours trouvé l’énergie de se relever après les coups reçus par la doxa bien pensante. Son crime ? Etre populaire que ses ennemis jaloux voulaient faire rimer avec vulgaire avant de trouver ce mot magique de « populiste ». Car à travers Patrick Sébastien c’est bien le peuple qui est visé et j’ai encore en mémoire le déchainement de haine médiatique lorsqu’il a voulu créer, après Coluche, le DARD (Droit Au Respect et à la Dignité), un mouvement citoyen pour “remettre l’humain au coeur de la société”. La lecture de son manifeste rappelle beaucoup les revendications initiales de Gilets Jaunes et aussi les propos (sincères?) du Président de la République lors de sa récente conférence de presse. Alors ? Faut t-il rendre à Patrick Sébastien son « Plus grand cabaret », ses émissions, et licencier ceux qui les ont supprimées ? Oui, sans aucun doute. Le peuple applaudira.

Répondre à GUIBERT GONTHIER Maryvonne Annuler la réponse

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